Ce matin, pendant que j'étais aux toilettes. j'écoutais au loin la voix cristalline de mon bonhomme qui racontait ses histoires extraordinaires à son papa.
Et puis s'ajoutent en provenance de la petite chambre encore plongée dans l'oscurité, quelques ba ba ba ba ba de l'adorable petite voix de ma puce qui s'éveille.
Et l'espace d'un instant, un peu comme un éclair, le souvenir d'un moment, dans mes escaliers, il y a quelques années, où j'ai pleuré du silence qui m'assourdissait de ne pas être brisé par la voix d'un enfant.
Alors ce matin, mes larmes. Encore.
Ma gratitude est immense.
IMMENSE
mardi 22 janvier 2013
Ma vie.
lundi 16 avril 2012
Si je ne le dis pas, ça ressortira de toutes façons, d’une
façon bien moins posée, dans les jours à venir.
Parce que j’ai ressenti ça comme la dernière des
humiliations, la plus douloureuse des blessures.
Et comme une trahison définitive.
Hier, devant un public entièrement acquis à ta façon de voir
les choses, tu m’as mise à terre.
Nous étions avec nos familles et nos amis, avec
accessoirement aussi une des nounous de notre fils, dont j’espère qu’elle aura la sagesse de ne pas
aller le répéter à ses collègues. Et devant tout ce monde, sachant très bien
que je n’entrerai pas dans le jeu et que je ne répondrai pas, tu as dit que
j’étais le paillasson de notre fils. Oh, pas en ces mots, non, mais tout aussi clairement quand même.
A Noël, quand mes parents m’avaient dit que je faisais de
mon fils un asocial, que je gâchais d’avance sa vie, qu’ils n’en voudraient
même pas à l'école maternelle, j’avais déjà terriblement souffert de ton absence
totale de soutien.
Devant tes parents et ta sœur aussi, quand ils sont si durs
envers mon fils, qu’ils sont capables de le snober complètement parce qu’un bébé a
fait son apparition dans la famille, et que toi tu entres dans leur jeu, là
aussi je souffre de me sentir si seule.
C’est déjà dur de ne pas être d’accord, mais l’étaler comme
ça, est-ce bien nécessaire ?
Mais aussi et surtout, je ne me sentais déjà plus une femme
dans tes yeux, mais maintenant, je ne suis même plus la seule chose que je
pouvais encore être, je ne suis même plus une mère.
Je ne suis plus rien.
Tu sais à quel point je suis fatiguée, tu n’as même pas la
décence de m’aider un peu à traverser tout ça.
Tu m’as achevée.
Je me sens achevée.
Je me sens morte.
Hier, tout ce que je voulais, c’était disparaître.
N’avoir plus jamais à subir tout ça.
Si je reste en vie, c’est pour mes enfants.
Je regarde en arrière ce que j’étais, la valeur que je
pouvais avoir et sentir, je n’ai plus rien de tout ça.
Je ne vaux plus rien.
Et le plus ironique de l’histoire, c’est que si je vais
parler à quelqu’un de tout ça, on classera ça dans les dépressions post partum.
La bonne blague.
mardi 30 août 2011
Vrac de rentrée
Il y a eu tous ces jours où j'avais envie de venir m'épancher.
Où le temps a manqué, ou alors où je me suis dit que les réactions à chaud n'étaient pas les meilleures.
Oui mais voilà, à froid, elles manquent de saveur et perdent tout leur intérêt.
J'étais donc en vacances une bonne partie de ce mois.
C'était salvateur, à tous points de vue ou presque.
La rentrée, le retour au bureau, en revanche, ça l'est tout de suite moins.
J'allais dire que c'était le temps des remises en question, mais je crois que ce temps là est quasi permanent depuis quelques années, que je manque juste de temps, de courage, de cran, (de soutien ?), pour me lancer vraiment...
Mon ventre s'arrondit. Il s'arrondit d'autant plus maintenant que je ne suis plus si malade.
Je ne réalise encore pas toujours qu'on a réussi.
J'avoue aussi avoir beaucoup pesté d'avoir été tellement malade.
En sachant pourtant que j'avais une chance que certaines n'auraient jamais.
J'en suis arrivée à trouver injuste qu'il n'y ait pas une règle simple : plus c'est difficile pour une femme d'avoir un enfant, moins elle devrait être malade pendant sa grossesse.
Egoïste, peut-être, mais je me le suis répété souvent.
J'ai détesté une copine qui se plaignait bruyamment de devoir faire attention à sa prise de poids pendant sa grossesse alors qu'elle n'avait eu qu'à arrêter la pilule pour être porteuse de vie.
Bref, j'ai eu de méchantes pensées que je ne suis pas encore assez fortes pour regretter vraiment.
Ca me passera, j'imagine.
Toujours est-il que les vacances, comme il y a trois ans, ont aidé à faire disparaître une partie de mes soucis.
J'ai toujours de fortes réactions aux odeurs, particulièrement aux bonnes odeurs, mais le quotidien est redevenu supportable.
Et je suis heureuse.
Un peu anxieuse de savoir comment je m'en sortirai avec deux enfants, un peu anxieuse de savoir quelle sera la réaction de mon petit homme d'amour quand son frère ou sa soeur sera là, anxieuse bien sûr de savoir si le nouveau petit bébé sera en bonne santé.
Mais heureuse.
Le seul truc qui coince encore, c'est donc mon incapacité à remettre les choses en question au bureau.
Je n'ai pas envie de passer ma vie à courir.
Je n'aime pas l'idée de me dire que la semaine se passe à se dépêcher le matin de préparer mon petit monde, à se dépêcher pour être à l'heure à la crèche et au bureau, à travailler, à partir à l'heure pour se dépêcher d'aller chercher Tinamour à la crèche, rentrer, et avoir une soirée chronométrée parce qu'il ne faut pas se coucher trop tard (grands et petit) pour ne pas accumuluer trop de fatigue.
Je sais bien que c'est le lot de la plupart des mamans, et que je pourrais aussi m'y faire.
Mais je n'ai pas envie.
J'ai peur que ça ruine mon moral, mon couple, ma famille et mon bonheur.
Pourquoi je ne change rien ? Parce que j'ai tellement peur de regretter, ensuite.
Parce que j'ai peur de perdre ma sacro sainte indépendance financière, peur de ce que je pourrai faire quand j'aurai à nouveau plus de temps libre parce que les enfants ont grandi, peur de savoir ce qu'il adviendrait de moi si par malheur mon couple s'effondrait, bref, je prends mon travail comme une garantie que je me suffirai toujours à moi-même.
Oui, mais pourtant, je sais que ce n'est pas la solution.
Ma réflexion de la denrière nuit, c'est que je vais essayer au moins d'avoir le courage de diminuer mon temps de travail.
Pas maintenant, mais quand je reprendrai le travail suite à mon congé maternité.
Je sais très bien que c'est un peu comme un enterrement première classe de mon avenir dans cette collectivité, parce que quoi qu'on dise, je ne pourrai pas rester un "patron" aussi efficace en étant absente 1 jour et demi sur 5.
Que d'autres prendront nécessairement le relai, que je manquerai d'informations, peu importe la qualité du système de communication que l'on mettra en place pour pallier à mon absence.
Je perdrai le fil, nécessairement, indubitablement.
Ca risque d'être difficile, parce que ça tombe très mal, en pleine réforme des collectivités qui implique de nombreux bouleversements pour nous.
Au moment de me retrouver à la tête d'une structure presque doublée, je vais prendre du recul, et laisser les rênes plus lâches à d'autres.
Mauvais calcul, mais je n'ai pas choisi.
Tout ça me permettra malgré tout de continuer à autofinancer ma vie, tout en ayant davantage de temps.
Et égoïstement, c'est aussi pour moi que je veux du temps.
Parce que je crois que c'est LA condition pour que tout le reste tourne dans notre vie de famille.
Et que c'est bien là le plus important.
Ca me laissera aussi du temps pour voir si je peux continuer de cette façon, si c'est tenable au bureau, et sinon, j'aviserai... Peut-être qu'être moins fatiguée me donnera plus de courage ?
J'ai besoin que mon fils soit heureux. Et si tout va bien, en janvier, je pourrai écrire que j'ai besoin que mes enfants soient heureux.
Je ne peux pas leur garantir un droit au bonheur, mais je veux me dire que j'ai fait ce que je pouvais, à mon niveau.
Il m'offre tellement ce petit bout d'homme....
Je me demande s'il existe une façon d'expliquer l'amour qu'on peut ressentir pour son enfant.
vendredi 6 mai 2011
Traces
Des traces du passé là où je n'aurais même pas eu l'idée de les chercher.
Ce matin, j'ai emmené Tinamour à la crèche. Il était tout fier avec son petit sac contenant un petit cadeau pour un de ses copains qui a eu son anniversaire récemment.
Et puis dans son casier, une enveloppe. D'un autre petit copain.
Une invitation à une fête d'anniversaire.
Je n'ai ouvert l'enveloppe que dans la voiture, et quelle chance.
Je me suis transformée en fontaine.
Et ça fait bientôt une heure, une heure que je n'arrive pas à sécher mes larmes.
Je suis au bureau, je me cache de mes collègues.
Leur dire quoi sinon : oui, je pleure, parce que mon fils est invité à un anniversaire ?
Même moi je ne me souvenais plus.
Et dans ma voiture, à l'arrêt, sur le parking, des milliers de souvenirs. Des milliers.
Je n'en reviens pas.
Oh oui la mémoire fait des choses incroyables. Certains tiroirs, dont on ignorait jusqu'à l'existence et qui s'ouvrent au moment le plus inattendu.
Et tout à coup, ce rappel douloureux de tous ces sentiments qui me vrillaient le coeur de petite fille (puis de plus grande...), quand je voyais les autres enfants aller chez les uns, les autres, faire la fête, offrir et recevoir des cadeaux, des bonbons, faire des jeux, se déguiser, se maquiller.
S'amuser.
Ce sentiment d'être là comme un cheveu sur la soupe le lendemain de ces grandes fêtes, quand tout le monde se rappelait comme la journée avait été fantastique.
Quand je sais qu'un tiroir est dangereux, je fais ce qu'il faut pour n'avoir pas besoin de l'ouvrir, ou alors, je prends toutes les précautions qui s'imposent avant de l'approcher.
Ce tiroir-là, j'avais oublié qu'il existait.
Combien y en a t-il encore comme ça ?
Je me sens tellement bête de pleurer, alors que je suis si heureuse pour mon fils, qui ira, lui, à cet anniversaire, dussé-je pour ça renoncer à une réunion où ma présence est censée être indispensable.
Mais je vois devant moi cette petite fille avec ses jolies couettes, et j'ai juste le coeur qui me fait un mal de chien.
mercredi 27 avril 2011
Fucking perfect
Ca fait un peu ado qui s'identifie à son idole, mais allez, j'ai bien le droit aussi de retourner un peu en arrière.
J'ai pleuré devant ce clip.
Oui, j'ai la larme facile, mais là, j'avais tellement l'impression que.... enfin vous voyez quoi...
mardi 5 avril 2011
Fierté sans borne
A la crèche de mon petit garçon, il y a une adorable petite blondinette qui s'avère aussi avoir un caractère plus que bien trempé. Quand elle n'est pas contente ou pas d'accord, on ne peut pas l'ignorer. Elle hurle, pleure, se débat, tape, une véritable petite furie. Adorable, mais furie quand même. J'avais déjà assisté à une scène faite à sa maman récemment, et hier soir, quand je suis allée chercher mon Tinamour, c'était reparti. Petite puce voulait garder ses lunettes, sa maman lui avait gentiment demandé de les laisser à la crèche, et ça avait déclenché les hostilités. Elle doit en avoir ras le bol la maman, j'imagine bien. Pour autant, sa technique d'hier soir me laissait dubitative : elle menaçait sa fille de lui donner une fessée devant tout le monde. B on, je n'aime déjà pas les fessées, alors forcément, ça ne me plaisait déjà pas. Mais cette façon de dire que d'habitude, c'est en privé, mais que là, l'humiliation serait publique, je sais que je suis sensible sur le sujet, mais je toruve ça juste tellement stupide... Mais bref, passons sur ce débat qui ne peut pas en être un pour moi, la question étant réglée d'avance (Hum, oui, je suis obtue...!) J'ai terminé de mettre les chaussures à mon crapaud, et je lui ai glissé à l'oreille que sa copine avait un gros chagrin, qu'elle était très en colère, et qu'il fallait lui faire un bisou. Il a été plein d'enthousiasme se jeter sur la jolie petite fille, lui a fait un bisou magique et un câlin. Je ne suis pas assez naïve pour croire que c'est la solution miracle, mais en l'occurrence, ça l'a été hier soir. Non seulement la colère et les larmes se sont arrêtées, mais en plus, la fillette s'est comportée comme si rien n'avait jamais eu lieu : elle a posé ses lunettes et continué de s'habiller. Vous n'imaginez pas la taille de mon coeur à ce moment là (et encore maintenant, il faut bien le dire !). Je ne comprends encore pas pourquoi je ne me suis pas envolée tellement j'étais gonflée de bonheur, de joie et d'une fierté immense, illimitée, infinie. Et cette certitude que l'amour et la tendresse peuvent tellement changer les choses....
mercredi 23 février 2011
Pas si simple
Pas du tout.
En à peine une heure hier, j'ai déjà bien cru que ma belle sérénité allait voler en éclat.
Parce qu'en à peine une heure, il avait déjà :
- pesté parce qu'à l'aéroport, Tinamour voulait jouer dans le petit hélicoptère alors qu'il avait déjà payé le parking et qu'on n'avait que 5 mn pour valider le ticket en sortie,
- jeté un oeil aux rayures (presqu'invisibles) de la voiture, juste pour constater que ça le stressait toujours autant,
- parlé de mon chat (qu'il déteste et qu'il voudrait bien voir disparaître de la surfance de la terre)
- trouvé plein de choses à dire sur ma façon de conduire (j'avoue que je fais souvent plusieurs choses en même temps, genre, quand mon fils hurle que son doudou est tombé et que son père ne trouve pas utile d'entendre ça, je le lui tends pour épargner une crise de nerfs de son père...)
- exhibé fièrement devant son fils (qui ADORE les chips) un paquet de chips norvégiennes en lui expliquant deux secondes après que non, il ne pouvait pas en manger (ou comment provoquer une crise de nerfs chez un enfant de 2 ans en une seule leçon...)
- trouvé que son fils faisait trop de bruit
- montré plusieurs fois son estomac pour dire que son fils le stresse et lui donne des aigreurs d'estomac,
- dit plusieurs fois qu'il fallait qu'il reprenne ses anti acides maintenant qu'il était rentré à la maison,
- et le reste je ne sais plus.
En fait, je crois que j'avais juste oublié en quelques jours à quel point il est négatif et stressant.
J'ai gardé malgré tout mon calme, en me rappelant toutes mes bonnes résolutions.
En fait, c'était une surprise qu'on lui faisait d'aller le chercher à l'aéroport.
C'était la copine du copain de voyage de mon homme qui devait aller les chercher.
Sauf qu'elle n'était pas là.
Ils sont arrivés à 16h50.
Elle a fini par se libérer de son boulot un peu avant 19h.
Heureusement que j'étais là.
Mais il n'y a que moi pour m'être fait cette réflexion.
Mais comme c'était mon choix et ma décision d'être là, je me suis abstenue de tout commentaire et me suis même reproché d'y avoir pensé.
Bref, tout ce petit monde a mangé à la maison quand la copine retardataire nous a rejoint.
Quand ils sont partis, on a encore papoté un peu, et puis il a regardé ses mails, alors je suis allée me coucher, et me suis endormie avant qu'il ne me rejoigne au lit.
Et ce matin......
Ce matin, j'ai compris une chose supplémentaire.
De taille.
Ce n'est pas moi le souci.
J'ai cru longtemps (jusqu'à ce matin en fait) que ma fatigue et mon manque de temps me stressaient et me rendaient vulnérable, susceptible et parfois même agressive (dans certaines limites, puisque j'ai toujours une telle peur de l'image de ma mère que je me limite toute seule très très - trop - vite...).
Je me trompais complètement.
Enfin peut-être que ça a joué dans certaines circonstances, peut-être que ça a altéré ma capacité à tout endurer sans broncher.
Mais clairement, le problème n'est pas là.
Pas du tout.
C'est mon homme qui a un souci.
Juste pas un petit.
Ce matin, il a dû sortir de la salle de bain quand j'ai changé mon fils tellement il stressait.
Il ne supporte rien. Un enfant, ça a envie de jouer. C'est légitime.
Légitime aussi qu'il n'ait pas envie d'arrêter spontanément de jouer juste parce que son papa lui dit que c'est l'heure de s'habiller pour aller à la crèche.
Je ne dis pas qu'il faut le laisser jouer.
Juste qu'il ne faut pas devenir fou s'il râle ce petit.
Mais voilà, mon homme est devenu fou.
Alors il est sorti pour ne pas exploser.
Et puis les incapables qui font les travaux dans notre salle de bain sont arrivés.
Ce qui lui a rappelé à quel point ça le stressait aussi cette histoire.
Alors le petit déjeuner d'anniversaire de mon fils a été gâché par son père qui ne pouvait s'empêcher de ressasser son énervement contre ces bons à rien.
Là aussi je suis restée calme. J'ai allumé les bougies de mon fils, joué avec lui à les souffler, les enlever, les remettre, les rallumer, etc.
Mais je commençais à me sentir envahie d'une immense vague de peine.
Et puis à la fin de notre petit déjeuner, c'est moi qui suis allée voir les ouvriers pour faire le point sur tout ce qui n'allait toujours pas.
Avec mon fils dans les bras.
Qu'est-ce que je disais hier ? Ah oui, que ça ne me dérangeait de m'occuper de tout toute seule.
Je confirme.
Mais alors si je m'occupe de tout toute seule, pourquoi est-ce que c'est mon homme qui peste une fois que j'ai fini de tout régler ?
J'ai fait un magnifique gateau rigolo à mon fils hier.
Le mercredi, on covoiture. Normalement, c'est LE jour où mon homme se charge de déposer son fils à la crèche après m'avoir larguée devant mon bureau.
Mais je me suis abstenue de le lui demander, vu qu'on était déjà en retard, qu'il y avait le gateau à déposer en plus, que sa patience était déjà largement entamée, etc.
Donc c'est moi qui conduisais.
Il fallait alors que lui s'occupe de tenir le gateau.
Mais il voulait le mettre dans le coffre.
Comme ça, sur le plateau.
J'ai dit que je ne voulais pas, que je voulais qu'il le prenne sur ses genoux, il n'était pas content.
Il a posé le gateau sur le toit de la voiture le temps de faire autre chose, et m'a dit, sarcastique "tu le tiens, il pourrait glisser".
Je n'ai pas compris tout de suite, j'ai donc répondu innocemment que non, il m'avait l'air d'être posé bien droit, et il m'a lancé, plein d'ironie "oh ben tu sais, il a déjà failli glisser du coffre, alors on ne sait jamais".
Je n'ai rien dit, je ne savais même pas quoi répondre.
Une fois installés, je lui ai demandé si ça allait (gentiment, encore...), il m'a répondu (sans ironie cette fois) que c'était à moi qu'il fallait le demander.
J'ai répondu, gentiment, toujours, que je me rendais compte que moi j'allais bien, que c'était lui qui n'allait pas très bien.
Il a répondu qu'il était d'accord.
Et puis on est passé à autre chose, comme si de rien n'était.
Et quand je l'ai déposé, il a "oublié" de me dire au revoir et de dire au revoir à son fils.
J'ai fait la maman modèle jusqu'à la crèche.
Mais j'avais les larmes coincées dans la gorge.
Soyons positifs, je ne ressens plus de colère.
Et j'ai ciblé le problème.
Reste à savoir quoi faire.
Je vais discuter avec lui. Je suis sûre qu'il a réellement compris qu'il avait un souci de stress.
Il n'était pas comme ça avant.
S'il ne supporte pas que notre enfant soit un enfant, on est mal barrés.
Je n'ai même pas osé lui dire que j'avais mes règles.
Parce qu'il va être déçu, mais que je vais avoir envie de lui dire que je réfléchis de plus en plus à laisser tomber mon traitement.
Parce que je ne sais pas si on survivrait à un deuxième petit miracle.
Parce qu'il n'y a peut-être que moi qui sache à quel point ce petit garçon est un miracle de notre vie.
Mais suis-je capable de renoncer ?
Ok, je ne suis pas sortie de l'auberge. Vraiment pas.
mardi 22 février 2011
Le temps de penser.
Ca me fait vraiment du bien la solitude, j'ai retrouvé le temps de penser.
De faire des choses qui me font du bien aussi.
Bref, mon coeur et ma tête se portent beaucoup mieux.
Et je suis vraiment heureuse d'avoir pu réfléchir tranquillement à tout ce qui me tracassait tellement et me maintenait dans une colère sourde mais omniprésente.
Ces quelques jours seule avec mon fils m'ont fait prendre conscience de plein de choses.
Pour commencer, j'ai pris conscience que m'occuper de tout toute seule ne me pose pas le moindre souci. Que je le fais même avec plaisir.
Bien sûr, j'ai pris un peu plus de temps, ce qui joue aussi là dedans.
N'empêche que j'en suis arrivée à la conclusion que quand mon homme est là, ce n'est pas le fait de devoir tout faire qui me met en colère, mais le fait de me dire qu'il devrait en faire plus.
Ce qui ne revient pas au même du tout.
On parle beaucoup des conséquences de siècles d'éducation machiste sur la psychologie féminine.
On ne parle jamais des conséquences de la pensée féministe sur l'entente d'un couple.
Parce qu'au final, je me rends compte que si je ressens cette colère, c'est à force d'entendre les autres me dire que je ne devrais pas me laisser faire.
Et bien non, je ne me laisse pas faire. Je fais comme ça me plaît.
Il y a bien sûr des soucis, le principal étant mon manque de temps.
Alors j'ai réfléchi à de nouveaux petits aménagements dans mon organisation personnelle.
Parce que si un jour par semaine, je rentre chez moi à la pause de midi, je crois bien que ça changera beaucoup de choses.
Et ça me donnera une respiration sans homme et sans enfant, tranquille, chez moi.
Je crois que j'ai choisi mon homme en sachant qui il est.
J'ai choisi de faire un enfant avec lui en sachant tout ça.
C'est en cours de route, à force de me répéter certaines choses pas forcément justes, que j'ai perdu de vue tout ça.
Que j'ai commencé à lui en vouloir et à être en colère.
Je ne dis pas qu'il est parfait, je sais qu'il ne fait rien, ou presque, je sais qu'il est distrait, qu'il est dans son petit monde. Qu'il stresse pour des broutilles et ne réagit pas pour des trucs importants.
Qu'il fait peser sur mes épaules le poids de ses soucis. Sans jamais me décharger des miens.
Mais la vraie raison de ma colère, ce n'est pas lui.
Je suis frustrée par le manque de temps.
Et si je suis vraiment honnête, ce n'est pas mon homme qui pourra changer grand chose à ça, mais moi seule.
Je voudrais pouvoir me débarrasser de ce truc qui reste là, juste coincé entre mon coeur et mon estomac et qui voudrait sortir d'un bond à la moindre contrariété.
J'imagine qu'avoir pu réfléchir à tout ça est un premier pas important.
Ca ne résout pas tout.
Mais j'espère ne pas me tromper en me disant que ça va adoucir un peu mon quotidien.
dimanche 20 février 2011
Dimanche
Oui, on est dimanche, et je ne sais pas encore trop ce que je vais écrire ici, alors voilà. Dimanche.
J'ai passé un chouette samedi. Même si j'ai été piégée par ma belle soeur et que j'ai donc été dîner chez elle.
Mon Tinamour était si heureux de les voir, elle et ses enfants, que je ne regrette pas le moins du monde.
Aujourd'hui, peut-être que mes parents viennent.
Peut-être seulement parce que ma mère est tombée dans les escaliers et a une méchante entorse.
Je lui ai suggéré de rester tranquillement à se reposer chez elle, d'autant que jeudi, ils partent à l'autre bout de la France voir ma toute nouvelle nièce, mais elle n'est pas encore décidée.
Ca m'agace un peu de ne pas savoir, m'enfin pas plus que ça.
Tinamour est heureux. Il est un peu malade, mais heureux.
Il n'y a rien de plus extraordinaire que de voir le bonheur dans ses yeux.
Rien.
Mon homme.
Ca nous fait effectivement du bien qu'il soit un peu absent.
Mercredi soir, et jeudi, j'étais dans une telle rage que je me suis abstenue de venir vider mon sac ici, ce qui m'aurait probablement fait un peu de bien quand même, mais parfois, ça fait quand même peur de lire sa propre colère.
Parce que mercredi, il n'y avait que moi qui avait pensé à notre "dernière" soirée avant son départ.
Il est à peine rentré pour voir son fils avant qu'il ne soit couché.
J'en aurais pleuré de tristesse pour mon Tinamour.
Qui s'en fiche sûrement, mais quand même. Ca m'a fait tellement de peine de voir qu'il n'avait pas intégré dans son fichu emploi du temps de passer un peu de temps avec son fils avant de partir.
Mais c'est sûrement parce que je réagis en fonction de moi, et que moi je crèverais de partir comme ça.
Il s'en fichait aussi de "notre" soirée, puisqu'au final, il n'a fait que préparer ses affaires, régler les trucs de boulot qu'il n'avait bien sûr pas réussi à faire avant, etc.
On s'est donc couchés très tard (parce qu'évidemment, pas moyen de dormir quand il s'agite comme ça...) et levés très tôt jeudi matin.
Il s'est rendu compte qu'il avait oublié la monnaie de là-bas. Pas grave, il pouvait tirer des sous et changer en arrivant.
Ah ben oui, mais il avait aussi oublié de demander au banquier d'enlever la limite de retrait.
Alors je lui ai donné ma CB pour doubler ses chances.
Ils sont partis très en retard.
Se sont étonnés de n'avoir pas le temps de prendre un bon petit déjeuner tranquillement à l'aéroport.
Il n'a pas été jeter un oeil à son fils. Pas dit un mot à son sujet avant de partir.
Je lui avais demandé de m'envoyer un sms pour me dire que tout était bon, qu'ils n'avaient pas raté l'avion.
Oublié bien sûr.
Alors j'étais enragée.
Contre moi aussi, parce que quand j'ai refermé la porte de la maison après son départ, j'ai pleuré de tristesse qu'il soit parti.
Alors aux larmes de tristesse se sont mêlées des larmes de colère.
Et puis mon petit bonhome s'est manifesté, alors j'ai essuyé tout ça et je suis allée le chercher.
Au fur et à mesure du temps qui passe, le calme me retrouve, même si je sais que tout reste juste là, sous la peau.
Mais cette petite parenthèse me fait du bien.
Parce que quand mon fils me demande de regarder les vidéos de son Papa, alors j'oublie tout ce qui me rend folle et je regarde cet homme que j'aime.
J'ai juste un peu peur que ma colère soit juste enfouie. Et qu'il ne faille pas grand chose pour aller la repêcher.
On verra.
En attendant, je vais profiter de mon dimanche avec mon fils.
mardi 1 février 2011
Moment de bonheur pur
Il y a des moments comme ça, où j'ai l'impression que je vais m'arrêter de vivre à force de retenir ma respiration, de peur de trouble le merveilleux de ce qui est en train de se produire.
Hier soir, mon petit garçon était debout sur sa table à langer, et a entrepris de s'amuser avec mes cheveux, d'abord pour me faire un shampooing (sans shampooing, ouf !), et ensuite, juste pour s'amuser.
Ses petites mains qui m'effleuraient le crâne, si doucement et tendrement, sa petite voix si douce qui chantonnait et me disait "cachés z'yeux" puis "coucou z'yeux"....
A pleurer.
C'était long. Merveilleusement long.
Je garde ce moment dans mon coeur, et je le chéris déjà si fort.
Tout comme je chéris sa petite voix qui me murmure "t'aime" en essayant de me faire le signe qui va avec.
J'ai beau savoir qu'il ne sait vraisemblablement pas ce que ça veut dire, je reste fière et si heureuse que mon petit bonhomme soit capable de dire ces quelques mots.
Moi qui ne les ai jamais entendus de ma famille.
Et puis, juste pour rire, ce matin, je sors de la voiture pour aller sortir mon tinamour à son tour, et pendant que je le détachais de son siège, il me dit "belle !".
J'étais déjà toute contente que mon fils me trouve belle, quand il a montré du doigt la POUbelle juste derrière moi en répétant "belle !"...... ;-)
Je l'aime.
lundi 25 octobre 2010
Larges épaules
Ca vient de me sauter à la figure.
J'ai un homme à la maison qui n'en fait pas des masses, vous le savez.
Il se trouve toujours de bonnes âmes pour me dire que je devrais un peu lui foutre des coups de pieds au derrière, que je me laisse faire, bla bla bla, qu'être parents à deux, c'est être parents.... à deux.
Les belles leçons.
Sauf que je viens de me rendre compte que ce sont exactement les mêmes bonnes âmes charitable qui m'ont expliqué en 2007-2008 que si je n'étais pas enceinte, c'était purement psychologique.
Quand je disais que c'était un peu facile et que c'était faire peser lourd sur les épaules des pauvres femmes que de toujours mettre ça sur leur psychologie à elles, on me répondait presque avec condescendance : "non, non, ne te sens pas jugée, ce ne sont pas des reproches, juste un constat..."
Efficace, non ?
Rien de mieux pour déculpabiliser des âmes déjà fortement destabilisée par le constat de leur fertilité hasardeuse.
Ces derniers temps, je ne sais plus si je l'ai déjà dit, mais comme on en a ras le bol de répondre aux questions des gens sur le petit deuxième, on clôt le débat en disant que c'est la nature qui fait que non, pas de petit deuxième en route pour le moment.
Ca a le mérite de généralement faire changer de sujet.
Tant pis pour la gêne évidente des gens qui reçoivent cette information.
Mais voilà que revient le spectre de la psychologie de la femme qui empêche bébé 2 de venir faire son nid.
Ca m'avait déjà sérieusement gonflée.
Mais quand en plus une de ces personnes vient me mettre en pleine tête que les soucis de santé de mon fils viennent probablement de mes propres angoisses, alors là, je n'arrive plus à me taire.
Non mais ça va bientôt s'arrêter ce cercle infernal ?
On est parents à deux, mais tous les soucis viennent de la femme ?
Ca ne choque personne ça ?
Alors je résume les propos d'une seule et même personne :
- dis, faudrait peut-être que tu remues ton homme là, qu'il fasse aussi un peu quelque chose à la maison !
- dis, tu sais que c'est sûrement purement psychologique que tu n'arrives pas à faire de bébé ?
- dis, tu sais que si ton fils a des soucis, faudrait peut-être que tu soignes tes angoisses pour le soigner aussi ?
- dis tu sais que si tu n'as pas de deuxième bébé, c'est à cause de toi ?
Hé mon gars, t'as pas l'impression que tout tourne autour de moi là ?
Alors ne t'étonne pas que je ne te réponde plus quand tu aborderas les sujets personnels, d'accord ?
Non mais c'est un monde ça !
Je n'aurais pas mieux dit
"Vous dites : c'est fatigant de fréquenter les enfants.
Vous avez raison.
Vous ajoutez : parce qu'il faut se mettre à leur niveau, se baisser, s'incliner, se courber, se faire petit.
Là, vous avez tort. Ce n'est pas cela qui fatigue le plus.
C'est plutôt le fait d'être obligé de s'élever à la hauteur de leurs sentiments. De s'étirer, de s'allonger, de se hisser sur la pointe des pieds. Pour ne pas les blesser."
Janusz Korczak
Avec un immense bisou d'amour à mon petit être merveilleux.
Je ne laisserai jamais qui que ce soit dire des choses méchantes sur toi.
Pas tant que tu ne les mériteras pas en tout cas.
Au diable les incompétents, les faibles, les insensibles et les ignares.
Je t'aime.
mardi 5 octobre 2010
Mais que veux-je faire ?
Pourquoi aujourd'hui je me torture l'esprit avec ce type de question ?
Deux pistes :
- parce que je suis en pleine période ovulatoire, que par conséquent, j'ai littéralement envie de sauter sur tout ce qui bouge, et que j'essaye donc de détourner mon attention de ces envies complètement ingérables ;
- parce que j'en ai marre de soigner les bobos de tout le monde qui débarque dans mon bureau avec des états d'âme qui sont tous trop les mêmes.
Je les comprends ces états d'âme, j'ai à peu près les mêmes.
Mais j'en ai marre de ne plus savoir quoi leur répondre sans me répéter, marre de faire un métier qui n'est pas le mien, marre d'avoir à gérer ça parce qu'UNE personne, une seule, fait sa crise de "je suis aigri comme pas possible parce que je sens bien que ma carrière politique touche à sa fin et que je n'ai pas eu ce que je voulais avant le clap de fin".
Bref, mais je m'égare.
Cet homme-là a au moins le mérite de me faire me rendre compte que finalement, non, je ne sauterais pas tout à fait sur tout ce qui bouge. J'ai des limites quand même.
Ouf.
Donc je disais.
Ce que je voudrais faire.
Je me sens tellement girouette que j'en ai le tournis.
Je voudrais être, dans le désordre :
- directrice de crèche
- pilote de rallye
- instit en maternelle
- femme au foyer
- directrice d'hôpital
- directrice de maison de retraite
- psychologue (ou autre truc commençant par psy d'ailleurs)
- journaliste
- écrivain
- sociologue
- ..........
Et cette liste ne date pas d'hier.
Y a bien deux trois trucs que je pourrais raisonnablement rayer parce qu'il faudrait recommencer tellement d'études que....
Mais en même temps, j'ai beau faire, je me dis que c'est se mettre des barrières où il n'y en a pas.
Je peux très bien arrêter de travailler et me mettre à apprendre tout à fait autre chose.
Sans compter qu'avec mes diplômes, je dois avoir quand même quelques équivalences par ci par là.
Mais je suis là, je ne fais rien pour changer, j'attends.
Comme si tout ça allait se décider tout seul à ma place.
Comme si j'en avais marre de décider, de faire des choix.
Comme si j'avais envie que tout se fasse tout seul, pour une fois.
J'ai pas fini d'avoir le tournis.
mardi 21 septembre 2010
"Ne te fais pas remarquer"
C'est la petite phrase, toujours la même, toujours dans la même bouche : celle de ma mère.
J'ai pris beaucoup de recul, je suis capable de l'écouter me dire tout un tas de choses sans broncher, juste pour avoir la paix.
Je l'appelle le soir, sur le chemin du retour de la crèche, comme ça, je ne "perds" pas de temps.
Je rentabilise le trajet dirons-nous.
Mais parfois, c'est plus fort que moi. Les circonstances, mon humeur, tout ça.
Hier soir, c'était le cas.
Elle me demandait si Tinamour avait bien mangé à la crèche. Non, il n'a rien mangé, comme trop souvent à la crèche.
Elle a éclaté de rire.
Un autre jour, je serais simplement passé à autre chose. Mais juste là, non.
Parce que non, ce n'est pas drôle que mon fils ne mange pas.
Je suis restée calme mais lui ai néanmoins expliqué un peu la situation, pour qu'elle comprenne qu'elle n'est pas si hilarante que ça.
Mon fils et son reflux, ils n'aiment pas les choses à texture "entre deux".
Il peut manger des trucs "durs" : du pain, des biscuits, des chips, etc.
Il peut manger des trucs lisses : yaourts, compotes, purées, le tout mixé jusqu'à ce qu'il n'y ait plus le moindre petit morceau.
Mais tout ce qui est entre ça, ça ne passe pas.
Les morceaux de fruits, de légumes, le fromage, y a pas moyen.
Il essaye, mais ça ne passe pas.
Dans la section des petits, ce n'était pas grave, il continuait à manger comme les tout petits bébés.
Mais chez les grands, ça ne marche plus comme ça.
S'il mange, c'est bien, sinon, tant pis pour lui.
Pire que ça.
On m'a sorti la semaine dernière que dorénavant, c'est : "petit repas, petit goûter".
Oui, parce que jusque là, s'il ne mangeait rien ni à 10h ni à midi, il avait au moins un petit quelque chose en plus au goûter de 16h.
Maintenant, c'est fini. Mais en plus, 3 fois sur 4, au goûter de 16h, il y a aussi un truc qu'il ne mange pas.
Alors je le récupère le soir, il n'a rien mangé depuis son biberon du matin, si ce n'est un petit morceau de pain, et encore, pas si ce n'est pas prévu au menu du jour.
Il est toujours de bonne humeur, mais il a faim.
Très faim.
Et même s'il mange bien le soir, reste qu'il n'a pas assez mangé dans la journée pour que ça tienne la nuit.
Alors il se réveille, et crie "aaaammm !!!"
Ca me fend le coeur.
Mais tant que ce n'était que ça, j'acceptais.
Le hic, c'est que je remarque que son comportement vis à vis de la nourriture commence à changer.
Comme s'il commençait à associer le moment du repas à quelque chose de désagréable, de frustrant.
Et là, ça commence à me titiller sérieusement.
Parce que je sais les dégâts que ça peut occasionner. Je sais jusqu'où ça peut amener.
Et je ne veux pas de ça pour mon petit amour.
Je veux que le repas soit un chouette moment. Qu'il mange ou non. Mais que jamais il n'associe la nourriture à un enjeu.
Alors je ne sais pas trop quoi faire.
Je ne suis pas allée aussi loin dans les détails avec ma mère. Pas envie de débattre avec elle de sa façon de faire à elle. Puisque je suis aussi persuadée que c'est le pire qu'elle est persuadée que c'est le mieux.
Mais je lui ai quand même dit que je laissais passer encore cette semaine, mais que si rien ne changeait, je prendrai rendez-vous avec la directrice de la crèche pour trouver une solution, quitte à aller le chercher le temps du repas pour lui donner moi à manger.
Et c'est là qu'est sorti son "ne te fais pas remarquer".
Et c'est là que j'ai perdu mon calme.
"Ne te fais pas remarquer" ???? Mais ça veut dire quoi ça ?
A cause d'elle, je fais toujours tout ce que je peux pour ne déplaire à personne, je me plie en quatre pour entrer dans les places laissées par les autres, je me glisse dans leur vie et leur emploi du temps pour surtout ne pas déranger.
Je me soigne. Mais c'est dur de dépasser toute une éducation de ce genre.
Et j'ai laissé passer beaucoup de choses à la crèche, parce que je sais encore faire la part des choses entre l'important et l'accessoire.
Mais quand c'est la santé immédiate et future de mon fils qui est en jeu, je ne sais pas, moi, mais il me semble que j'ai le droit de penser que j'ai mon mot à dire.
Et que si je dois me faire remarquer pour ça, et bien je peux, non, je DOIS le faire !
Alors évidemment, ma chère maman m'a dit que ce n'était pas la peine de s'énerver comme ça avec les nounous de la crèche.
Mais comment te dire Maman ??? Je ne m'énerve pas avec les nounous de la crèche, je ne m'énerve qu'avec toi. Parce qu'il n'y a que toi pour m'exaspérer à ce point.
Parce que quand il s'agissait de me faire remarquer par mes bonnes notes, mes études, mes résultats sportifs, et tout ça, là, bizarrement, je ne l'ai pas entendue ta petite phrase fétiche.
Alors pour une fois, essaye de mettre les choses à leur place, de voir où est l'important, et surtout, Maman, surtout ne t'avise pas de rigoler la prochaine fois que tu apprendras (d'une autre bouche que la mienne, moi, je ne t'en parlerai plus) que Tinamour n'a rien mangé de la semaine à la crèche, parce que je ne suis pas sûre de ne pas me faire remarquer si tu fais ça.
Et puis tant qu'on y est, j'aimerais aussi que tu arrêtes de rire quand on te dit qu'il s'est levé à 4h, ou qu'il n'a pas dormi parce qu'il avait mal aux dents.
Que tu arrêtes de rire quand je te dis qu'il est malade.
Réserve donc tes rires pour les moments vraiment drôles. Tu sais, ces moments que tu fiches toujours par terre parce que tu ne peux t'empêcher de jouer la rabat-joie...
Tu sais ce qui serait vraiment bien ? Que tu arrêtes de te faire remarquer.
vendredi 29 janvier 2010
Vrac
- Le matin, en ce moment, une fois que j'ai déposé mon Tinamour à la crèche, je m'arrête à la première petite vitre et je le regarde sans qu'il ne me voit.
C'est indescriptible ce qui se passe dans mon coeur, ce mélange de fierté, de reconnaissance, de bonheur, d'espoir, tout ça qui se dispute la meilleure place, pendant que j'observe ce petit bout d'homme qui joue tranquillement, qui galope vers un petit copain, qui tape avec sa main dans une balle et file la chercher à 4 pattes pour mieux recommencer, ou qui regarde simplement attentivement ce qui se passe autour de lui.
C'est mon petit garçon, il a sa petite vie en dehors de moi, c'est bouleversant tellement c'est incroyable.
J'ai fait un petit homme et il apprend à vivre. Mon Dieu, je prie tellement fort qu'il ne lui arrive rien !!!
- Après quatre dents sorties en moins d'une semaine, je viens d'avoir les trois meilleures nuits de sa vie.
Pourvu que ça dure, parce que la fatigue me rend moins patiente.
Pas avec lui, mais avec tous les autres.
J'ai du mal à ne pas m'énerver quand une collègue peste contre la sécu qui ne rembourse pas intégralement un séjour hospitalier.
Je suis d'accord avec elle, je rêve tellement d'une mane qui viendrait du ciel et qui permettrait à chacun de se faire soigner par les meilleurs médecins, dans les meilleures conditions, sans que qui que ce soit ait à débourser le moindre centime.
Mais quand je lui demande si elle accepte que ses prélèvements de cotisations soient augmentés, elle dit "on paye déjà bien assez !!!"
J'ai du mal aussi à ne pas m'énerver contre mon homme d'amour dans de multiples petites situations.
Du mal notamment à ne pas lui faire remarquer que ce matin, en lui disant de rester au lit (le pauvre est sorti hier soir, il est fatigué...), j'ai gagné près d'une demi-heure sur mon temps de préparation et celui de Tinamour.
Du mal à ne pas me dire que du coup, on devrait peut-être zapper le p'tit déj ensemble plus souvent...
Je me dis tellement qu'être à deux devrait nous faire gagner du temps au lieu de toujours m'en faire perdre.
Bref, j'ai du mal. Mais je tiens bon, je ravale mes mauvais commentaires, et je me dis qu'avec un peu de chance, avec moins de fatigue, je pourrai lui en parler tranquillement au lieu de m'énerver maintenant, ce qui ne mènerait à pas grand chose.
- demain soir, nous sommes invités aux 40 ans d'un ami de mon homme. Ce sont des gens que j'apprécie beaucoup.
Mais ça signifie que je vais devoir laisser mon petit bonhomme chez ma belle soeur.
Je suis étonnée de ne pas être plus angoissée que ça à cette idée. Il faut dire que je me focalise surtout sur la fatigue que ça va engendrer chez moi cette sortie tardive...
Et puis je me dis qu'en étant en route pour récupérer mon petit crapaud, je vais avoir un tel bonheur dans le coeur que ça vaut bien cette petite absence.
J'espère néanmoins que ça va bien se passer, mais j'ai bon espoir !
- Je suis heureuse de pouvoir relire certains qui me manquaient beaucoup grâce à la création du blog des Non-Blogueurs.
Mais je reste en manque de Malika et de l'Ex-Alcolo.
Parfois je me dis que c'est bête de m'attacher comme ça.
Mais je n'y peux rien.
Vous me manquez...
Un peu comme quand on ne sait pas ce qu'est devenu un ami.
- j'ai arrêté de prendre la pilule. Je ne suis pas vraiment hyperfertile, alors je ne m'attends pas à des miracles, mais c'est un changement malgré tout.
Il va quand même falloir que je finisse par aller faire une prise de sang et une écho, non pas pour une éventuelle grossesse, mais parce que je pense que ma chance incroyable fait que je vais peut-être devoir me faire opérer de l'appendicite.
Pile au bon moment évidemment...
Pour l'instant, ça me fait tellement angoisser que je préfère repousser.
Pas malin, je sais bien.
Je me motive, je ne vais pas tarder à y aller.
Il faut donc que je prépare quelque part tout un tas de trucs pour parer à une éventuelle absence de quelques jours.
Bon, mais ce n'est pas la fin du monde non plus.
Et puis ce qui est fait n'est plus à faire !
Bon, allez, au boulot !
lundi 26 octobre 2009
Cumul

Mouais, je sais, je viens toujours ici quand j'ai besoin de me plaindre...
Ben oui, mais là, il est 1h11, alors je ne sais pas bien vers qui d'autre me tourner pour raconter mes petits soucis, alors me voilà !
Pour commencer, depuis lundi, j'étais vraiment patraque, alors j'ai fini par aller chez le médecin mardi matin, pour m'entendre dire que j'avais la grippe.
Bon, alors elle n'est pas comme ça, ma doc, elle m'a dit A-H1N1 ou pas on s'en fiche, ça se soigne pareil, c'est comme une rhinopharyngite, je ne vais quand même pas envoyer tous mes patients faire des exams, d'autant que pour l'instant, point de grippe A dans notre coin, donc bref.
Mais ça, on s'en fiche.
Mercredi, ça n'allait vraiment pas mieux, et puis ça a été la première vraie nuit de cauchemar : pas une seule pauvre petite minute de sommeil de la nuit. Rien, nada, niet.... A en pleurer de désespoir.
Tout ça parce qu'il ne se passait pas plus de 15 ou 20 secondes sans que je ne tousse.
Alors jeudi, je suis retournée chez le doc, avec mon fils sous le bras, puisque lui aussi toussait un peu. Et puis mieux vaut prévenir que guérir...
Bref, nouveau traitement, mais malgré tout ça, j'ai encore passé deux nuits sans dormir du tout, et sans pouvoir pour autant me reposer la journée puisque je toussais tout autant la journée.
J'ai commencé à comprendre pourquoi on parlait de privation de sommeil comme moyen de torture efficace.
Et puis la nuit dernière, ça a été mieux.
Pas le nirvana bien sûr, d'autant que les nuits de mon tinamour sont catastrophiques depuis quelques jours (dents ? cauchemars ?), mais j'ai pu rester au lit au lieu de passer la nuit assise sur mon canapé, et déjà ça, c'était un bien bon début.
J'ai donc passé un chouette dimanche plein d'espoir renaissant.
Et puis avant de me coucher, je me mets mon truc dégueu dans le nez, je me mouche, et là AÏE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Mon tympan !!!!!
Ca a fait un gros chuintement dans mon oreille gauche.
Bon, ça faisait mal, mais je me suis quand même couchée, et après une heure de toux, j'ai fini par m'endormir.
Sauf que je me suis réveillée de douleur.
Horrible, atroce, je ne sais même pas comment décrire ça.
A tel point que j'ai appelé les urgences pour savoir quoi faire, et pour savoir justement si c'étai une urgence...
Non qu'ils ont dit, juste prendre un antalgique costaud et attendre demain matin pour aller chez un ORL.
Youpi tralala. Attendre.... Encore une nuit sur mon canapé.
Sérieusement, je me demande depuis quelques jours où je vais chercher la force de tenir encore debout.
Et puis pour être honnête, je suis certes bien fatiguée, mais dans la journée, je suis quand même plutôt en forme :-/
Moi je dis, une maman, ça a quand même des réserves insoupçonnées !
Bon, mais faudrait pas trop puiser dedans quand même, j'imagine....
Sur ce, je vais allumer ma télé, et constater que la nuit, c'est toujours aussi....... Vous voyez....
Vais voir ce qu'on a comme film.
Bon ben bonne nuit....
mercredi 19 août 2009
Je voudrais une maman
Je vais faire dans le mélo aujourd'hui, désolée....
Je suis triste.
Pour pas grand chose en fait.
Hier matin, j'ai appelé la crèche pour savoir comment allait se passer la période d'adaptation de mon fils. Et c'est donc demain qu'on commence.
Ok, c'est pas comme si je découvrais que mon bébé allait être gardé et que j'allais recommencer à travailler.
Mais là, me dire que ça y est, on démarre ça demain.... Ca m'a fendu le coeur. Alors j'étais là, le téléphone dans la main, les larmes qui coulaient en faisant la course sur mes joues, et j'avais besoin d'une épaule.
Alors j'ai envoyé un message sur msn à mon homme.... Décidément, c'est pas notre ami msn....
Quelques minutes après, il a téléchargé les fichiers que je lui avais envoyés suite à sa demande. Mais il n'a pas répondu à mon appel de détresse.
Rien. Même pas un mot pour se moquer de mon chagrin de maman.
RIEN.
Et pour une fois, je n'arrivais pas à me dire que j'allais faire avec. Enfin sans...
Alors j'ai eu un réflexe d'une bêtise inqualifiable. J'ai appelé ma mère.
Bon sang, mais quelle idiote !!!!
J'ai tout entendu.
D'abord pour me dire que si je n'avais pas envie, je n'avais qu'à pas reprendre le boulot. Moui, mais on ne peut pas se le permettre, ou alors il faut déménager, et ça, j'ai pas envie.
Ben elle : "tu parles, avec tous vos projets, c'est que vous avez assez de fric pour que tu n'aies pas besoin de travailler"...
Les projets en question : mettre un portail à la maison et s'acheter une nouvelle voiture.
Quand on sait que nos deux voitures ont 9 ans et plus de 200 000 km chacune, je n'ai vraiment pas l'impression qu'il s'agisse là d'une dépense somptuaire....
Mais bon, passons. Le pire était à venir : de toutes façons, il est temps pour mon fils de voir autre chose que sa mère qui ne le laisse pas seul deux minutes, de toutes façons, je m'invente des histoires, mon fils n'a rien du tout, s'il pleure, c'est parce qu'il a bien compris que ça marchait bien pour que je m'occupe de lui, et s'il vomit, c'est parce que je lui donne trop à manger.
D'ailleurs, il a très bonne mine, ça se voit bien qu'il est en pleine santé, alors il est temps que j'arrête de raconter n'importe quoi.
J'étais abasourdie. J'ai juste réussi à glisser que peut-être que s'il avait l'air en bonne santé, c'est peut-être justement parce que je le soigne.
Mais non, ça n'existe pas de se ruiner la santé comme ça pour s'occuper d'un gamin, je suis vraiment ridicule, elle n'a jamais entendu de choses pareilles, etc.
Et puis bien sûr "et tu comptes allaiter jusqu'à quand, jusqu'à sa majorité ?"
Jusqu'à ce que je puisse en tout cas...
Parce que je ne peux pas allaiter mon bébé en direct puisqu'il revomit tout ce qui est liquide, donc je tire mon lait pour pouvoir l'épaissir.
Parce que les médicaments qu'il prend et qui suppriment l'acidité de l'estomac l'exposent par là-même à tous les microbes qui passeront par là, alors les anticorps de mon lait sont une bénédiction pour lui, et que je n'ai pas envie de l'en priver.
Et aussi parce que c'est le lait le moins acide, et que du coup, ça aide à faire cicatriser son oesophagite.
Mais tous ces arguments, c'est du vent pour elle.
Mais elle croit quoi ? Que je passe mon temps à me traire juste pour le plaisir ? Que ça m'amuse de ne pas pouvoir partir plus de 5-6h de chez moi parce qu'après ça, il faut que je tire mon lait ?
Enfin bref.....
Je ne comprends pas. Je sais que je suis stupide d'avoir composé son numéro. Il faut croire que sur le moment, j'ai juste pensé qe ça allait me faire du bien.
Mais quand même... Pourquoi tant de méchanceté...???
Bref.
Après ça, l'après-midi, nous avons été dans des magasins de brico et déco pour trouver des trucs pour la chambre de mon tinamour.
Mais nous étions partis à 12h pour aller déjeuner chez un ami de mon homme.
Immanquablement, vers 18h, ma poitrine me faisait mal et fuyait.
Nous n'avions pas terminé nos emplettes, mais j'ai demandé à mon homme de rentrer.
Il était fâché. Parce qu'il comptait bien encore aller dans un magasin d'instruments de musique.
Ce n'était pas le jour.
C'était genre "ouais ben j'ai compris, j'irai tout seul parce que sinon, on n'ira jamais".
Comme si j'étais contente moi de devoir rentrer plutôt que de trouver des rideaux pour la chambre de mon loulou !
J'ai l'impression de tout le temps devoir me justifier.
Tant que c'est en dehors de la maison, c'est lourd, mais je gère.
Mais si ça commence à la maison.....
Et puis il n'y est vraiment pour rien sur ce coup-là le pauvre, mais la semaine prochaine, jeudi et vendredi, mon bébé sera donc respectivement 4h et 6h à la crèche.
Jusque là, ça sera progressif, et je pensais gérer émotionnellement.
Mais je m'étais dit que pour ne pas être trop triste le jeudi, et bien comme ça sera de 10h à 14h, ça aurait été l'occasion de nous faire un bon resto.
Ah mais non, il n'est pas là, il sera ailleurs, en formation.
Et le vendredi ?
Ah ben le vendredi aussi.
Alors allez savoir pourquoi, hier soir, j'avais vraiment l'impression que le monde se liguait contre moi.
Ce n'est rien dans le fond, j'en suis tout à fait consciente.
Je voudrais juste parfois avoir un peu de soutien.
Une épaule pour pleurer.
Et bien sûr, je n'ai rien dit à mon chéri, j'ai toujours peur de lui faire de la peine.
Et puis je savais bien que ce n'était pas le genre à savoir gérer les émotions des autres, alors si ça ne me plaisait pas, je n'avais qu'à pas m'engager avec lui.
Je ne regrette rien, je l'aime de tout mon coeur.
Mais ce matin, ma peine ne passe pas.
Je suppose que ça ira mieux demain.
Ou peut-être que ça n'ira pas mieux avant que je n'aie effectivement repris le boulot à temps plein. Parce que jusque là, je vais continuer d'avoir le blues.
Et puis il fait tellement chaud. On ne peut rien faire....
Bon, allez, j'arrête.
dimanche 1 mars 2009
Il est né !
"Notre petit bonhomme est né lundi 23 à 8h34, il va très bien, il est magnifique et plein de beaux cheveux bruns.
Sa maman va plutôt bien aussi."
Je profite de ce message pour souhaiter la bienvenue à ce petit bébé, qui, j'en suis sûre, sera source de joie, d'émerveillement, d'émotions et de grands chamboulements pour sa maman et son papa !
Et quand votre petit bonhomme vous empêchera de dormir la nuit, ne perdez pas la patience, mais savourez plutôt chaque instant que vous passez avec lui... on supporte ainsi beaucoup mieux la fatigue, et puis les petits bébés changent si vite !
Gros gros bisous et tous mes voeux de bonheur à cette nouvelle famille !
lundi 15 décembre 2008
Blabla
Quelques petites choses, en vrac, désolée pour les sauts du coq à l'âne :
- j'ai un petit bonhomme dans le ventre qui visiblement se trouve à l'étroit (pourtant Dieu sait que mon ventre est ENORME !) et qui me fait des bosses certes très rigolotes, mais ô combien gênantes...
Là, par exemple, il a un coude, ou une main, ou un genou, ou je ne sais quoi qui dépasse de ma taille, à droite.
Ben ça fait mal !!!
Et puis sa manie de jouer du xylophone sur mes côtes à toutes heures du jour et de la nuit...
Heureusement que je l'aime celui-là, parce que sinon !!!!
- mes parents sont venus samedi, on a été se promener dans les marchés de Noël du coin, on a fait quelques achats, ils nous ont gâtés, et on a presque échappé à la tension habituelle (ouais, presque, mais c'est déjà tellement mieux que rien !!!)
- bon sang que j'aime les marrons chauds !!!!
- Mon Dieu que l'Alsace est belle.... (et mon chéri aussi, mais ça, je dois déjà l'avoir dit !)
- je commence à remarquer que ma patience n'est plus aussi illimitée qu'elle peut parfois l'être...
Y a de plus en plus de jours où j'ai des envies de meurtres...
Ce qui me rassure, c'est que c'est toujours en rapport avec mon boulot ;-)
On me demande de faire des coupes budgétaires sur des postes que j'estime indispensables et pourtant encore trop peu développés à mon goût (l'animation jeunesse par exemple), pour parallèlement inscrire des sommes pharaoniques pour des projets certes grandioses, et tout et tout, mais qui ne devraient pas avoir droit de cité à un moment où on demande de rogner sur les dépenses indispensables !!!!!!!!!!!!!!!
Ca me fait sortir les yeux des orbites, ça me rend mauvaise, ça m'énerve, ça m'écoeure, enfin vous avez compris...!
- je me rends compte qu'à part ceux que je vois régulièrement, mes collègues et ma famille, je n'ai dit à personne que je suis enceinte...
Alors aujourd'hui, une copine qui est passée chez mes parents a appris la nouvelle, alors que je l'ai régulièrement au téléphone...
Ca lui fait drôle d'apprendre ça au bout de 7 mois...
Bon, mais moi j'y peux rien, c'est comme ça.
Déjà, je ne téléphone jamais aux gens (sauf ma mère, ma grand-mère et ma meilleure amie...), c'est eux qui m'appellent, alors en général, c'est qu'ils ont un truc à me raconter.
Et une fois qu'ils ont raconté tout ça, ben j'en ai généralement ras le bol d'être au téléphone, donc ça ne me vient même pas à l'idée d'en rajouter une couche !
Mais alors si vous saviez tout ce que ma mère lui a raconté !!!!
J'ai halluciné ! Elle connaît même des pans de ma vie que moi je ne connais pas du tout !!!
Enfin qu'elle raconte ma vie, déjà, dans l'absolu, bon... Mais qu'en plus elle invente des trucs ????
J'ai donc appris que nous avions déjà choisi notre poussette, parce que chéri étant grand, on ne pouvait pas prendre n'importe quel modèle.
Moi aux dernières nouvelles, j'ai surtout décidé de ne pas acheter de poussette tant que je n'en ai pas besoin....
Elle a dit qu'on avait acheté plein de choses, alors qu'elle est superstitieuse et ne veut rien savoir avant que bébé ne soit là.
Oui, ça, c'est vrai, on a remarqué. En revanche, moi je n'ai acheté qu'un transat...
Et puis encore je ne sais quoi d'autre qu'elle a sorti de son imagination, juste pour le plaisir de raconter...
Bon, ça fait des années que j'ai remarqué que ma mère a une tendance certaine à mentir pour tout et rien, mais quand même...
Samedi, on était à la maison, et avant de repartir, elle appelle ma grand-mère.
Et là, devant mon père, mon amour et moi, elle raconte à ma grand-mère qu'ils sont en route, que papa conduit, qu'il fait nuit noire sur les petites routes, mais que ce n'est pas gelé, que j'avais été contente, et blablabla.
Ok, c'est un mensonge sans la moindre conséquence.
Mais quel intérêt ???
Enfin bref... ma mère, quoi.....
- je suis très amoureuse de mon amoureux. Et j'ai toujours une impression étrange quand on est tous les deux, sur le canapé, blottis l'un contre l'autre.
Soit qu'on regarde la télé, soit qu'il joue ou qu'il trifouille sur son ordi, et que moi je me repose contre lui.
J'ai cette impression que je n'arrive pas bien à expliquer avec des mots...
Comme si nous étions deux réfugiés.
Deux enfants seuls au monde, arrivés par miracle dans cette grande maison.
Quand j'imagine tous les autres couples de la terre, qu'ils aient ou non des enfants, je vois deux adultes, responsables et ancrés dans leur vie.
Quand je nous regarde, je vois toujours des enfants qui se sont trouvés.
Un peu comme si nous étions hors du monde, hors du temps, hors de cette vie-là.
Comme si nous étions deux naufragés qui ont trouvé une île déserte tellement accueillante qu'ils n'ont plus besoin de se préoccuper de trouver un moyen de repartir sur la mer remplie de crocodiles.
Et quand j'essaye de nous représenter avec un enfant, cette image ne change pas. Je nous vois avec un bonheur encore plus merveilleux. Deux enfants émerveillés d'avoir la chance d'élever un petit bébé d'amour...
Grandirons-nous un jour ?
Chacun à notre façon, nous avons été élevés par une mère comment dire....... écrasante...
Nous avons eu deux façons totalement différentes de gérer ça, et nous avons emprunté des voies très opposées pour en arriver là où nous en sommes.
Mais sans doute que certaines traces dans nos coeurs sont les mêmes.
Sa maman n'avait pas la violence de la mienne. Mais une manière bien à elle d'orienter son fils là où elle voulait qu'il aille.
Depuis qu'il a fait connaissance avec ma mère, chéri se rend bien sur compte que sa maman n'est pas la personne terrible qu'il imaginait.
Peu importe la comparaison. L'important est la façon dont il a vécu ça étant petit.
Bref, je m'égare.
Je l'aime. C'en est presqu'incroyable... Moi qui m'étais tellement répété qu'il ne fallait plus jamais être amoureuse.
Moi qui croyais que se laisser aller à ses sentiments si forts menaient nécessairement à sa propre perte, je découvre la sérénité d'un amour pourtant tellement incroyablement fort.
Je me bouleverse toute seule en le regardant et en ressentant des choses si puissantes et qui font pourtant tellement de bien.
Je découvre qu'aimer peut se faire sans souffrance.
Je découvre le bonheur.
Tous les jours un peu plus, malgré tout ce qui nous entoure.
Parfois la petite voix dans ma tête me dit de me méfier, que je tomberai de très haut quand tout ça prendra fin.
Mais j'ai tellement envie de lui dire de la fermer à celle-ci !!!
mardi 28 octobre 2008
Les choix qu'on fait...
**** Petite note ajoutée après la rédaction de ce message : il est TRES long et vraisemblablement pas très intéressant... Typiquement un de ces messages dont l'auteur a besoin pour mettre des mots sur tout un tas de choses. Mais qui n'apporte rien d'autre...
J'ai qu'à pas le publier hein, je sais, mais je fais ce que je veux, non ;-)))****
Un petit tour par ici, pour faire part de mes élucubrations nocturnes...
Il fut un temps, quand je ne dormais pas la nuit, je me levais, je me faisais une boisson chaude, je m'enroulais dans un plaid tout doux, je m'installais sur le canapé, et je vous lisais, ou je cherchais des milliards de choses sur internet, ou je regardais une série pour me faire plaisir.
Là, je suis un peu paresseuse, alors je reste au lit.
Et quand on reste au lit et qu'on ne dort pas, on gamberge.
Ce n'est pas pour rien que je me levais avant... Pas envie de gamberger, moi !
Mais bref. Je me suis sentie incapable de me lever, alors j'ai pensé.
A plein de choses. Il paraît que la grossesse est une période propice à faire ressurgir tout un tas de choses.
Moi je me suis interrogée sur le chemin que j'ai parcouru jusque là.
Entendons-nous bien dès le départ sur le fait que je suis heureuse d'être où je suis, et je n'échangerais ma place actuelle pour rien au monde. RIEN !
J'aime un homme extraordinaire, de tout mon coeur, je porte un mélange de lui et de moi (rien que de l'écrire, ça me transporte tellement que j'en ai les yeux tout humides...), on a un chez nous qui nous plaît plus que de raison, enfin pas besoin de lister plus que ça, je suis heureuse, on est heureux, et je compte bien faire en sorte qu'on le soit encore longtemps...
Quand je suis en ville, sans lui, je ne peux m'empêcher de chercher ce que je pourrais lui rapporter pour lui faire plaisir. Rien que ça, ça me fait dire que l'amour que je lui porte n'a pas pris une ride.
Mais bref.
Ca, c'est juste pour bien établir que mes reflexions n'ont pas pour origine une insatisfaction ou un regret quelconque.
Simplement, pour la première fois de ma vie, je me suis dit que si c'était à refaire, je ne ferais PAS tout pareil.
Pour la première fois, je me dis que toute cette souffrance n'était pas utile.
Je sais bien que tout ça m'a mené où je suis.
Et c'est pour ça que jusque là, je me disais que ça en valait la peine.
Oui. Mais je me dis maintenant que si j'avais pu arriver là en prenant un autre chemin, je l'aurais fait.
Enfin j'aurais bien sûr PU le faire. Mais j'étais aveugle. Et visiblement déterminée par tout un tas de choses qui m'apparaissent maintenant clairement.
Les treize années de mon histoire avec Ex ont été faites de hauts et de bas. Et entrecoupées d'autres histoires. Ou peut-être devrais-je dire que d'autres histoires s'y sont superposées. Des deux côtés.
Et l'autre jour, en tombant sur facebook sur le nom d'un de ceux qui ont partagé ma vie à un moment donné, ça m'a ramenée... 9 ans en arrière.
Et je me suis interrogée sur ce qui a fait que cette histoire n'ait pas duré.
Jusqu'ici, je me disais simplement que si j'ai toujours fini par retomber dans les bras d'Ex, c'est simplement parce que je l'aimais plus que tout, que je l'avais dans la peau, malgré tout le mal qu'elle pouvait me faire.
C'est aussi pour ça que je me disais que j'endurais tout ça sans tout envoyer bouler.
Et finalement, je me dis que la pression sociale peut parfois jouer dans un sens bien étonnant.
Je me revois, fin 1999, ne sachant clairement plus quoi faire.
Petit rappel des faits, pour mémoire : été 1999, en vacances sur notre lieu de villégiature habituel...
Je tombe sur F, avec qui j'avais eu une petite histoire quand j'avais 16 ans. Cette petite histoire m'avait évidemment chamboulée, mais peut-être qu'un jour de nostalgie, je raconterai mes vacances d'été 1993, elles sont mémorables pour une ado ;-)
Bref, il revient avec ses parents dans notre chère résidence. Nous avons grandi, je le trouve toujours aussi beau, je n'ose pas aller vers lui, j'attends qu'il vienne. Ce qu'il fait très vite.
Après, tout ce dont je me souvienne, c'est qu'il m'a emportée dans un tourbillon.
Ex devait venir passer quelques jours avec moi après le départ de mes parents (le truc exceptionnel obtenu grâce à de soigneux mensonges très élaborés !). Mais elle était en "stage" sur la côte, et je savais bien que ce "stage" se faisait avec certaines personnes, et donc qu'elle ne serait pas très sage...
Je l'ai appelée, et lui ai dit que je ne voulais pas qu'elle vienne. Je ne sais pas encore aujourd'hui où j'ai trouvé le courage de faire un truc pareil... Je devais être sur un nuage.
Mes parents ont cherché à m'en faire redescendre... Ils sont repartis me laissant seule, certes, mais en embarquant tous mes papiers, tout mon argent, mes cartes de crédit, bref, m'ont laissée seule, anonyme et sans ressource.
Le beau F devant rentrer dans sa capitale pour son boulot, j'ai donc dû trouver des solutions pour pouvoir rentrer en train, sans papier, sans argent.
Mais quand on est sur un nuage, tout ça, c'est anecdotique.
Une très belle histoire a commencé. Je passais mes week-ends à faire des allers-retours en train ou en avion, ou alors lui venait dans mon petit F1.
Chez lui, nous étions chez ses parents, l'étage inférieure de la maison étant aménagé pour lui, en une immense chambre, un dressing, une salle de bain, et un salon.
Le tout donnant directement sur le jardin.
Bref, je vivais un rêve, la vie telle que je la voyais.
Je me promenais dans la rue en lui tenant la main (ça a l'air stupide, mais quand on a l'habitude d'être avec une personne du même sexe, ce genre de détail devient important...), nous sortions, seuls ou avec ses amis, je me sentais normale, je prenais confiance en moi, je devenais une autre moi-même, je changeais, dans le bon sens.
C'est aussi en ce début d'année universitaire que j'ai rencontré celle qui est toujours ma meilleure et si chère amie.
Un beau moment.
MAIS...
Voilà que le beau F m'appelle un matin, je me revois encore dans la voiture, dans la ville de mes parents. Et il m'annonce qu'il est envoyé en mission au Sénégal pour plusieurs mois.
Une sacrée aubaine professionnelle qui prouvait la confiance de ses nouveaux employeurs. Je ne pouvais que l'encourager.
Mais quand j'ai raccroché, j'ai eu peur. Parce que je savais que tout allait devenir plus difficile.
Et la grand-mère d'Ex est morte, et elle m'a appelée, en larmes, et j'ai accepté de la voir.
Et tout est donc effectivement devenu plus difficile.
F n'était dispo que très tard le soir (la nuit...) au téléphone. Je me ruinais pour pouvoir lui parler quelques minutes, au milieu de ma nuit.
J'étais épuisée, physiquement et nerveusement. Quand il est revenu pendant quelques temps avant de repartir, je jonglais entre elle et lui, en inventant des mensonges plus gros que des maisons pour me justifer de ne pas passer tous les week-ends en leur compagnie.
Je sortais d'un week-end avec l'un résolu à passer ma vie avec lui, et je changeais d'avis en passant le week-end suivant avec l'autre.
Peu avant la fin de l'année, mon beau F devait revenir définitivement à Paris. Il fallait donc que je décide avec qui je passerais le fameux réveillon de l'an 2000...
Vu de l'extérieur, ça fait un peu "pauvre petite fille riche". Parce que devoir choisir entre deux amours, ça doit sembler bien superficiel comme problème.
Mais vécu de l'intérieur, je n'étais vraiment pas bien. A tomber dans des extrêmes inquiétantes.
Et ce qui m'est apparu clairement la nuit dernière, c'est que le choix a été fait sur de mauvaises bases. J'ai enfin compris que si j'ai choisi EX, ce n'était pas parce que l'amour que j'avais pour elle dépassait tout.
Mais à l'époque, choisir entre les deux revenait aussi à choisir un homme ou une femme. A faire un choix de vie.
La simplicité est vite trouvée entre les deux...
Mais à force de se dire ça, quand on penche vers l'homme, on finit aussi par se dire qu'on ne penche vers lui que parce que c'est ce qui sera le plus facile à vivre. Et que si on laissait cet aspect de côté, alors la balance pencherait de l'autre côté.
Et voilà comment j'ai appelé le beau F, juste à son atterrisage à Paris, pour lui dire que je ne le rejoindrais pas. Plus.
Il me disait qu'il voulait vivre sa vie avec moi. Et je l'ai jeté par téléphone, alors qu'il pensait qu'il allait me serrer dans ses bras à sa descente de l'avion...
Quelle horreur.
Et je suis donc retournée avec Ex, parce que j'avais l'impression que si je faisais autre chose, ça serait succomber à la pression sociale.
Et j'ai souffert, beaucoup plus encore que je ne pouvais l'imaginer à ce moment là, alors que je pensais déjà endurer plus que je ne devrais...
Les autres qui ont jalonné mon parcours, je ne ressentais pas pour eux ce que je ressentais pour mon beau F.
Les choix ne se sont donc pas posés de la même façon.
Mais l'histoire s'est quand même répétée... Notamment lors d'une histoire avec un bel étranger avec qui j'ai vécu pendant plusieurs mois (à l'étranger...) avant qu'il ne parte aux Etats-Unis pour ses études. Je l'ai accompagné là bas pour le premier mois, et en revenant, avec 6 000 km qui nous séparaient, tout est devenu plus flou.
Mais je concède que les sentiments que j'avais pour lui étaient moins.... Enfin ils ne faisaient pas le poids.
Tout ça pour dire que je me suis dit que je n'avais fait ce choix, fin 99, que parce que je croyais que si j'en faisais un autre, je ne faisais que céder à autre chose qu'à mon coeur.
Et aujourd'hui, alors que je suis enfin capable de reconnaître que l'amour n'a pas été la seule raison de ces choix, je me demande à quoi ma vie ressemblerait si j'avais eu le courage d'aller vers celui vers qui mon coeur me transportait à ce moment-là.
Je me demande comment je serais aujourd'hui, si je n'avais pas traversé ces années supplémentaires de souffrance.
Et puis j'en arrive à souhaiter n'avoir pas tant souffert.
Parce que je me rends compte aujourd'hui des séquelles que ça laisse, autant physiquement que psychologiquement, et que ça me blesse de savoir que le mal que nous font les autres peut continuer à nous blesser, indirectement, encore bien longtemps plus tard.
Et je me demande combien de jeunes se posent aujourd'hui tout un tas de questions qui leur semblent insolubles... Il n'y a pas que l'orientation sexuelle. Mais les ravages des parents. L'effet éternel de certaines paroles adressées à un enfant sans y réfléchir.
Et nos réactions, à nous, adultes, qui ne sommes plus capables de nous mettre leur place, qui les regardons parfois l'air de dire "pfff, tu te prends bien la tête pour pas grand chose" alors qu'ils se sentent ébranlés jusqu'au fin fond de leur coeur et de leurs entrailles...
J'ai mal pour eux.
Parce que sans doute je n'ai pas fini d'avoir mal pour la petite fille que j'étais, l'ado qu'elle a essayé d'être, et son début de vie adulte.
Parce que je n'ai pas fait la paix avec mon passé. Parce que je ne sais pas comment faire.
Et si je ne sais pas comment faire, saurai-je dépasser tout ça pour élever un enfant sans lui faire porter le poids de mes propres expériences ?
Et comment faire pour que mes enfants puissent faire des choix avec lesquels ils puissent vivre en paix ? Comment leur donner la possibilité de faire des choix qui leur ressemblent ?
Enfin je n'ai sûrement pas fini de me poser des questions.... Mais si seulement j'étais capable de faire en sorte qu'ils ne se heurtent pas au mur contre lequel j'ai dû me battre si fort...
S'il sent l'amour de ses parents, est-ce qu'un enfant part plus fort face aux choix qu'il lui faudra faire ?