Affichage des articles dont le libellé est tristesse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est tristesse. Afficher tous les articles

lundi 29 mars 2010

Le coeur à marée basse.

Je me sens toute vide. Et triste.
C'est bête, je surréagis, j'en ai conscience, mais c'est comme ça.

Déjà en temps normal, je n'aime pas du tout quand il se passe trop de temps sans .... euh..... sans partie de jambes en l'air.
Mais alors quand en plus je sais que c'est "le" moment, alors je m'énerve.

Faut dire aussi qu'il ne me faut pas grand chose ces temps-ci. Je suis frustrée de plein de choses, et donc j'ai plus de mal à intérioriser.

Hier soir, comme je voyais que ça prendrait du temps à endormir Tinamour, j'ai proposé à mon homme de sortir. Ca a duré 45 mn.
Pendant ce temps, en profitant un peu de mon petit bonhomme, je me disais "vue l'heure, j'espère qu'il pensera à aller nous préparer un petit truc à manger. Ou à vider le lave-vaisselle. Ou à ranger un peu. Histoire de me faire un peu gagner de temps.".
Mais plus le temps avançait, plus je me disais que non, il n'y penserait pas. Qu'il était sans doute en train de surfer, pour rien, pour glandouiller.
Comme il l'avait déjà fait la journée, alors que des amis étaient là, dans le salon. Qu'il y avait des petits enfants à surveiller, un repas à préparer, des gens à qui parler.
Alors plus le temps passait, plus je sentais ma colère monter.
Je me raisonnais, je me disais que j'aurais peut-être une bonne surprise.

Mais évidemment, non.

J'ai ravalé ma colère, encore une fois.
On est allé ensemble à la cuisine, on s'est préparé à manger.
Je lui ai dit, une énième fois, gentiment, que j'aimerais qu'il en fasse un peu plus.
On a mangé.
Et puis avant de monter, histoire de dire qu'il avait fait quelque chose, il me dit "je recolle vite le carreau de carrelage, j'en ai pour 2-3 mn".
J'ai eu le temps de me laver, de me changer, de mettre une lessive, d'en étendre une autre, de préparer les affaires pour le petit, il n'était toujours pas là.

J'essayais de ne pas m'énerver. Mais je voulais un câlin.
Parce qu'on n'en avait pas fait du week-end, mais aussi parce que c'était le fameux moment.
Je sais bien qu'on était très occupés le reste du temps.
Mais bon sang, s'il avait recollé son fichu carreau de carrelage pendant que j'endormais notre fiston, on aurait été tranquilles, on aurait eu une chouette fin de soirée pour nous.
J'ai essayé de me coucher, mais je devenais folle.
Alors je suis descendue voir ce qu'il fabriquait.
Ben finalement, ça prenait plus de temps que prévu, parce qu'il ne se contentait pas de juste recoller le carreau. Il refaisait aussi une partie des joints. Le dimanche soir à 22h.
Au lieu d'être avec moi.
Je suis remontée dans mon lit pour ne pas exploser.
Mais évidemment, pas moyen de dormir.
Le seul truc qu'il se met à faire du week-end, il le fait quand moi j'ai fini de galoper pour faire tout le reste.
C'était trop.
Alors quand il a fini par revenir, je n'ai pas retenu mon déluge de paroles.
Mais j'ai retenu quand même ma rage, j'ai toujours tellement peur de devenir comme ma mère...
J'ai essayé de rester constructive, alors que j'avais l'impression que plus rien n'allait.
Que je me noyais.
Que quoi que je fasse, rien n'irait bien.
Que si je le laissais continuer comme ça, j'allais sombrer. Parce que je renonce à tout, que je n'ai plus de temps pour moi, que j'ai annulé nos vacances chez mon frère, que j'annule tout, que je n'ai même plus plaisir à recevoir ma meilleure amie et sa famille tellement je sais que ça va me fatiguer encore plus.
Mais que si je le forçais à en faire plus, c'est lui qui serait frustré et que ça ne mènerait pas plus loin.
Alors je lui ai redit que je ne lui demande pas de me faire gagner du temps, mais au moins d'arrêter de m'en faire perdre.
Parce que je n'en peux plus de me lever tellement plus tôt chaque matin pour finalement l'attendre.
Parce que je n'en peux plus le week-end de devoir l'attendre quand Tinamour et moi sommes prêts à aller faire les courses ou nous ballader, juste parce que lui se rend seulement compte après une matinée à glander qu'il faut encore qu'il se douche, s'habille, etc.
Parce que je n'en peux plus de courir pour tout faire le matin pendant que lui regarde par la fenêtre.
Parce que je n'en peux plus d'essayer d'assurer le quotidien pendant que lui ne pense qu'à se faire un week-end par ci, une soirée par là.
Parce que je suis fatiguée.
Et parce que je veux un bébé.
Mais que comme ça, on ne va pas y arriver.
Parce que je ne peux pas faire encore plus.
Et que je ne veux pas non plus que mon histoire d'amour se finisse mal.
Je veux un autre enfant, mais je veux continuer à vivre une belle histoire d'amour.

Et là, j'ai l'impression que ce n'est pas compatible.
Alors en discutant, j'ai fini par dire ce que je disais déjà à demis mots dpeuis quelques temps, j'ai dit "autant arrêter de se dire qu'on essaye de faire un bébé, ça ne sert à rien, on n'est pas capables de gérer ça en plus pour l'instant".
Parce que si je suis enceinte et encore plus fatiguée et malade, ça sera pire.
Et si on a un bébé en bas âge, ça n'ira pas non plus.
Sans compter qu'avant d'en arriver là, il va vraisemblablement falloir repasser par un traitement, et que ces fichues hormones me rendent déprimée, et que ça n'est pas gérable non plus pour l'instant.
Et comme il me disait tout ce qu'il allait tenter de faire pour améliorer les choses, la solution raisonnable était effectivement de dire qu'on laissait au moins une chose de côté le temps de voir comment on arrivait à s'organiser.
Sur le moment, ça paraissait le mieux à faire.
Sauf que plus la nuit avançait, plus je me sentais triste.
Pour finir la nuit en pleurs dans ma salle de bain à 5h.

Non, ça ne me satisfait pas.
Non, je ne veux pas sacrifier ça encore en plus parce que LUI ne fait pas ce qu'il faudrait pour que ça se passe mieux.
Non, je ne suis pas capable de faire une croix là-dessus, ne serait-ce que pour quelques mois.
Il n'y a pas d'urgence, je n'ai pas hâte d'être enceinte, mais je ne veux pas arrêter d'essayer.
Je veux bien que ça prenne du temps, encore une fois.
Je veux bien attendre le temps qu'il faudra pour que ça marche, mais je ne veux pas me dire qu'on n'essaye pas.
Je ne PEUX pas.
Ca me donne envie de hurler de chagrin.
J'ai les larmes au bord des yeux, je n'arrive pas à les ranger ailleurs.
Je ne lui ai rien dit ce matin.
Parce que je suis même trop triste pour en parler.
J'ai regardé mon test d'ovulation positif, et j'aurais pu m'écrouler. C'est bête, c'est disproportionné, mais c'est comme ça.
J'ai l'impression que je fonctionne pour rien.
Je sais bien que mon ovulation n'est pas bonne, et que donc sexe ou pas, ça n'aurait probablement rien changé.
N'empêche que je me dis que je suis une machine qui ne sert à rien.

Ca va passer, mais juste là, ce n'est vraiment pas un chouette moment à vivre.

vendredi 12 mars 2010

Le choc des photos

Il y a des images qui me faisaient déjà mal avant, mais qui me rendent dingue de tristesse et d'angoisse maintenant.
Ce matin, je tombe sur l'image d'un petit garçon chilien qui vient de recevoir un peu de nourriture. Il retient son précieux butin dans son T-shirt replié, et il grignote une pomme.
Et je ne peux m'empecher de voir à sa place mon tinamour à moi, et de me demander ce que ressent la maman de ce petit garçon, si elle est encore là...
J'ai l'estomac qui se serre, le coeur qui se vrille, et le cerveau qui panique.
Quelle chance inouïe j'ai de vivre ma vie.
Mais quelle peur terrifiante qu'un jour mon fils soit confronté à quelque douleur que ce soit.
Et quelle peine de me dire que pour chaque enfant, il y a une maman, un papa, une famille qui souffre...
Les mentalités ne sont pas les mêmes partout, je sais bien. Mais le coeur d'une maman.....
Bref, j'ai de la peine, du mal à me chasser cette image du fond des yeux, et tellement envie d'être capable de croire qu'un jour, tous les petits enfants du monde seront épargnés.
Mais j'ai beaucoup de mal à être encore aussi naïve...