Je suis à mon bureau, j'ai commencé 12 000 trucs plus qu'en retard pour essayer de me motiver, mais rien à faire, pas envie, je n'avance pas.
Et ça m'énerve !
Disons qu'à peine commencé un truc, je me dis que l'autre est plus urgent, sauf qu'à force de perdre mon temps à papillonner entre les urgences, ben j'en ai juste ras le bol.
Et puis hier, on parlait avec Président de la "fête" de Noël (qui s'avère être une torture annuelle pour mes collègues...) et il me demandait où ça aurait lieu.
Comme je lui avais répondu que je n'en avais pas la moindre idée, que je n'avais pas pris le temps d'y penser, il m'a demandé ce que je faisais !!!
J'ai donc répondu que le matin, je me tournais les pouces d'avant en arrière, et l'après-midi, dans l'autre sens, pour varier les plaisirs.
Je ne sais pas s'il a compris l'ampleur de mon agacement, toujours est-il qu'il a laissé tomber le sujet...
Mais bref, avoir perdu l'envie à ce point, moi qui étais une montagne d'enthousiasme.......
J'ai entendu parler d'un livre de Véronique Vasseur sur son vécu d'une élection de l'intérieur.
Si j'ai bien compris, elle y fait part de son désarroi, de son dégoût de tout ce qu'elle a vécu à cette occasion.
Il faut absolument que j'achète ce livre.
Il y a quelques années, quand les gens me disaient "oh, les politiques, tous des pourris !", je montais sur mes grands chevaux, et me lançait dans la démonstration que non, ce n'est pas le cas.
J'avoue que j'ai du mal maintenant à ne pas verser dans les mêmes amalgames.
Disons que je pensais alors qu'on avait tendance à ne s'attacher qu'aux cas des pourris, bien plus visibles bien que minoritaires.
Je pense maintenant que les vrais loyaux sont une infime minorité.
Le pouvoir n'épargne donc personne, même à un tout petit niveau communal.
Je suis déçue.
Je suis entrée en service public comme on entrerait dans les ordres.
Une vraie vocation. Pure, profonde. Un besoin.
Au fur et à mesure, je me disais bien qu'il y avait beaucoup de gris foncé dans ce monde-là.
Mais je pensais vraiment pouvoir abonder dans un sens meilleur.
Je commence à me dire que non.
Je ne pensais pas m'user à ce point.
Je ne pensais pas renoncer un jour.
Là, je sens bien que je renonce.
J'ai fait tellement, donné tellement de mon temps, de ma santé.
Et puis ça semble anodin comme ça, mais depuis 10 ans que je travaille, je dois supporter sans arrêt les quolibets sur les fonctionnaires qui n'en foutent pas une.
Je ne réponds rien, ça ne sert à rien, et ceux qui me connaissent savent le temps que j'ai donné à ce boulot malgré le salaire qui va avec.
Mais au final, c'est quand même pénible ce rabachage permanent.
Enfin bref, tout ça fait que oui, je suis là, devant mon bureau trop plein de trop plein de choses, et je n'ai envie que d'une chose, rentrer chez moi, tricoter un bonnet pour mon bébé d'amour, ranger les cartons pas défaits depuis plus de deux ans, et profiter un peu.
Véro faisait ce matin sa commande au Père Noël.
A moi de faire la mienne.
Je voudrais ne plus travailler, le temps qu'il me faudra pour savoir où je veux aller, comment, et à quel rythme.
Je voudrais ne plus travailler, mais que mon Tinamour aille quand même à la crèche quelques jours par semaine, pour que je puisse vraiment avoir du temps pour moi, pour la maison et pour toutes ces petites choses que je voudrais faire pour mon bébé d'amour.
Je voudrais ne plus travailler, mais n'avoir pour autant aucun souci d'argent.
Je sais que j'ai énormément de chance, et je ne voudrais pas paraître ingrate.
C'est juste que ce que je fais 10h par jour 5 jours par semaine ne me convient plus du tout.
Mais je ne suis pas à plaindre, j'en conviens.
M'enfin le Père Noël, on lui demande ce qu'on veut, non ?
mardi 8 décembre 2009
J'ai pas envie !
jeudi 3 décembre 2009
Comme un dernier cadeau terrestre...
Ce matin, comme si le soleil voulait envoyer un message à mon C. parti trop tôt, le paysage n'a jamais été aussi beau.
Il a neigé sur la Forêt Noire, la brume sur la vallée était rose, le ciel d'un rose plus soutenu, entre les deux, les montages aux cîmes fraîchement enneigées et le soleil qui disait un dernier bonjour.
Mon paysage a revêtu ses habits les plus flamboyants pour lui faire honneur.
C'est tellement dur...
Je me suis arrêtée sur un parking face à la vallée, j'ai regardé ces merveilles, et j'ai souhaité si fort qu'il existe un après pour que C. puisse continuer de s'émerveiller devant les beautés de sa nature.
Je n'avais jusque là jamais été confrontée au départ d'un ami.
J'ai perdu mes grands-pères, les amis de mes grands-parents, ou alors des membres de la famille de leur génération.
Mon amie a perdu sa maman, bien trop jeune.
Mais je n'avais jamais eu à dire au revoir à un ami.
Je n'ai jamais voulu si fort croire en un bel ailleurs.
Au revoir mon cher ami.
mercredi 2 décembre 2009
Ca fait drôle !
Ce matin, j'emmène mon fabuleux Tinamour à la crèche (bien sûr que si, je suis objective !), et dans les escaliers, je croise une autre Maman, qui regarde mon loulou et lui fait un grand sourire en disant "Hé, mais c'est Tinamour qui se cache sous ce gros bonnet !" !
Euh, bonjour madame !
Je ne l'avais jamais vue moi cette dame, et voilà qu'elle reconnaît mon p'tit gars même tout caché sous son bonnet et sa capuche !
Et c'est là que je percute qu'en déposant mon fils à 8h et en le récupérant à 18h, il rencontre des mamans et des enfants que moi je n'ai jamais vus puisqu'ils viennent plus tard et repartent plus tôt.
Je voyais bien qu'il y avait quelques petits noms sur le mur qui ne me disaient rien.
Mais je n'avais pas percuté jusque là.
C'est bête, mais ça m'a fait drôle de me dire que je ne sais même pas avec qui il passe ses journées !
Enfin si, je connais bien ceux qui arrivent et repartent au même moment que moi puisqu'on se croise deux fois par jour, à force, on finit par papoter !
Mais les autres...?
Rien de bien grave, mais disons que ma litanie du matin pour lui dire quels copains il va voir aujourd'hui, ben elle n'est pas tout à fait complète pour le coup !
Heureusement qu'il reste à la maison le jeudi, sinon, je me dirais que c'est le pauvre petit qui reste le plus longtemps à la garderie...
lundi 30 novembre 2009
Bon voyage...
Il est parti.
Mon comptable, mon collègue, MON AMI.
Son âme s'est libérée hier matin.
Ca n'a pas de sens.
Je savais que ça allait arriver, mais on a beau savoir, rien ne prépare à la mort d'un ami.
Bien sûr, il est libéré de ce corps qui l'a lâché.
Mais c'est allé tellement vite...
En septembre, il venait encore s'installer dans mon bureau pour me parler de tennis, de sa chère nature, des animaux qu'il avait pu voir le week-end, des courses qu'il avait courues, de sa fille qu'il avait déménagé une énième fois, de son fils dont les études en médecine ne coûtent pas rien, et qui est arrivé 3ème à un cross alors qu'il aurait dû être premier.
Ou alors il venait pester contre les factures qu'il avait dû payer alors qu'il estime que ce n'était pas nécessaire.
Il avait horreur de plein de choses mon C.
Il n'aimait pas le monde. Alors les dépenses de Noël, ce n'était pas son truc.
Les touristes ne viendraient pas nous embêter si on ne mettait pas de lumières, de maisonnettes de Noël qu'il me disait.
Combien de fois on s'est écharpés ? Mais combien de fois on est tombés d'accord...
Et en septembre, je ne saurais même pas dire quand je l'ai vu pour la dernière fois.
Les derniers mandatements qu'il a faits datent du 12 septembre.
Je pense que je ne l'ai plus vu ensuite.
On ne savait pas bien, juste que sa femme l'avait trouvé bizarre et emmené à l'hôpital.
Et maintenant il est mort, d'un cancer généralisé.
Non pas que la bête l'ait emporté particulièrement vite. Mais simplement qu'il menait une vie tellement saine que son corps a résisté bien longtemps avant de montrer les premiers signes extérieurs de ce qui était déjà bien ancré en lui.
Alors quand ça s'est vu, c'était trop tard.
Bien trop tard.
Depuis que je sais qu'il est malade, je ne vois plus la beauté du matin de la même façon.
C'est tellement beau, et il passait tellement de temps dans la forêt, dans les vignes, dans la montagne.
Lui qui ne vivait que pour cette beauté naturelle, qu'a t'il pensé pendant ces deux mois où il était bloqué à l'hôpital puis à la maison ?
Lui qui courait sans arrêt, comment a t'il vécu de se retrouver en fauteuil roulant en moins de temps qu'il ne le faut pour le dire ?
Alors le matin, quand je suis époustouflée par la beauté de mes montagnes et de la vallée, j'ai le coeur qui se serre.
Bien sûr, c'est aussi un puissant message pour nous dire de profiter...
Mais je ne peux m'empêcher de penser à ce qu'il a pensé, ces derniers temps.
Je souhaite plus que jamais que l'âme de ceux qui nous quittent puisse nous voir encore par la suite, parce que je veux tellement qu'il sache comme je l'aimais, et comme ça me manquera tout ce temps passé à débattre avec lui.
Le pire de l'histoire, c'est que depuis son départ précipité, je ne l'ai plus vu, ni entendu.
J'ai essayé de l'appeler des dizaines de fois, mais je tombais directement sur son répondeur.
J'ai laissé des messages bien sûr, mais je ne sais pas si son épouse les lui a transmis.
Je ne lui en veux pas, je ne sais pas comment je pourrais gérer une telle épreuve.
Mais elle a fait le black-out total autour de C.
Les derniers temps, il y avait même une pancarte sur la porte disant "pas de coups de fil ni de visite".
Pourtant ceux qui y ont été avant, inopinément, ont tous été d'accord pour dire que leur visite lui avait un immense plaisir.
Et qu'il se demandait pourquoi si peu de monde prenait de ses nouvelles.
J'ai trop mal au coeur d'imaginer qu'il ait pu partir en se disant que nous n'avons pas tenté de lui parler.
J'ai trop mal au coeur de me dire qu'il ait pu croire que je n'ai plus pensé à lui depuis qu'il est parti.
L'atroce ironie du sort, c'est que j'ai dans mon sac les deux feuillets d'une lettre que je voulais lui déposer aujourd'hui, pour lui raconter notre petite vie, pour le faire un peu rire, et lui dire à quel point nous pensions à lui.
Et c'est en arrivant ce matin avec ma lettre dans mon sac que j'ai appris qu'il était parti.
Je voudrais tellement lui avoir donné ces quelques mots quelques jours plus tôt...
J'espère tellement que sa femme lui a donné nos messages vocaux, et notre carte.....
C., je pense tellement fort à toi, j'espère que tu as trouvé de nouvelles montagnes où courir, de nouvelles forêts pleines d'animaux à compter, de cerfs à écouter brâmer...
Je ne peux imaginer ta peine d'avoir dû quitter si tôt ta famille.
Je ne peux imaginer la peine de ta famille.
Plein de courage à vous tous.
De tout mon coeur.
lundi 23 novembre 2009
Cherche stage de gestion de la gentillesse
J'ai déjà parlé de ma difficulté à contenir mes émotions positives.
La première vraie fois, en tout cas, celle dont je me souviens bien, c'est quand, adolescente, mon flirt des vacances précédentes m'a téléphoné (alors que je ne lui avais jamais parlé autrement qu'en vacances) à la maison pour me dire qu'il serait de nouveau là aux prochaines vacances.
D'excitation, j'avais eu une crise de migraine carabinée.
Là, ce qui me pose problème, c'est la gentillesse.
Et c'est souvent que je n'arrive pas à retenir mes larmes.
Je me souviens d'un jour, au milieu d'une réunion houleuse où, moi, petit bout de femme des services administratifs à la voix fluette, je tentais d'expliquer à mes vieux élus masculins, que leur décision était catastrophique et intenable.
Ca faisait plus d'un mois que ça couvait, et je ne savais plus quoi faire pour éviter de courir droit au désastre.
Mon Président, fidèle à lui-même, m'a fait comprendre que mon avis n'était pas le bienvenu, que je n'étais qu'une "administrative" et que je devais laisser les élus décider comme bon leur semblait.
Là-dessus, un des élus me fait passer un petit mot où il avait juste écrit "Caro, tenez-bon".
Mes yeux se sont embués en moisn de temps qu'il ne faut pour le dire.
Et j'en ai pleuré à chaudes larmes une fois la réunion terminée (et la mauvaise décision actée...)
Aujourd'hui, c'est une élue aussi, qui entre dans mon bureau, et me tend un sac, dans lequel il y a un calendrier de l'avent, fait main, avec plein de petites choses dedans.
Et elle me précise que c'est sa tante qui a fabriqué ça à sa demande pour mon petit garçon.
J'avais déjà pleuré quand elle m'avait apporté un petit sac avec des chaussons et un bonnet en laine alors que tinamour était encore dans mon ventre, me revoilà à verser quelques larmes pour fêter ce joli calendrier apporté avec tellement, mais tellement de gentillesse...
Il a de la chance mon bébé... Je vais le garder ce calendrier, et chaque année, en remplissant les petites pochettes pour l'amour de mon coeur, je soupirerai d'émotion en pensant à la gentillesse en général, et à celle de cette merveilleuse Mamie Noël en particulier...
Quand il faut, il faut !
Voui voui, merci France, tu as mille fois raison, alors c'est décidé, je vais commencer par prendre une demi journée cette semaine, une demi-journée de congé, pour être à la maison, sans mon bébé qui sera en train de s'éclater à la crèche et sans mon homme qui lui sera au boulot.
Une demi-journée pour profiter de moi et du temps qui passe.
Si en plus j'arrive à m'endormir, ne serait-ce que pour un demi-heure, alors ça sera le paradis. Mais rien que d'être tranquillement à la maison, ça sera déjà reposant, physiquement et moralement.
Et tant pis pour le bordel au bureau qui ne fera qu'amplifier, de ce côté là, j'ai bien pris mes distances !
Et si ça ne suffit pas, je recommencerai, jusqu'à ce que je récupère mes neurones.
Rien que d'y penser, j'ai déjà un sourire dans le coeur ! Enfin, un deuxième sourire. Parce qu'il y en a un qui ne m'a plus quittée depuis que j'ai su que mon ventre hébergeait un crapaud.
Tant d'amour, c'est presque inhumain !
dimanche 22 novembre 2009
Foot, larmes et autres bagatelles...
Je suis allée promener mes larmes (et mon fils !) tout à l'heure, et je suis tombée sur le terrain de foot du village, sur lequel l'équipe du village jouait contre une équipe d'un village des environs (je suppose)...
J'étais abasourdie par ce que je voyais et entendais !
C'est quand même un jeu à la base, et c'était bien entendu des équipes d'amateur, censées faire ça pour le plaisir...
Et bien je n'ai jamais entendu autant de gros mots hurlés en aussi peu de temps, et de gens s'engueuler pour rien, pour ce qui devrait normalement être le plaisir du dimanche après-midi.
M'enfin si ça leur plaît....
J'ai donc été trimballer mon fils (et mes joues séchées) un peu plus loin.
Pourquoi je suis partie en larmes ?
Je crois que je suis au delà de la fatigue, là où on n'arrive plus à se raisonner.
Là où on se rend compte qu'on a beaucoup de chance qu'il n'y ait pas eu d'accidents domestiques, parce qu'on remarque souvent a posteriori qu'on n'a pas été très prudente...
Là où on commence à comprendre comment des mamans seules, abandonnées et désemparées peuvent en arriver à donner des somnifères à leur bébé...
Mon tinamour ne dort pas. Pas la nuit, pas le jour.
Une dent a percé. Ca, c'est fait.
Les autres arrivent. Alors il n'a jamais beaucoup dormi, et bien là, c'est juste l'enfer.
Disons que cumuler ça et le boulot, ça devient trop dur...
Alors cet après-midi, quand j'ai enfin réussi à l'endormir, et qu'il s'est réveillé 4 mn après, c'était trop...
Enfin bref, ce soir est une autre nuit... on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise !
Je voudrais tellement qu'il n'ait plus mal...
Bonne nuit à tous !