J'ai une fâcheuse tendance à trop me répandre. Ici, j'entends bien. Alors parfois, j'essaye de faire le moins long possible (no comment...), mais du coup, il manque plein de choses.
Mon billet de mercredi a eu quelques commentaires qui me donnent envie d'aller plus loin. D'autant que j'avais déjà dit à Véro qu'il y avait quelques petites choses que je voulais lui expliquer. Parce qu'un jour, elle disait dans un commentaire qu'elle avait peur des maladresses qu'elle pouvait commettre, en tant que Maman, envers celles qui ont des difficultés à l'être.
Je ne peux bien sûr pas répondre au nom de toutes celles pour qui ça ne marche pas comme ça devrait. D'abord parce que je ne suis pas à plaindre. Bien sûr, de ce côté là, il y a un peu de délai. Mais rien d'insurmontable. L'attente est dure, certes, mais l'espoir est bien là.
Et puis chaque femme a ses propres réactions, et je commence à savoir que mes réactions ne sont pas souvent tout à fait celles de la majorité, alors je me contente de parler pour moi.
Véro, tu parles d'être de l'autre côté. Ce n'est pas vrai. On n'est pas d'un côté ou de l'autre parce qu'on a des enfants, parce qu'on est fertile, ou parce qu'on n'en veut pas. On se bat assez contre toutes les façons de dresser les gens les uns contre les autres, ça serait quand même fou de nous opposer là dessus.
S'il y a des différences, elles sont ailleurs.
Il y a ceux qui ont souffert, et dont les yeux s'ouvrent aux malheurs des autres, même quand ces autres veulent le cacher. On ne va pas pour autant en vouloir aux autres qui n'ont pas souffert.
Il y a les gens profondément bons. Ceux là, qu'ils regardent plus loin que ce qu'on leur montre à voir ou non, et bien d'instinct, ils ne font pas mal aux autres.
Et il y a ceux qui ont souffert et qui sont bons. Il me semble que tu as eu ton lot d'horreurs, de déceptions, de tristesse. Et il me semble aussi, d'après tes mots, que ça ne t'empêche pas d'être une belle personne.
Alors n'aies pas peur de tes questions. Même quand elles touchent involontairement un point douloureux, ce que l'on ressent derrière tes questions fait qu'à aucun moment tu ne réveilles une douleur. Une question qui fait mal, si elle est posée avec douceur, gentillesse et un intérêt sincère, elle devient presque bénéfique.
Alors ne crois plus être une énorme gaffeuse. Je ne te connais pas assez pour l'affirmer si fort, mais Odile me semble être un bon baromètre pour dire que tu es celle que l'on croit découvrir à travers tes mots.
(là, il y a "Je ne suis pas de celles..." qui passe. Voudrais bien partager ma bande sonore, mais y a plein de choses qui merdouillent sur mon PC depuis l'orage d'hier. Faudra rattrapper ça dès demain.)
Pour le reste.
Mme Cornue. Voilà un parfait exemple de Maman que tout le monde imagine que les infertiles détestent. Parce qu'elle est tombée enceinte sans le vouloir, et qu'en l'apprenant, ça a été un petit moment de déroute. Parce que ce n'était vraiment pas prévu, et que ça chamboulait tout. Alors cette Mme Cornue, toute pleine de sa réelle bonté, me dit que personne ne devrait avoir à freiner son bonheur. Mais Mme Cornue, pourquoi crois-tu donc que j'ai lu ton histoire, pourquoi crois-tu que je continue à venir chaque jour chez toi ?
Crois-tu vraiment que ça soit le bonheur des autres qui fasse mal ?
C'est Armand qui m'a fourni la citation suivante :
"Ce n'est pas le malheur, c'est le bonheur, le bonheur insolent, il est vrai, qui conduit à l'aigreur et au sarcasme." (Emil Michel Cioran).
Et au final, elle résume tout.
Ton bonheur, Mme Cornue, même si aujourd'hui il est entâché d'une lourde déception, mais ce bonheur de vivre, ce bonheur de partager, ce bonheur de porter un enfant même si ce n'était pas prévu comme ça dans les plans, ce bonheur d'être tout simplement, c'est un joli bonheur. Pas un bonheur insolent.
Alors tu pourrais le hurler ton bonheur qu'il ne ferait que me réjouir encore plus fort pour toi. Ce n'est pas parce qu'une femme est fertile que je ne l'aime pas, ou qu'elle me fait ressentir un pincement. Sinon, j'aurais vite arreté de te lire. Et Véro aussi. Et toutes les autres mamans que je visite chaque jour.
Ce sont les bonheurs insolents qui m'écoeurent. Dis moi honnêtement. Aurais-tu réellement envoyé une photo d'échographie à une amie qui viendrait de faire une fausse couche ? Ou aurais-tu choisi une autre façon de lui annoncer ta grossesse ? Je connais déjà la réponse. Tellement elle est évidente. Et pour autant, ça n'aurait en rien entamé ton bonheur.
Mais tu n'es pas de celles qui ont le bonheur égoïste. C'est tout, et c'est comme ça.
J'avais aussi parlé de cette amie enceinte, qui répondait au mail de celle qui annonçait sa fausse couche (et accessoirement à tous les destinataires du mail originel) en lui disant "ça arrive, ce n'est pas grave, ça sera pour la prochaine fois". Tu aurais écrit ça toi ? Non. Et ça ne t'aurait pour autant pas empêché de vivre ton bonheur.
Bien sûr que tout le monde doit pouvoir hurler son bonheur jusqu'à s'en époumoner. Je suis la première à le revendiquer. Mais il y a une différence fondamentale entre un bonheur qu'on veut partager avec les autres, et un bonheur qu'on jette contre les autres.
Je ne sais pas trouver les bons mots, mais je suis sûre que tout le monde aura compris ce que je voulais dire cette fois.
Et puis sinon, tant pis pour vous, faudra que j'y revienne, encore ;-)
C'est "Lili" maintenant qui passe. Grosse pensée à celui qui se reconnaîtra ;-)
Bon dodo à mes compatriotes, bonne soirée à ceux qui sont un peu plus loin.
Je pense à vous.
Je suis bêtement émotive parfois. Mais comme je n'ai jamais pu changer ça, je fais avec. Et ce soir, ça me fait dire que vous me faites du bien. Et que ce sont des choses bien fortes que l'on vit en passant par ce monde là.
(Oh làlàlàlà, je me demande déjà ce qu'Armand va répondre à ça ;-) !)
L’envie. La jalousie.
Il y a 3 mois