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mercredi 14 octobre 2009

Point de vue

Ca me trotte dans la tête depuis quelques temps déjà, et le billet de ma chère Véro me décide à enfin commencer à écrire là-dessus, même si j'imagine que je vais mettre un petit bout de temps avant de réussir à décrire à peu près ce que je voudrais comme je voudrais...

C'est un sujet délicat, et je n'arrive pas à comprendre pourquoi.


En fait, ce qui m'agace prodigieusement et qui me donne envie d'écrire là-dessus, c'est que j'ai toujours l'impression qu'allaiter longtemps (je veux dire plus de deux mois...), porter son bébé, tout ça, ça a l'air d'être une agression pour ceux - celles - qui n'ont pas fait ce choix.

Je prends mon exemple.

J'allaite (encore, même si je sais que ça va se terminer très bientôt...), je porte en écharpe, mon bébé a dormi dans un lit cododo jusqu'à 4 mois, puis dans notre chambre jusqu'à 7 mois (sa chambre n'était pas prête, c'est une bonne raison...), et il porte des couches lavables.

Je ne parle jamais de tout ça à qui que ce soit.

Ce sont mes choix, j'estime qu'ils ont été les meilleurs pour mon fils dans la situation de mon fils, et celles et ceux qui ont fait des choix différents, et bien non seulement ça ne me dérange pas, mais en plus, franchement, ça ne m'intéresse pas des masses.


Mais forcément, quand on me voit porter, allaiter (tirer mon lait plus exactement...), quand on s'aperçoit que je ne jette pas la couche de mon tinamour quand je l'ai changé mais que je la transporte dans un joli petit sac, quand des amis venaient à la maison et voyaient du salon le petit lit dans notre chambre.... Et bien tout cela amenait des réflexions, et bizarrement, jamais positives.

Alors comme je fuis les discussions stériles avec des gens que je n'ai pas spécialement envie de convaincre et dont je sais que de toutes façons, ils ne seraient pas d'accord, je réponds simplement aux questions qu'on me pose, en essayant autant que faire se peu de ne pas entrer dans la polémique.

Mais c'est le plus souvent impossible.

Pourquoi ? Je n'en sais rien.

Comme si le fait d'avoir fait ces choix-là était en soi une agression envers ceux qui n'ont pas fait les mêmes.

Comme si le fait d'avoir choisi de faire comme ça voulait dire aux autres "Regarde ce que je fais pour mon enfant et que toi tu n'as pas fait".

Le summum a été une amie, quand je lui ai dit que mon fiston avait une rhinopharyngite et qui m'a balancé aussi sec "ah ben tu vois, avec ton lait, il est quand même malade comme tout le monde".
Je n'avais JAMAIS parlé d'allaitement avec elle.
Je ne savais même pas qu'elle savait que j'allaitais.
Et comme je tire mon lait, je n'ai jamais mon fils au sein, donc ça limite aussi les réflexions stupides à ce sujet.

Bref, je n'avais donc jamais dit à cette amie que j'allaitais, je n'avais jamais dit que je pensais que c'était mieux que le lait artificiel, et hop, une réflexion pour bien montrer que non, le lait maternel n'est pas l'antidote miracle à tous les problèmes de la terre.

Comme pour se déculpabiliser de ne pas avoir allaité.

Mais pourquoi donc culpabiliser alors ???


Je ne comprends pas pourquoi tout le monde s'imagine que les mamans "maternantes" sont forcément des mamans "militantes" qui estiment qu'en dehors du maternage, point d'enfants élevés correctement !

Il n'y a pas de juste milieu.
Si on n'allaite pas du tout, il faut se justifier, si on allaite plus longtemps que le strict minimum, il faut se justifier aussi.
Sauf que dans ce dernier cas, on a a se justifier plus souvent et plus longtemps.

En conclusion, oui, je suis une "mam'maternante". Mon fils n'en est pas moins le plus indépendant de tous ses camarades de la crèche. Il ne pleure pas, ne réclame pas les bras des nounous, mange sagement, fait la sieste dans son lit (ou parfois dans un transat au milieu de ses copains...).
Oui, je suis une mam'maternante, mais non, je ne considère pas que celles qui ne le sont pas sont pour autant de moins bonnes mamans que moi. Ni que je vaux mieux qu'elle.
Je suis comme ça par conviction, mais je ne tiens pas à convaincre tout le monde.

Oui, je suis une mam'maternante, mais arrêtez de considérer que je suis alors forcément faible, fusionnelle, ou tous ces autres qualificatifs qui me sont attribués à longueur de temps.

Oui, je suis une mam'maternante, et je ne juge pas les autres, alors arrêtez aussi de me juger !







***edit pour Véro***
C'est certes ton billet qui m'a enfin donné envie de me lancer, mais c'est surtout tout ce que j'entends depuis des mois qui me fait ressentir tout ce que j'ai écrit là, donc n'y vois pas une réponse à ton billet, c'était juste l'élément déclencheur ;-)