Des traces du passé là où je n'aurais même pas eu l'idée de les chercher.
Ce matin, j'ai emmené Tinamour à la crèche. Il était tout fier avec son petit sac contenant un petit cadeau pour un de ses copains qui a eu son anniversaire récemment.
Et puis dans son casier, une enveloppe. D'un autre petit copain.
Une invitation à une fête d'anniversaire.
Je n'ai ouvert l'enveloppe que dans la voiture, et quelle chance.
Je me suis transformée en fontaine.
Et ça fait bientôt une heure, une heure que je n'arrive pas à sécher mes larmes.
Je suis au bureau, je me cache de mes collègues.
Leur dire quoi sinon : oui, je pleure, parce que mon fils est invité à un anniversaire ?
Même moi je ne me souvenais plus.
Et dans ma voiture, à l'arrêt, sur le parking, des milliers de souvenirs. Des milliers.
Je n'en reviens pas.
Oh oui la mémoire fait des choses incroyables. Certains tiroirs, dont on ignorait jusqu'à l'existence et qui s'ouvrent au moment le plus inattendu.
Et tout à coup, ce rappel douloureux de tous ces sentiments qui me vrillaient le coeur de petite fille (puis de plus grande...), quand je voyais les autres enfants aller chez les uns, les autres, faire la fête, offrir et recevoir des cadeaux, des bonbons, faire des jeux, se déguiser, se maquiller.
S'amuser.
Ce sentiment d'être là comme un cheveu sur la soupe le lendemain de ces grandes fêtes, quand tout le monde se rappelait comme la journée avait été fantastique.
Quand je sais qu'un tiroir est dangereux, je fais ce qu'il faut pour n'avoir pas besoin de l'ouvrir, ou alors, je prends toutes les précautions qui s'imposent avant de l'approcher.
Ce tiroir-là, j'avais oublié qu'il existait.
Combien y en a t-il encore comme ça ?
Je me sens tellement bête de pleurer, alors que je suis si heureuse pour mon fils, qui ira, lui, à cet anniversaire, dussé-je pour ça renoncer à une réunion où ma présence est censée être indispensable.
Mais je vois devant moi cette petite fille avec ses jolies couettes, et j'ai juste le coeur qui me fait un mal de chien.
vendredi 6 mai 2011
Traces
mercredi 27 avril 2011
Fucking perfect
Ca fait un peu ado qui s'identifie à son idole, mais allez, j'ai bien le droit aussi de retourner un peu en arrière.
J'ai pleuré devant ce clip.
Oui, j'ai la larme facile, mais là, j'avais tellement l'impression que.... enfin vous voyez quoi...
mardi 12 avril 2011
Meuble
Illustration de ce que peut devenir un truc anodin par chez nous.
Le WE dernier, mes parents devaient venir nous rendre visite pour fêter l'anniversaire de mon père avec mon ti prince d'amour, mais aussi et surtout parce que je vais aller rendre visite à mon frère à l'autre bout de la France et que ma mère avait des choses à nous confier pour lui.
Depuis quelques temps, mon homme cherche un meuble / bureau qui puisse lui convenir pour son coin travail / musique, histoire de ranger quelque part tout ce qui traîne à portée de charmantes petites mains trop curieuses... Il l'a trouvé ce meuble. Mais il n'était en stock que dans la ville de mes parents.
Comme il m'arrive de croire que j'ai une famille normale, j'ai donc pris le téléphone et demandé à mes parents s'ils voulaient bien aller chercher le-dit meuble avant de venir dimanche. Ma mère accepte avec force sourires et gentillesse.
Je n'avais pas prévu le cataclysme que tout ça allait pouvoir provoquer.
Mon père pouvait aller le chercher le vendredi matin, il avait déjà des engagements l'après-midi. Sauf que ma mère attendait une livraison de courses le matin.
Mon père n'a donc pas eu le droit d'y aller. J'essaye encore de trouver le rapport.
Mon père a donc dû annuler sa participation à une réunion importante pour aller chercher le fameux bureau vendredi après-midi. Ma mère a ensuite voulu qu'il le déballe, alors même que le gars du magasin lui avait dit que s'il y avait le moindre souci, ça pouvait également être vu avec le magasin de chez nous.
Et misère de misère, une toute petite griffure sur l'arrière du plateau du dessus.
Drame.
La faute de mon père évidemment. Le pire des nuls, un con fini, avec qui elle avait honte d'être, qu'elle allait le foutre dehors, qu'il était hors de question qu'ils viennent du coup, etc.
Alors samedi matin, mon père a prétexté devoir aller au garage regonfler les pneus de la voiture pour repasser au magasin et redemander comment faire si nous voulions changer le plateau, histoire d'être bien sûr que nous pouvions tout régler de notre côté.
Et m'a appelée pour me redire tout ça, en me demandant de dire devant maman que ça ne nous dérangeait pas. Je précise tout ça à mon homme, roi des gaffeurs.
Finalement, ils sont venus. Quand on a déballé le meuble, qu'on a vu la griffure en question, on s'est vraiment demandé comment un tout petit truc de ce genre avait pu occasionner toute cette histoire.
J'ai eu de la peine en voyant les yeux de mon père.
Je ne comprends pas pourquoi il est toujours là. Ca m'arrange, mais je ne comprends quand même pas.
Peut-être justement parce que ça m'arrange ?
mercredi 6 avril 2011
Le mail que je n'ai jamais osé envoyer
J'ai comme l'impression que mon problème de sommeil ne va pas saméliorer tout de suite.
Les dernières études sur les effets du Distilbène (et des autres traitements équivalents) viennent de faire apparaître des conséquences sur la génération +2. Mouais.
Entre autres effets du DES, juste comme ça, au hasard : les problèmes de fertilité, les fausses couches précoces, les malformations génitales.
Au hasard bien sûr.
Ma mère a fait de "nombreuses" fausses couches avant d'avoir mon frère et moi. Elle était donc une patiente de choix pour l'administration de ce traitement.
Il y a trois ans, j'avais commencé un mail à mon Papa, ne voulant pas affronter ma mère sur ce sujet, sachant que de toutes façons sa réaction serait telle que je n'aurais pas de réponse.
Et puis j'ai fini par tomber enceinte, et c'était resté dans le dossier caché de ma messagerie. Rangé dans un tiroir invisible.
Et puis mon fils est né.
Au bout de quelques mois, il fallait bien se rendre à l'évidence, il avait une malformation à sa pauvre petite kikounette.
Alors j'ai exhumé ce mail, et je l'ai complété, avec plus de précisions, puisqu'entretemps, je m'étais renseignée sur les endroits où l'on était susceptible de pêcher les informations concernant les traitements prescrits.
Je n'ai jamais osé appuyer sur "envoyer". Peur de faire du mal, de remuer des souvenirs douloureux, de susciter des questions chez mon Papa auxquelles je ne suis peut-être pas prête à répondre, etc.
Et aujourd'hui, cette nouvelle conclusion d'étude qui me tord le coeur. Rien de neuf pour moi puisque mon fils est déjà cette 2ème génération atteinte, mais je me demande jusqu'où ça ira. A quel point tout cela est responsable de mes soucis à moi. Des soucis de mon fils, ma chair, mon amour.
J'ai besoin de savoir, mais je ne veux pas me mettre un nouveau poids sur les épaules. J'ai besoin de savoir, parce que je me dis que si un jour je finis par être à nouveau enceinte, alors il faudrait le savoir pour en tenir compte lors du suivi de grossesse. Je voudrais le savoir, mais sans toucher mes parents. Je voudrais qu'on ait le droit de savoir ce qui nous touche. Je voudrais tellement que mon fils n'ait pas de souci. Ni ses enfants.
J'ai déjà un tel contentieux avec les professions médicales... Voilà que j'ai mal au coeur.
mercredi 30 mars 2011
Grrrrr
S'il y a un truc que je ne supporte plus (ok, un des milliers...) chez ma mère, c'est bien celui-là : quand il arrive un truc horrible à quelqu'un de son entourage, elle le raconte presque avec délectation, comme si elle était contente d'avoir un truc incroyable à raconter.... Là en l'occurrence, elle m'appelle au boulot (si !), pour me raconter avec une excitation mal (pas ?) dissimulée que la belle-mère (59 ans) d'une copine (que je ne connais pas) a fait un infarctus et qu'ils doivent décider s'ils la débranchent. Je comprends qu'il était de la plus haute importance qu'elle m'appelle au bureau pour ça...
lundi 14 février 2011
Cruche
Ce matin, j'étais à la maison. J'avais passé la nuit dans les brumes de la gastro et n'en étais pas encore suffisamment sortie pour me sentir la force de prendre la voiture.
Pour ne pas "perdre" mon temps, je me suis dit que j'allais en profiter pour organiser un peu l'anniversaire de mon Tinamour avec mes parents.
J'ai donc appelé ma mère.
Du téléphone de la maison.
Que je suis bête...
Bien sûr, quand elle a vu que j'appelais de la maison, elle a tout de suite cru que Tinamour était malade.
Non, non Maman, rassure-toi, il va bien, il est à la crèche, c'est moi qui ne suis pas trop bien.
Re-que je suis bête.
Elle ne veut plus que j'emmène mon fils à la piscine, il faut que je repense ma façon de vivre, que j'arrête de toujours être en vadrouille, que je sois plus raisonnable et responsable, que je suis toujours malade, que c'est malin, etc.
Euh, allô ? Bonjour Maman, comment vas-tu ?
J'ai bien essayé de lui dire que non, ça fait bien deux ou trois ans que je n'ai pas eu de gastro, que la piscine n'a rien à voir avec ça, que mon fils a eu une gastro parce que ses copains lui ont refilé et qu'il me l'a refilée, que non, je ne suis pas toujours en vadrouille, que je ne sors jamais le soir, enfin bref, que je ne vois pas comment je pourrais faire plus raisonnablement.
Mais bien sûr, en vain, tout ça.
"Et d'ailleurs, comment ça se fait que tu es à la maison, tu as pris congé ?".
Euh, ben Maman, tu sais, j'ai une gastro, alors je fais pas mal de trajets vers les toilettes, je suis quand même un peu fatiguée, alors j'ai trouvé plus intelligent de rester ici le temps de récupérer un peu, et j'irai au boulot à midi.
"oui, mais toi tu prends congé sans te poser de questions, tu ne réfléchis pas, et ton boulot alors, tu t'en fiches ?"
Ok Maman, écoute, je vais justement aller me doucher pour aller bosser, je suis en meilleure forme, tout va bien aller...
Voilà.
Quid de l'anniversaire de Tinamour ?
Je n'en sais rien.
Juste beaucoup de rage intérieure contenue.
Une mère vous dites ???
Ce qui me fait le plus mourir de rire -jaune- c'est que j'ai passé mon enfance à la piscine.
Et c'est elle qui me jette la pierre parce que j'y suis allée avec mon fils.
Et puis le boulot, comment dire....
Elle ne sait même pas ce que c'est que de travailler.
Alors de quel droit tout ça ?
Je sais, je sais, prendre du recul.
M'enfin quand même.
mardi 21 septembre 2010
"Ne te fais pas remarquer"
C'est la petite phrase, toujours la même, toujours dans la même bouche : celle de ma mère.
J'ai pris beaucoup de recul, je suis capable de l'écouter me dire tout un tas de choses sans broncher, juste pour avoir la paix.
Je l'appelle le soir, sur le chemin du retour de la crèche, comme ça, je ne "perds" pas de temps.
Je rentabilise le trajet dirons-nous.
Mais parfois, c'est plus fort que moi. Les circonstances, mon humeur, tout ça.
Hier soir, c'était le cas.
Elle me demandait si Tinamour avait bien mangé à la crèche. Non, il n'a rien mangé, comme trop souvent à la crèche.
Elle a éclaté de rire.
Un autre jour, je serais simplement passé à autre chose. Mais juste là, non.
Parce que non, ce n'est pas drôle que mon fils ne mange pas.
Je suis restée calme mais lui ai néanmoins expliqué un peu la situation, pour qu'elle comprenne qu'elle n'est pas si hilarante que ça.
Mon fils et son reflux, ils n'aiment pas les choses à texture "entre deux".
Il peut manger des trucs "durs" : du pain, des biscuits, des chips, etc.
Il peut manger des trucs lisses : yaourts, compotes, purées, le tout mixé jusqu'à ce qu'il n'y ait plus le moindre petit morceau.
Mais tout ce qui est entre ça, ça ne passe pas.
Les morceaux de fruits, de légumes, le fromage, y a pas moyen.
Il essaye, mais ça ne passe pas.
Dans la section des petits, ce n'était pas grave, il continuait à manger comme les tout petits bébés.
Mais chez les grands, ça ne marche plus comme ça.
S'il mange, c'est bien, sinon, tant pis pour lui.
Pire que ça.
On m'a sorti la semaine dernière que dorénavant, c'est : "petit repas, petit goûter".
Oui, parce que jusque là, s'il ne mangeait rien ni à 10h ni à midi, il avait au moins un petit quelque chose en plus au goûter de 16h.
Maintenant, c'est fini. Mais en plus, 3 fois sur 4, au goûter de 16h, il y a aussi un truc qu'il ne mange pas.
Alors je le récupère le soir, il n'a rien mangé depuis son biberon du matin, si ce n'est un petit morceau de pain, et encore, pas si ce n'est pas prévu au menu du jour.
Il est toujours de bonne humeur, mais il a faim.
Très faim.
Et même s'il mange bien le soir, reste qu'il n'a pas assez mangé dans la journée pour que ça tienne la nuit.
Alors il se réveille, et crie "aaaammm !!!"
Ca me fend le coeur.
Mais tant que ce n'était que ça, j'acceptais.
Le hic, c'est que je remarque que son comportement vis à vis de la nourriture commence à changer.
Comme s'il commençait à associer le moment du repas à quelque chose de désagréable, de frustrant.
Et là, ça commence à me titiller sérieusement.
Parce que je sais les dégâts que ça peut occasionner. Je sais jusqu'où ça peut amener.
Et je ne veux pas de ça pour mon petit amour.
Je veux que le repas soit un chouette moment. Qu'il mange ou non. Mais que jamais il n'associe la nourriture à un enjeu.
Alors je ne sais pas trop quoi faire.
Je ne suis pas allée aussi loin dans les détails avec ma mère. Pas envie de débattre avec elle de sa façon de faire à elle. Puisque je suis aussi persuadée que c'est le pire qu'elle est persuadée que c'est le mieux.
Mais je lui ai quand même dit que je laissais passer encore cette semaine, mais que si rien ne changeait, je prendrai rendez-vous avec la directrice de la crèche pour trouver une solution, quitte à aller le chercher le temps du repas pour lui donner moi à manger.
Et c'est là qu'est sorti son "ne te fais pas remarquer".
Et c'est là que j'ai perdu mon calme.
"Ne te fais pas remarquer" ???? Mais ça veut dire quoi ça ?
A cause d'elle, je fais toujours tout ce que je peux pour ne déplaire à personne, je me plie en quatre pour entrer dans les places laissées par les autres, je me glisse dans leur vie et leur emploi du temps pour surtout ne pas déranger.
Je me soigne. Mais c'est dur de dépasser toute une éducation de ce genre.
Et j'ai laissé passer beaucoup de choses à la crèche, parce que je sais encore faire la part des choses entre l'important et l'accessoire.
Mais quand c'est la santé immédiate et future de mon fils qui est en jeu, je ne sais pas, moi, mais il me semble que j'ai le droit de penser que j'ai mon mot à dire.
Et que si je dois me faire remarquer pour ça, et bien je peux, non, je DOIS le faire !
Alors évidemment, ma chère maman m'a dit que ce n'était pas la peine de s'énerver comme ça avec les nounous de la crèche.
Mais comment te dire Maman ??? Je ne m'énerve pas avec les nounous de la crèche, je ne m'énerve qu'avec toi. Parce qu'il n'y a que toi pour m'exaspérer à ce point.
Parce que quand il s'agissait de me faire remarquer par mes bonnes notes, mes études, mes résultats sportifs, et tout ça, là, bizarrement, je ne l'ai pas entendue ta petite phrase fétiche.
Alors pour une fois, essaye de mettre les choses à leur place, de voir où est l'important, et surtout, Maman, surtout ne t'avise pas de rigoler la prochaine fois que tu apprendras (d'une autre bouche que la mienne, moi, je ne t'en parlerai plus) que Tinamour n'a rien mangé de la semaine à la crèche, parce que je ne suis pas sûre de ne pas me faire remarquer si tu fais ça.
Et puis tant qu'on y est, j'aimerais aussi que tu arrêtes de rire quand on te dit qu'il s'est levé à 4h, ou qu'il n'a pas dormi parce qu'il avait mal aux dents.
Que tu arrêtes de rire quand je te dis qu'il est malade.
Réserve donc tes rires pour les moments vraiment drôles. Tu sais, ces moments que tu fiches toujours par terre parce que tu ne peux t'empêcher de jouer la rabat-joie...
Tu sais ce qui serait vraiment bien ? Que tu arrêtes de te faire remarquer.
mercredi 19 août 2009
Je voudrais une maman
Je vais faire dans le mélo aujourd'hui, désolée....
Je suis triste.
Pour pas grand chose en fait.
Hier matin, j'ai appelé la crèche pour savoir comment allait se passer la période d'adaptation de mon fils. Et c'est donc demain qu'on commence.
Ok, c'est pas comme si je découvrais que mon bébé allait être gardé et que j'allais recommencer à travailler.
Mais là, me dire que ça y est, on démarre ça demain.... Ca m'a fendu le coeur. Alors j'étais là, le téléphone dans la main, les larmes qui coulaient en faisant la course sur mes joues, et j'avais besoin d'une épaule.
Alors j'ai envoyé un message sur msn à mon homme.... Décidément, c'est pas notre ami msn....
Quelques minutes après, il a téléchargé les fichiers que je lui avais envoyés suite à sa demande. Mais il n'a pas répondu à mon appel de détresse.
Rien. Même pas un mot pour se moquer de mon chagrin de maman.
RIEN.
Et pour une fois, je n'arrivais pas à me dire que j'allais faire avec. Enfin sans...
Alors j'ai eu un réflexe d'une bêtise inqualifiable. J'ai appelé ma mère.
Bon sang, mais quelle idiote !!!!
J'ai tout entendu.
D'abord pour me dire que si je n'avais pas envie, je n'avais qu'à pas reprendre le boulot. Moui, mais on ne peut pas se le permettre, ou alors il faut déménager, et ça, j'ai pas envie.
Ben elle : "tu parles, avec tous vos projets, c'est que vous avez assez de fric pour que tu n'aies pas besoin de travailler"...
Les projets en question : mettre un portail à la maison et s'acheter une nouvelle voiture.
Quand on sait que nos deux voitures ont 9 ans et plus de 200 000 km chacune, je n'ai vraiment pas l'impression qu'il s'agisse là d'une dépense somptuaire....
Mais bon, passons. Le pire était à venir : de toutes façons, il est temps pour mon fils de voir autre chose que sa mère qui ne le laisse pas seul deux minutes, de toutes façons, je m'invente des histoires, mon fils n'a rien du tout, s'il pleure, c'est parce qu'il a bien compris que ça marchait bien pour que je m'occupe de lui, et s'il vomit, c'est parce que je lui donne trop à manger.
D'ailleurs, il a très bonne mine, ça se voit bien qu'il est en pleine santé, alors il est temps que j'arrête de raconter n'importe quoi.
J'étais abasourdie. J'ai juste réussi à glisser que peut-être que s'il avait l'air en bonne santé, c'est peut-être justement parce que je le soigne.
Mais non, ça n'existe pas de se ruiner la santé comme ça pour s'occuper d'un gamin, je suis vraiment ridicule, elle n'a jamais entendu de choses pareilles, etc.
Et puis bien sûr "et tu comptes allaiter jusqu'à quand, jusqu'à sa majorité ?"
Jusqu'à ce que je puisse en tout cas...
Parce que je ne peux pas allaiter mon bébé en direct puisqu'il revomit tout ce qui est liquide, donc je tire mon lait pour pouvoir l'épaissir.
Parce que les médicaments qu'il prend et qui suppriment l'acidité de l'estomac l'exposent par là-même à tous les microbes qui passeront par là, alors les anticorps de mon lait sont une bénédiction pour lui, et que je n'ai pas envie de l'en priver.
Et aussi parce que c'est le lait le moins acide, et que du coup, ça aide à faire cicatriser son oesophagite.
Mais tous ces arguments, c'est du vent pour elle.
Mais elle croit quoi ? Que je passe mon temps à me traire juste pour le plaisir ? Que ça m'amuse de ne pas pouvoir partir plus de 5-6h de chez moi parce qu'après ça, il faut que je tire mon lait ?
Enfin bref.....
Je ne comprends pas. Je sais que je suis stupide d'avoir composé son numéro. Il faut croire que sur le moment, j'ai juste pensé qe ça allait me faire du bien.
Mais quand même... Pourquoi tant de méchanceté...???
Bref.
Après ça, l'après-midi, nous avons été dans des magasins de brico et déco pour trouver des trucs pour la chambre de mon tinamour.
Mais nous étions partis à 12h pour aller déjeuner chez un ami de mon homme.
Immanquablement, vers 18h, ma poitrine me faisait mal et fuyait.
Nous n'avions pas terminé nos emplettes, mais j'ai demandé à mon homme de rentrer.
Il était fâché. Parce qu'il comptait bien encore aller dans un magasin d'instruments de musique.
Ce n'était pas le jour.
C'était genre "ouais ben j'ai compris, j'irai tout seul parce que sinon, on n'ira jamais".
Comme si j'étais contente moi de devoir rentrer plutôt que de trouver des rideaux pour la chambre de mon loulou !
J'ai l'impression de tout le temps devoir me justifier.
Tant que c'est en dehors de la maison, c'est lourd, mais je gère.
Mais si ça commence à la maison.....
Et puis il n'y est vraiment pour rien sur ce coup-là le pauvre, mais la semaine prochaine, jeudi et vendredi, mon bébé sera donc respectivement 4h et 6h à la crèche.
Jusque là, ça sera progressif, et je pensais gérer émotionnellement.
Mais je m'étais dit que pour ne pas être trop triste le jeudi, et bien comme ça sera de 10h à 14h, ça aurait été l'occasion de nous faire un bon resto.
Ah mais non, il n'est pas là, il sera ailleurs, en formation.
Et le vendredi ?
Ah ben le vendredi aussi.
Alors allez savoir pourquoi, hier soir, j'avais vraiment l'impression que le monde se liguait contre moi.
Ce n'est rien dans le fond, j'en suis tout à fait consciente.
Je voudrais juste parfois avoir un peu de soutien.
Une épaule pour pleurer.
Et bien sûr, je n'ai rien dit à mon chéri, j'ai toujours peur de lui faire de la peine.
Et puis je savais bien que ce n'était pas le genre à savoir gérer les émotions des autres, alors si ça ne me plaisait pas, je n'avais qu'à pas m'engager avec lui.
Je ne regrette rien, je l'aime de tout mon coeur.
Mais ce matin, ma peine ne passe pas.
Je suppose que ça ira mieux demain.
Ou peut-être que ça n'ira pas mieux avant que je n'aie effectivement repris le boulot à temps plein. Parce que jusque là, je vais continuer d'avoir le blues.
Et puis il fait tellement chaud. On ne peut rien faire....
Bon, allez, j'arrête.
mercredi 17 juin 2009
Arrrrrrgggggg !!!!!
Quelque chose me dit que j'ai déjà appelé un message à peu près comme ça et que ça concernait déjà .... ben oui... encore elle... MA MERE....
Mon petit garçon va être baptisé dans moins d'un mois.
Ca fait quelques mois (quelques années même mais disons que ça s'est bien empiré récemment) qu'elle nous fait une dépression qui fait qu'elle en veut à la terre entière et est particulièrement pénible (non, sans blague, vous ne le saviez pas encore...).
Bref, une de ses "amies" m'a dit qu'elle lui avait dit que ce n'était pas le moment, que sa fille (ouais, ouais, c'est moi...) avait besoin de son soutien (roooo, ça c'est la meilleure de l'année !).
Et donc comme visiblement ça a muri dans sa tête, ben elle s'est dit qu'effectivement, elle allait pouvoir m'aider un peu pour le baptême.
Sur ce, elle me demande donc ce qu'elle peut faire. Waouw, incroyable...
Je lui donne quelques pistes.
Mais évidemment, pour m'"aider", elle a décidé de faire des choses que je ne voulais pas faire.
Donc aujourd'hui, elle m'appelle, et m'apprend qu'elle a acheté des sachets en tulle (j'ai HORREUR du tulle !!!) pour faire des petits sachets de dragées.
Sauf qu'elle sait bien que j'ai DEJA fait des ballotins de dragées ! Moi même, avec du joli tissu uni, des rubans marqués du prénom de mon petit prince, dans les couleurs que j'ai choisies.
Alors je lui demande pourquoi elle en a fait sachant que j'en ai déjà.
Elle me dit que comme ça, elle en aura pour tout le monde à qui elle veut donner des dragées.
Ok, vu comme ça, ça m'arrange presque puisque de toutes façons, je n'en aurais pas fait pour tous ceux à qui elle veut en donner, et que je ne connais pas pour la plupart.
Et puis de fil en aiguille, elle me demande les dimensions de ma table de dehors, de celle de la cuisine, tout ça, me parle de fleurs, etc.
Je finis par lui demander ce qu'elle veut faire, et donc en gros, elle veut organiser la déco du baptème à distance.
Sauf qu'on va au resto, et qu'après ça, je n'ai aucunement l'intention de décorer spécialement ma maison. C'est bien simple, je n'aime pas les décos genre mariage ou baptème.
J'aime ma maison telle qu'elle est, je n'aime pas les chichis et le tralala, je ne veux pas de fleurs parce que mon chat les mange et que ça le rend malade, je n'aime pas le tulle, enfin bref.
Et le summum, elle me dit qu'avec les nappes qu'elle a prévues, les sachets en tulle de dragées iront très bien, et ça fera très joli.
Hein ???? Mais puisque j'ai mes ballotins de dragées, il est hors de question d'en mettre d'autres !!!
"Ah mais si, ça sera bien, chacun partira avec deux petits sachets de dragées, le tien, et le mien".
Pfff, dans le fond, on est d'accord, on s'en contrefiche, si elle veut mettre des dragées en plus des miennes, ben soit, mais pu.....naise, de quoi se mêle-t-elle ????
Que j'ai été bête de croire qu'elle pourrait VRAIMENT avoir envie de m'aider....
lundi 15 décembre 2008
Blabla
Quelques petites choses, en vrac, désolée pour les sauts du coq à l'âne :
- j'ai un petit bonhomme dans le ventre qui visiblement se trouve à l'étroit (pourtant Dieu sait que mon ventre est ENORME !) et qui me fait des bosses certes très rigolotes, mais ô combien gênantes...
Là, par exemple, il a un coude, ou une main, ou un genou, ou je ne sais quoi qui dépasse de ma taille, à droite.
Ben ça fait mal !!!
Et puis sa manie de jouer du xylophone sur mes côtes à toutes heures du jour et de la nuit...
Heureusement que je l'aime celui-là, parce que sinon !!!!
- mes parents sont venus samedi, on a été se promener dans les marchés de Noël du coin, on a fait quelques achats, ils nous ont gâtés, et on a presque échappé à la tension habituelle (ouais, presque, mais c'est déjà tellement mieux que rien !!!)
- bon sang que j'aime les marrons chauds !!!!
- Mon Dieu que l'Alsace est belle.... (et mon chéri aussi, mais ça, je dois déjà l'avoir dit !)
- je commence à remarquer que ma patience n'est plus aussi illimitée qu'elle peut parfois l'être...
Y a de plus en plus de jours où j'ai des envies de meurtres...
Ce qui me rassure, c'est que c'est toujours en rapport avec mon boulot ;-)
On me demande de faire des coupes budgétaires sur des postes que j'estime indispensables et pourtant encore trop peu développés à mon goût (l'animation jeunesse par exemple), pour parallèlement inscrire des sommes pharaoniques pour des projets certes grandioses, et tout et tout, mais qui ne devraient pas avoir droit de cité à un moment où on demande de rogner sur les dépenses indispensables !!!!!!!!!!!!!!!
Ca me fait sortir les yeux des orbites, ça me rend mauvaise, ça m'énerve, ça m'écoeure, enfin vous avez compris...!
- je me rends compte qu'à part ceux que je vois régulièrement, mes collègues et ma famille, je n'ai dit à personne que je suis enceinte...
Alors aujourd'hui, une copine qui est passée chez mes parents a appris la nouvelle, alors que je l'ai régulièrement au téléphone...
Ca lui fait drôle d'apprendre ça au bout de 7 mois...
Bon, mais moi j'y peux rien, c'est comme ça.
Déjà, je ne téléphone jamais aux gens (sauf ma mère, ma grand-mère et ma meilleure amie...), c'est eux qui m'appellent, alors en général, c'est qu'ils ont un truc à me raconter.
Et une fois qu'ils ont raconté tout ça, ben j'en ai généralement ras le bol d'être au téléphone, donc ça ne me vient même pas à l'idée d'en rajouter une couche !
Mais alors si vous saviez tout ce que ma mère lui a raconté !!!!
J'ai halluciné ! Elle connaît même des pans de ma vie que moi je ne connais pas du tout !!!
Enfin qu'elle raconte ma vie, déjà, dans l'absolu, bon... Mais qu'en plus elle invente des trucs ????
J'ai donc appris que nous avions déjà choisi notre poussette, parce que chéri étant grand, on ne pouvait pas prendre n'importe quel modèle.
Moi aux dernières nouvelles, j'ai surtout décidé de ne pas acheter de poussette tant que je n'en ai pas besoin....
Elle a dit qu'on avait acheté plein de choses, alors qu'elle est superstitieuse et ne veut rien savoir avant que bébé ne soit là.
Oui, ça, c'est vrai, on a remarqué. En revanche, moi je n'ai acheté qu'un transat...
Et puis encore je ne sais quoi d'autre qu'elle a sorti de son imagination, juste pour le plaisir de raconter...
Bon, ça fait des années que j'ai remarqué que ma mère a une tendance certaine à mentir pour tout et rien, mais quand même...
Samedi, on était à la maison, et avant de repartir, elle appelle ma grand-mère.
Et là, devant mon père, mon amour et moi, elle raconte à ma grand-mère qu'ils sont en route, que papa conduit, qu'il fait nuit noire sur les petites routes, mais que ce n'est pas gelé, que j'avais été contente, et blablabla.
Ok, c'est un mensonge sans la moindre conséquence.
Mais quel intérêt ???
Enfin bref... ma mère, quoi.....
- je suis très amoureuse de mon amoureux. Et j'ai toujours une impression étrange quand on est tous les deux, sur le canapé, blottis l'un contre l'autre.
Soit qu'on regarde la télé, soit qu'il joue ou qu'il trifouille sur son ordi, et que moi je me repose contre lui.
J'ai cette impression que je n'arrive pas bien à expliquer avec des mots...
Comme si nous étions deux réfugiés.
Deux enfants seuls au monde, arrivés par miracle dans cette grande maison.
Quand j'imagine tous les autres couples de la terre, qu'ils aient ou non des enfants, je vois deux adultes, responsables et ancrés dans leur vie.
Quand je nous regarde, je vois toujours des enfants qui se sont trouvés.
Un peu comme si nous étions hors du monde, hors du temps, hors de cette vie-là.
Comme si nous étions deux naufragés qui ont trouvé une île déserte tellement accueillante qu'ils n'ont plus besoin de se préoccuper de trouver un moyen de repartir sur la mer remplie de crocodiles.
Et quand j'essaye de nous représenter avec un enfant, cette image ne change pas. Je nous vois avec un bonheur encore plus merveilleux. Deux enfants émerveillés d'avoir la chance d'élever un petit bébé d'amour...
Grandirons-nous un jour ?
Chacun à notre façon, nous avons été élevés par une mère comment dire....... écrasante...
Nous avons eu deux façons totalement différentes de gérer ça, et nous avons emprunté des voies très opposées pour en arriver là où nous en sommes.
Mais sans doute que certaines traces dans nos coeurs sont les mêmes.
Sa maman n'avait pas la violence de la mienne. Mais une manière bien à elle d'orienter son fils là où elle voulait qu'il aille.
Depuis qu'il a fait connaissance avec ma mère, chéri se rend bien sur compte que sa maman n'est pas la personne terrible qu'il imaginait.
Peu importe la comparaison. L'important est la façon dont il a vécu ça étant petit.
Bref, je m'égare.
Je l'aime. C'en est presqu'incroyable... Moi qui m'étais tellement répété qu'il ne fallait plus jamais être amoureuse.
Moi qui croyais que se laisser aller à ses sentiments si forts menaient nécessairement à sa propre perte, je découvre la sérénité d'un amour pourtant tellement incroyablement fort.
Je me bouleverse toute seule en le regardant et en ressentant des choses si puissantes et qui font pourtant tellement de bien.
Je découvre qu'aimer peut se faire sans souffrance.
Je découvre le bonheur.
Tous les jours un peu plus, malgré tout ce qui nous entoure.
Parfois la petite voix dans ma tête me dit de me méfier, que je tomberai de très haut quand tout ça prendra fin.
Mais j'ai tellement envie de lui dire de la fermer à celle-ci !!!
lundi 11 août 2008
Les tartes flambées, c'est pas bon pour la santé
- Plus que deux semaines avant les vacances. Non, même mieux que ça.
Plus que 12 jours !!! Et 15 avant qu'on ne parte. Il y a des départs qu'on attend plus que d'autres !
- Président me prend la tête depuis une semaine pour une facture d'une association pour les tartes flambées fournies à l'occasion de l'inauguration d'une de nos manifestations.
8 pauvres petites tartes flambées à 8 €. Ouais, ok, c'est de plus en plus cher les tartes flambées, mais j'ai appelé le Président de l'association en question, il m'a confirmé que c'était le prix public lors de cette soirée. Pas de raison qu'on paye moins, si ?
Ben c'est donc ce que j'ai dit à mon Président, mais non, il ne veut pas payer. Sûrement parce que l'association en question est de la commune dont le maire est un gars qu'il déteste cordialement.
Donc je dois galérer avec une facture ridicule parce que monsieur a ses têtes ???
Je fais quoi, moi ? Je retourne voir le gars et je lui dis qu'il n'a qu'à dire qu'il s'est trompé, que le montant est bon mais qu'il y avait 12 tartes flambées en fait ?
Ou je lui dis que mon Président fait ch... pour des querelles dignes d'une cour de maternelle, et que donc ça serait bien qu'il nous consente un p'tit rabais de 50 cts par tarte ?
Vous noterez que ça nous ferait gagner 4 €.
Autant vous dire qu'avec ce que je coûte de l'heure à la collectivité, tout cet argent est déjà largement perdu... 10 mn a écouter Président se lamenter du prix trop élevé, 10 mn à chercher le gars responsable de l'assoc', 5 à lui téléphoner, 5 à réexpliquer au Président que c'était le prix, 10 à le réécouter dire q'il en est hors de question, 15 à expliquer par téléphone au comptable du trésor que si, il doit bloquer le paiement, 10 pour retéléphoner au brave gars de l'assoc pour parlementer, enfin vous voyez quoi...
Tout ça pour une manifestation qui coûte au total plus de 150 000 €... Sans compter qu'à côté de ça, on a recruté récemment quelqu'un qu'on paye plus que royalement, alors qu'elle n'a jamais fait ses preuves chez nous, mais c'est Président qui a négocié la paye...
Ca me donne envie de hurler !
Du coup, j'ai conclu que les gens n'avaient qu'à pas manger de tartes flambées, qu'il y aurait moins de maladies cardio-vasculaires en Alsace.
Suis pas sûre que ça lui ait plu, mais moi ça m'a fait du bien. Non mais ho !
- Du côté de ma mère, toujours pas d'orage à signaler ! J'avance chaque jour à tâtons au moment de l'appeler, et à chaque fois, je raccroche, presque stupéfaite !
Z'imaginez ça, je suis rentrée à 14h du boulot vendredi dernier, parce que nous avions un BBQ le soir et que je savais que si je ne me reposais pas l'après-midi, je ne tiendrais pas le choc.
Ben le lendemain, j'ai malencontreusement gaffé et sous entendu que je n'avais pas travaillé l'après-midi.
Point de remontrances, rien !!!
RIEN !?????
Alors je profite de l'accalmie, et j'espère de tout mon coeur que mon père et ma grand-mère en profitent aussi !
Je dirai merci à mon p'tit bout d'avoir réussi ça.
Même si ça ne devait pas durer, tout sursis est toujours bon à prendre !
- Moins réjouissant maintenant... Et parce que tout ne pouvait pas être aussi simple...
J'ai appris la semaine passée que je faisais de l'hyperthyroïdie majeure.
Bon. Ben voilà. Au moins je sais pourquoi je perds du poids alors que je mange comme 25... Je sais aussi maintenant pourquoi je mange à n'importe quelle heure du jour et de la nuit.
Parce que j'ai beau être enceinte, y a un moment où on finit par se dire qu'il y a quand même un truc louche. Ben au moins on sait ce que c'est.
Après, ben... Je ne sais pas.
Le doc m'a juste dit qu'elle ne pouvait pas me donner le vrai traitement du fait que je suis enceinte, qu'elle me donnait un truc moins efficace mais qui aurait aussi "moins" d'effets néfastes sur bébé.
Mouais, on n'a pas envie d'entendre "moins", on veut entendre "pas" !
J'ai demandé ce que ça sous entendait, elle a dit que le bébé aurait vraisemblablement des problèmes d'ongles et de cheveux... Mais que ce n'était rien par rapport aux malformations probables si je ne prends pas de traitement.
Bon... Soit. Pas vital les ongles et les cheveux, si ?
Mais allez, comme je suis quelqu'un de positif, je me dis que tout ça, ça ne m'arrivera pas.
Le truc angoissant, c'est juste de se dire qu'on est enceinte, mais constater chaque jour que la balance dit le contraire...
C'est pas comme si j'avais des réserves !
Si je n'avais pas de nausées, si je n'avais pas les seins qui ont grossi, ben j'avoue que je n'y croirais pas une seconde.
Mais allez, puisqu'on disait qu'il fallait positiver !
Jeudi, rendez-vous chez l'endocrinologue qui va forcément me rassurer, le 25, je vais voir ma jolie crevette faire la nouba derrière mon nombril, et le 26, mamour et moi on va profiter de nous au calme de ma deuxième maison.
C'est pas le bonheur ça ?
En attendant, je passe moins de temps sur l'ordi, parce que le soir, je n'ai plus la force de faire autre chose que manger et dormir. Mais ce n'est que partie remise, faudra bien que je rattrappe tout mon retard !
Sur ce, bonne soirée à tous (enfin bonne journée pour pas mal d'entre vous !) et profitez bien de tout ce que vous pouvez !
jeudi 24 juillet 2008
Aaaarrrgggg !
Bon, ben je vais encore parler de ma mère. Tant pis si c'est lassant, moi, ça me fait du bien de l'écrire, enfin j'espère surtout y penser moins après.
Donc hier soir, comme chaque soir, j'appelle ma chère petite maman, on parle (elle parle) de tout et de rien, me raconte la visite d'une dame du Conseil Général à ma mamie pour voir si elle est susceptible d'être éligible à l'allocation personnalisée d'autonomie, et me dit que ça serait bien qu'il y ait quelqu'un qui puisse venir de temps en temps, en plus de la femme de ménage, pendant une semaine, pour que mes parents puissent s'absenter un peu et aller respirer loin de la maison.
Ben ça, oui, je suis bien d'accord. Bon, ça fait 2 ans que je lui dis que certaines maisons de retraite proposent d'accueillir temporairement les personnes âgées dépendantes pour soulager les familles, mais ça ne lui convient pas, parce qu'il faut prévenir 2 mois à l'avance. Elle préfère donc se plaindre plutôt que de reconnaître qu'elle sait toujours longtemps à l'avance ce qu'elle veut faire.
Par exemple, tous les ans, elle veut aller au Festival de Cannes, tous les ans, elle veut aller au salon de l'agriculture, tous les ans, elle veut aller en Bretagne voir mon frère, et savez-vous, au moins pour le festival de Cannes et le salon de l'agriculture, les dates sont connues au moins un an à l'avance, mais non, ça ne lui va pas, elle ne veut pas prévoir (...).
Bref. Elle me parle donc de la chambre qu'elle remet en ordre pour pouvoir accueillir chez mamie une personne ou un couple, le temps qu'ils partent en vacances, j'acquiesce gentiment à un rythme savamment étudié pour qu'elle se sente soutenue, et elle dit, au détour d'une phrase : "parce que ta grand-mère n'a jamais tenu un aspirateur dans sa main de toute sa vie, d'ailleurs, je ne sais pas si elle sait à quoi ça ressemble". Alors juste au passage, je précise que ma mamie n'a jamais travaillé, et que donc elle a passé sa vie à faire à manger et faire le ménage. Autant vous dire que même si elle est loin d'être une parfaite petite femme d'intérieur, ben elle sait à quoi ressemble un aspi.
Le hic, c'est que quand Maman a terminé sa phrase, j'ai rigolé en disant "bon, en même temps, à 88 ans, on ne lui demande plus de faire le ménage, hein !".
Ma mère "oui, enfin, elle ne l'a jamais fait de sa vie" avec un air pincé
Moi : "ben c'est clair que ça fait un moment qu'elle ne fait plus rien, mais dans le temps, elle l'aimait bien son vieil aspi bleu gris !"
ERREUR MONUMENTALE !
Ma mère : "c'est pas possible, pourquoi faut-il toujours que tu sois si violente et méchante avec moi ? (si vous voyez le rapport avec ce qu'on vient de se dire au dessus, faut m'expliquer...) Tous les soirs, tu m'appelles, et on dirait que tu cherches à me noyer. Chaque fois que je raccroche, je n'ai plus qu'une envie, c'est disparaître."'
Moi, toujours incroyablement calme : "oh ben maman, je ne sais pas pourquoi tu dis ça, je ne veux pas qu'on se fâche, je ne pense pas être méchante, et encore moins violente, alors je vais juste raccrocher avant qu'on ne se dise des horreurs, et on se rapellera demain".
Sur ce, j'ai raccroché, en l'entendant débiner que je suis la pire personne de la terre, comment elle a pu enfanter d'une horreur pareille... CLIC.
Si j'étais cohérente, je ne l'appellerais pas ce soir.
Parce que bien sûr, après avoir entendu ça, même si après coup, je me raisonne et je me dis qu'elle est juste malade, ben sur le moment, j'ai la tremblote, les larmes aux yeux, et je me dis que ce n'est pas bon pour moi !
Mais je vais l'appeler ce soir, et peut-être que ça sera mon père qui répondra, et qui me soufflera à demi-mot que c'est de nouveau le calvaire à la maison.
Mais je vais essayer de ne pas culpabiliser. Ouais, suis pas sûre d'y arriver, mais vouloir essayer, c'est déjà un premier pas, non ?
D'un côté, je me dis que ce n'est vraiment pas grave, que je suis bête de me mettre dans des états pareils.
Mais ce qui m'énerve tellement, c'est de me dire que dans deux semaines, je vais être devant eux, je vais leur dire que je suis enceinte, et que non seulement ça risque de se passer aussi mal que quand mon frère a annoncé les deux grossesses de sa femme, mais en plus, après, ça va être un calvaire... Parce que soit elle trouvera que j'ai une voix fatiguée, et alors elle m'engueulera que je ferais mieux de me reposer, soit je lui dirai que je suis rentrée tôt du boulot, et alors elle me dira que je ne vaux pas mieux que les autres finalement, que j'en fous pas une, que je ferais mieux de me concentrer sur ma carrière plutôt que de pleurnicher.
Et alors soit il faudra que je me taise et que je laisse passer tout ça, mais j'ai de gros doutes sur ma capacité à supporter ça longtemps, soit il faudra de nouveau un clash, et alors je m'en voudrais de l'impact que ça aura sur mon père et ma grand mère.
Toujours la même chose, le vieux même serpent qui se mord la même vieille queue.
Ma chère amie C** a perdu sa maman à 25 ans. Maintenant qu'elle est à son tour maman, parfois, elle a le coeur en berne de se dire qu'elle n'a plus d'endroit où aller se "réfugier", plus personne auprès de qui se plaindre quand elle est malade, tout ça.
Ben moi je l'envie surtout d'avoir eu ça, un jour.
Parce que moi, quand je suis malade, ben maintenant que je ne suis plus chez ma mère, je fais ce que je peux pour le lui cacher. J'ai été hospitalisée sans qu'elle le sache, parce que chaque soir, malgré l'état déplorable dans lequel j'étais, je m'entraînais à avoir une voix normale, et je l'appelais. Ca me bouffait toutes mes forces, mais au moins elle n'en rajoutait pas.
Mais quand j'étais à la maison, être malade, c'était être faible. Et être faible, c'était méprisable.
J'ai la malchance d'être migraineuse. Et quand j'étais petite, je faisais des crises terribles. Je savais que ça allait commencer quand ma vue se voilait, et alors l'engrenage infernal : maux de tête qui m'amenaient littéralement à me taper la tête contre les murs, vomissements, engourdissement des membres, perte de la parole, perte de connaissance, délire, etc, pendant environ 10h. Après ces 10h, seul restait le mal de tête, et l'envie d'être morte pour que ça ne revienne jamais.
Mais je continue de croire que si j'avais pu trouver un peu de réconfort dans ces moments-là, peut-être qu'a défaut de s'espacer, les crises auraient peut-être eu un autre retentissement psychologique. Parce que ma mère, quand elle était appelée par l'école, ou quand elle rentrait dans ma chambre et me voyait en proie à une crise, ben elle me secouait, me disait d'arrêter mes simagrées, de me lever, de manger, et d'arrêter de gémir. Sauf que ceux et celles qui ont enduré ça savent très bien que dans ce genre d'état, le moindre bruit, la moindre odeur, la moindre lumière ne fait que renforcer tous les symptomes. Mais ma mère ouvrait les volets, passait avec son parfum si fort, me mettait sous le nez des assiettes pleines de nourriture dont l'odeur suffisait à déclencher de nouveaux vomissements. Et elle criait. Parce qu'elle ne sait pas parler. Elle criait qu'elle n'avait vraiment pas de chance d'avoir une fille pareille, qui faisiat des histoires pour un pauvre mal de tête.
Pourtant, ce n'est pas comme si elle n'entendait pas les médecins... Elle savait que quand ça commençait, il me fallait une piqûre. Mais ces piqûres qui avaient au moins le mérite de raccourcir un peu la durée de mes crises, ben je n'ai commencé à les avoir que quand j'ai percuté que dès que mes yeux se voilaient, il me fallait courir chez un médecin. Avant que ma mère n'entre en scène.
Parce que sinon, comme ce n'étaient que des histoires, ben pas la peine de faire venir un médecin à la maison.
Enfin je m'égare.
Mes migraines se sont bien espacées depuis que je vis seule. Faut dire que je me soigne. Ca aide.
Mais si vous saviez ce que j'espère que personne - et surtout pas mes enfants ! - ne se dise un jour en pensant à moi "Mon Dieu, je la déteste".
lundi 30 juin 2008
Le monstre à deux têtes
J'aurais pu aussi écrire Dr Jekyll et Mr Hyde.
Pas de suspense, je parle là de ma mère.
Encore. Oui.
Vendredi, un mail de mon père pour me dire qu'à 11h, il s'est pris la casserole remplie d'eau bouillante et de pâtes, parce qu'il n'avait pas pensé à aller surveiller. Le pauvre, à 11h, il ne pensait pas que des pâtes étaient sur le feu, alors qu'il était en train de faire tout autre chose et que ma mère ne l'avait pas du tout prévenu...
Après ça, à midi, elle a tiré sur lui la nappe remplie des assiettes et du repas, et tout s'est donc déversé sur mon père, vin et sauce tomate compris.
Que le pantalon (et donc le costume) et la chemise de mon père soiennt foutus, dans le fond, on s'en contrefiche, c'est tout le reste qui....comment dire.....donne une idée de la vie à la maison.
Il en a marre, ça va sans dire.
Pour quoi il n'est pas déjà parti ? Je ne sais pas. Il dit qu'il a beau en avoir plus que ras le bol depuis bien des années, qu'il trouve une échappatoire dans son boulot, et que le fait de se dire que c'est une maladie qui la rend comme ça, ça le culpabilise quand il s'imagine la quitter...
Mouais...
Mais bref.
Passons.
Ce que je voulais noter, c'est que le même jour, sur un blog de l'épouse d'un ami, voilà ce que je lis à propos de maman :
"L'adorable XXX (ma mère), qui a bien connu mon mari quand il était jeune, nous avait déjà bien gâtés. Mais c'était sans compter sur son coeur de mère ... Voici ce qu'elle avait envoyé à l'occasion de la fête des papas, chargeant nos "trois têtes blondes" (enfin, une blonde et deux brunes, les têtes .... :)) ) d'offrir ses coeurs au papa. Malheureusement, je n'ai pas de photos du jour J ...Mais chère XXX, je peux vous dire que les enfants étaient plus que fiers et mon homme plus qu'heureux de recevoir ce joli présent de votre part. Il vous embrasse. Merci, vous êtes une vraie fée."
Petite explication : mon ami a une leucémie, et son adorable épouse a demandé à tous ceux qui le peuvent de confectionner des coeurs pour le soutenir.
Ma mère a pris cette mission très à coeur (je ris jaune de mon jeu de mots involontaire), et partout où elle va, elle poste des cartes postales avec des coeurs, elle fait des colis remplis de coeurs, enfin vous voyez, quoi...
Je suis ravie que ça fasse tant de bonheur de l'autre côté de la France, là où les coeurs arrivent.
Mais comment dire..................... "c'était sans compter sur son coeur de mère" ??????????????
"Vous êtes une vraie fée" ??????
Ca fait comme un gros noeud dans ma gorge...
Un peu comme avec les auxilliaires de vie qui viennent s'occuper chaque jour de ma grand-mère : elles s'extasient chaque jour de tout ce que ma mère fait pour ma grand-mère.... Quelle blague !!!
Si elles savaient que ma grand-mère en est là par sa faute... Si elles savaient que tout ce qu'elle fait, c'est l'engueuler, hurler, l'accuser de toutes sortes de choses...
Bien sûr il arrive à ma grand-mère de dire des bêtises, mais c'est toujours des choses bien innocentes, et elle a 88 ans !
C'est ma mère qu'il faudrait soigner.... Mais elle est tellement charmante...
Je suis un peu amère, ça se sent, hein ?
Faut dire qu'hier soir, elle a passé une heure à m'expliquer de ces trucs... En gros, elle m'a expliqué que quand on rentre chez moi, ça pue le fric. Que c'est une maison de riches qui ne savent plus quoi faire de leur argent.
AH ??????????????????
Ben faut qu'on me dise où est tout cet argent, parce que moi je ne sais pas où je l'ai caché !
Ok, on a acheté une grande maison, mais on s'est endetté sur 25 ans. Je sais que bien des gens ne peuvent plus s'offrir de maison, même en faisant un emprunt sur 25 ans, et je ne me plains pas du tout, ne croyez pas ça.
J'adore ma maison, mon jardin, mon potager, rien à redire.
Mais déjà, en guise de voitures, nous avons chacun une voiture de plus de 7 ans, 200 000 km dépassés.
Et le mobilier : presque tout est de la récup de mon ancien appart et de celui de mon homme.
Nous avons uniquement acheté une chambre chez Ikéa, un radiateur sèche-serviette pour la salle de bain (offert par mes parents et ma grand-mère pour Noël !!! et pas encore installé), un canapé et deux fauteuils (modèles d'expo de chez Fly) et deux meubles pour le séjour, toujours chez FLY.
Vous croyez que les gens qui ne savent pas quoi faire de leur argent se meublent chez Fly et Ikéa ???
Alors peut-être qu'on a bon goût, et qu'on a arrangé les choses pour que ça fasse joli.
Mais est-ce pour autant que ça pue le fric ???
Sans compter que bien des pièces sont pleines de cartons, que les murs de notre cage d'escalier et des paliers sont en crépi blanc plus très blanc (ouais ben chaque chose en son temps !), que nos tableaux sont encore par terre parce qu'on ne se donne pas le mal de les accrocher avant d'avoir refait les murs, enfin bref...
Oui, il y a de quoi faire une merveille de cette maison, et oui, je suis déjà bien contente de mon salon, de ma chambre et ma salle de bain.
Mais de là à dire que c'est une maison qui pue le fric ???
Et puis pourquoi elle me dit ça ? Parce qu'elle me reproche de ne pas avoir pris de meubles de chez eux.
Bon, déjà, je ne vois pas pourquoi je prendrais des meubles de chez eux, ni de chez ma grand-mère, a priori, ils les utilisent... Peut-être qu'elle a envie de nouveauté ? Mais alors est-ce bien à moi de devoir récupérer ses vieilleries ?
Qu'elle le propose, c'est gentil. Qu'elle me les impose, ça n'a pas de sens. D'autant qu'on avait déjà eu une discussion de ce genre, et que j'avais fini par céder pour une vieille commode, je lui avais dit de me donner les dimensions. Elle ne l'a jamais fait.
Je lui ai rappelé hier, elle m'a dit que de toutes façons, elle ne me les donnera pas parce qu'elle sait que je ne la voudrais pas.
Le chat qui se mord la queue.
Pour l'instant, chéri est encore de très beaucoup dans le rouge, il a dû emprunter beaucoup pour son cabinet.
J'assure donc, avec mon salaire de fonctionnaire, les dépenses courantes. Vous imaginez bien que sans être à plaindre, on ne baigne pas non plus dans l'opulence.
Mais quand mon homme sortira du fond de son trou banquaire, alors on respirera.
Mais alors quoi, il faudra qu'on s'excuse de bien vivre ?
Il faudra qu'on se culpabilise quand on s'offrira de belles vacances, ou une nouvelle voiture, ou qu'on refera une jolie salle de bains ???