Mes nuits et mes jours du moment sont tourmentés par mon projet de quitter mon travail actuel.
Dans ma tête, j'ai acté ce départ pour avant les vacances d'été de mon grand.
Dans les faits, rien n'est officiel.
Et je ne peux empêcher mon esprit de changer d'avis toutes les trois minutes.
Je voudrais arrêter d'y penser.
Parfois je me dis qu'il faudrait que j'officialise la chose pour arrêter de retourner ça dans tous les sens.
Mais je n'y arrive pas encore, parce que j'ai peur.
Peur de la réaction de mes collègues qui sont déjà dans une mauvaise période, peur de ne pas réussir à faire face à cette réaction, peur aussi des réactions de ma famille, des notre entourage, peur des réflexions à deux balles, peur de perdre mon indépendance financière, bref, je manque de courage.
J'ai toutefois quitté mon poste, sans quitter la collectivité. Je dois donc organiser le recrutement de mon remplaçant, un adjoint assurant l'interim dans l'intervalle.
J'ai alors envoyé au réseau de DG un mail leur annonçant mon repli professionnel pour leur demander des références de cabinet de recrutement.
En retour, plusieurs réponses, mais c'est l'une d'entre elles qui a été un vrai rayon de soleil. Une DG que je ne connais pas autrement que par échange de mails et qui me dit que j'ai pris la meilleure des décisions, qu'elle salue mon courage et aurait souhaité en avoir eu autant quand ses enfants étaient petits.
Il m'en faut peu (ou pas...), j'ai pleuré.
Et puis ce matin, un mail de celle que j'ai remplacée à ce poste il y a maintenant 11 ans, à qui j'ai annoncé à demi-mots que je ne serai vraisemblablement plus en poste après l'été et qui me répond :
"Je te comprends, il arrive un moment où l'on aspire à
autre chose que de bosser comme des fous et on aimerait consacrer un peu plus
de temps à sa famille. Je me suis posé les mêmes questions et je me serais bien
vue mère au foyer ... mais mes filles sont trop grandes déjà, d'ici quelques
années ce sont elles qui me quitteront et du coup ma vie au foyer serait un peu
vide..."
C'est bête, mais ça m'a grandie. Moi qui me sens rabougrie depuis quelques temps, tout à coup, j'ai l'impression que je viens de prendre 10 cm...
Ca me fait du bien.
Pour autant, je sais que je ne vais pas arrêter aujourd'hui de me tourmenter, mais je sens bien que j'ai fait quelques pas de plus dans ce qui est indubitablement la meilleure des directions.
lundi 28 janvier 2013
Coup de pouce
mardi 11 décembre 2012
Maux
Quand le mal devient physique, alors c'est que véritablement, on est allé au bout de ce qu'on peut supporter.
Mon estomac se tord depuis ce main, je ne PEUX plus supporter les agissements de mon Président et d'une de mes collègues.
Ca devient épidermique, ils vont trop loin, non seulement je refuse de cautionner, mais je crois aussi que je ne suis bientôt plus capable de les avoir en face de moi sans avoir envie de leur cracher à la figure.
Et autant dire que pour que j'en arrive là....
Les choses plus qu'à la limite de la légalité, c'est loin d'être la première fois.
Mais quand ça devient ouvertement frauduleux, qu'on me demande de me taire et de fermer les yeux, et qu'on recommence, qu'en prime, on fouille mon bureau, etq ue quand je vais rappeler que certaines choses sont interdites, on me rigole quasiment au visage, là, ça va plus loin que tout ce que je suis censée endurer au bureau.
Alors j'hésite : envisager un congé parental à temps plein au plus tôt et faire savoir avant ce qui se trame ici, mais avec peu d'espoir que ça change les choses, ou aller plus loin, voir ce qui peut être fait pour sanctionner ces comportements, mais alors accepter que ça prenne pas mal de temps et d'énergie...
J'enrage.
Ah, et puis aussi, décidément, je ne supporte pas les hypocrites.
Au final, ceux qui condament par derrière mais font des ronds de jambes par devant, je crois qu'ils m'énervent tout autant.
mardi 4 décembre 2012
Chef
Reflexion tout à fait personnelle du jour : un bon chef, c'est celui qui sait où trouver les infos dont il a besoin, et qui sait tirer le meilleur de chacun de ses collaborateurs.
Pas un je-sais-tout, pas un c'est-moi-qui-ai-raison-parce-que-c'est-moi-le-chef.
Dieu que les choses iront mieux quand tout le monde aura intégré ça.
lundi 22 octobre 2012
Femme de ménage.
C'est bête comme titre, disons que c'est le mot qui m'est venu à l'esprit ce matin en pensant à moi, et à mon boulot.
J'ai l'impression que je passe le plus clair de mon temps à devoir ménager les susceptibilités de tout un chacun.
Alors je me suis dis que j'étais une femme de ménage en quelque sorte.
Parce que la femme de ménage, elle a à peine fini de nettoyer qu'il faut recommencer.
Ben moi, c'est pareil.
Et je crois que j'y mets un peu moins de bonne volonté depuis ma reprise de boulot, un peu comme si j'avais le sentiment que ces vieux là (pardon, ce n'est pas politiquement correct, mais voilà, c'est un constat, les élus d'ici sont plutôt âgés...) devraient un peu affronter la réalité au lieu de l'avoir toujours édulcorée.
Et le résultat, parfois, m'agace prodigieusement (j'ai toujours envie de siffler la fin de la récré...), mais parfois, j'ai aussi l'impression que je m'en amuse.
Et ce matin, je m'amuse, voilà.
Je les trouve ridicules, et je suis au spectacle.
Au premier rang en plus. Je me délecte ;-)
jeudi 4 octobre 2012
Tournant
Cette fois, le tournant est amorcé. J'ai annoncé lundi à mon Président que je ne voulais plus diriger ma collectivité.
Je ne peux pas cesser comme ça, d'autant que les challenges de cette fin d'année sont nombreux, on absorbe une autre collectivité au 1er janvier, des études organisationnelles sont en cours, bref, je suis à ma place encore quelques temps, mais voilà, au moins, c'est dit.
Ce que je ferai après, je n'en sais rien.
Si je m'écoute aujourd'hui, j'arrête tout, je me recroqueville dans mon cocon, et je m'occupe de mes petits.
Peut-être pourtrant que je resterai encore, à un autre poste, au moins un temps, peut-être à temps partiel.
A suivre donc.
De toutes façons, ma famille a décidé pas mal de choses pour moi.
Je suis à la maison. L'épuisement a eu raison de moi, je ne peux plus conduire, ni raisonnablement sortir, je suis bien trop faible, mes yeux sont voilés de noir plus souvent qu'à leur tour.
J'ai donc gardé ma fille avec moi jusqu'à aujourd'hui, n'étant pas en état de la conduire à la crèche.
Et puis de toutes façons, elle a fait 2 jours à plus de 40°, c'était bien aussi qu'elle reste dans son environnement pour s'en remettre.
Aujourd'hui, son papa ayant des horaires plus corrects, il a pu l'y emmener, et pourra la récupérer cet après-midi.
Je donnerais beaucoup pour quelques heures de sommeil. Rien que 3 ou 4 heures me sembleraient un bon début.
Je suis seule, je pourrais dormir, mais je n'y arrive pas.
C'est fou de constater les ressources qu'on trouve en soi pour nos enfants. Je ne suis plus qu'une ombre, et pourtant, quand je suis avec eux deux, j'arrive à faire en sorte que leur vie continue de la même façon (avec un peu moins d'allant quand même...).
Tout ce qui compte pour moi, c'est m'occuper d'eux, en être encore capable.
Et je pourrais bouffer la moitié de la terre et ses conseils devant mes cernes et ma pâleur.
jeudi 7 juin 2012
Mieux
Preuve que mon sommeil n'a pas grand chose à voir avec l'état de mon couple : ça fait 10 nuits que ma fille me fait vivre un enfer, mais ça va mieux quand même.
Oh, je suis certes épuisée et découragée le matin, me demandant comment je vais réussir à aller au bout de la journée, et surtout, avec la peur de les mettre en danger si jamais je sombre, mais je tiens le choc, encore, et le fait que ça aille mieux avec mon homme, au moins provisoirement, y est sans doute pour beaucoup.
Le lendemain de mon dernier message ici, au milieu de la nuit, que je passais dans le salon, devant la télé, pour moins cogiter, il m'a rejointe et m'a dit qu'il s'inquiétait, qu'il ne comprenait pas ce qu'il se passait (...)
D'abord, je n'ai pas su quoi répondre tellement tout se bousculait, puis, j'ai juste dit que j'allais partir.
Pas le quitter, juste partir, avec les enfants, pour préserver un peu tout le monde, et moi entre autre.
Il faut croire que jusque là, il n'avait vraiment pas pris la mesure de ce que je ressentais, malgré tous les signes, les mots, etc.
Il n'a pas été se recoucher, signe que vraiment pour une fois, il se passait quelque chose dans sa tête.
Je ne peux pas dire que depuis tout aille bien, tout ne peut pas aller si vite.
Mais les choses s'améliorent, disons qu'il y met enfin un peu plus de meilleure volonté.
Dieu que ça fait du bien !
Il a même réussi à se lever un matin, pour aller s'occuper de son fils sans moi !!!!!!
Je n'y croyais pas vraiment, je me demandais si mon manque de sommeil me donnait des hallucinations.
Je ne fais pas de plans sur la comète, je prends les choses comme elles viennent.
L'amour que je lui porte mérite que j'essaye, mais pas à n'importe quel prix, je sais bien.
Parallèlement à tout ça, j'ai de gros soucis au boulot, qui me font penser que ma place là bas n'est plus assurée très longtemps.
J'en saurai un peu plus demain...
Mais mon coeur continue de se focaliser sur ce que je vois dans les yeux de mes petits, il est chouette ce coeur là, il me sauve la vie, à bien des égards !
Merci pour vos mots qui font du bien, et qui aident à y voir plus clair quand tout s'embrouille...
mardi 13 décembre 2011
Egalité
Parfois, je me dis que finalement, on pourrait atteindre l'égalité hommes-femmes au travail d'une façon un peu inattendue.
J'entends bien qu'une future / nouvelle maman est en congé maternité et est donc censée être indisponible pour son boulot (même si j'avoue que parfois, voir les gens quitter comme ça, ne pas se poser la moindre question pendant 4 mois ou plus, et revenir comme une fleur, ça m'horripile...), mais les papas...
Ok, ils ont leur congé paternité. Chez nous, c'est plutôt sympatique : je ne leur demande pas de prévenir dans les délais légaux, j'attends de voir quand viendra la naissance, et le nouveau papa pourra alors poser ses jours comme ça lui convient une fois que la naissance est arrivée.
C'est souple pour eux, pas vraiment facile à gérer pour moi, mais je me dis que c'est une petite concession qui peut arranger bien des couples au moment d'une naissance.
Ok, ils peuvent aussi en profiter éventuellement pour cumuler des congés annuels non encore pris.
Bon, mais dans ce cas là, quand l'absence commence à devenir si longue, j'estime qu'ils peuvent être posés un minimum à l'avance, parce qu'en s'arrangeant bien, un congé paternité + les jours légaux pour une naissance, ça peut déjà commencer à faire 3 semaines d'absence du bureau, alors si on ajoute des congés, ça commence à faire long, surtout si ça n'est aucunement planifié à l'avance.
On est quand même une petite collectivité, chaque personne représente un service, et donc quand cette personne n'est pas là, c'est tout un service qui disparaît.
Bref, je trouve que je suis déjà sympa de laisser prendre le congé paternité au moment de la naissance sans avoir à le planifier, mais alors quand du coup, un agent me reproche de ne pas le laisser y ajouter plusieurs semaines de congés QUAND CA L'ARRANGE ET SANS ME PREVENIR A L'AVANCE, ça m'énerve.
Bon, ça, c'est une chose.
Mais en plus, cet agent en question avait fait une énorme boulette en octobre. Ca avait fait l'objet d'une longue discussion pour remettre les choses en place, expliquer les conséquences de sa bêtise, et mettre en place un protocole pour que ça ne puisse pas se reproduire.
Et devinez ? Bingo, 3 semaines après, EXACTEMENT la même boulette, avec des conséquences encore plus fâcheuses cette fois, sans compter le fait que ça m'ait quelque peu ulcérée de voir que quelqu'un (qui plus est un cadre...) soit capable de faire 2 fois la même aussi stupide bêtise à si peu d'intervalle.
Pour des raisons d'emploi du temps, et comme cet agent ne travaille pas dans les mêmes locaux, je n'ai pas pu le voir avant la naissance - 2 semaines plus tard - de sa fille.
Alors quand j'ai pu enfin le voir la semaine passée, qu'après les félicitations d'usage (et le gros cadeau qui va avec...) j'ai pu lui parler un peu boulot, que je lui ai reparlé de ces deux épisodes, savez-vous comment il s'est justifié ?
"ben oui, mais y avait la naissance, tout ça, c'était difficile de penser à tout !"
Je lui ai fait remarquer que la première boulette était intervenue plus d'un mois et demi avant la naissance, la deuxième deux semaines avant et sa réponse "ben y avait tous les préparatifs, tu ne te rends pas compte, j'avais la tête ailleurs !".
Euh, si, comment dire, je me rends compte. Des fois qu'il n'ait pas remarqué, je suis une baleine enceinte de 8 mois avec un enfant de bientôt 3 ans à la maison.
M'enfin si les hommes commencent à ne plus être compétent à leur poste 2 mois avant la potentielle date de naissance de leur enfant, et qu'en plus, ils estiment pouvoir prendre à leur guise 2 mois de congés suite à cette naissance, ben au final, on arrive à quelque chose près à la durée d'absence de la maman...
Donc oui, on pourrait finalement y arriver de cette façon à l'égalité homme-femme au boulot.
Si je trouve que c'est un pas en avant ?
Hum..................................
mardi 6 décembre 2011
Défouloir
Il me semble que si j'avais une cinquantaine d'année, j'aurais carrément trop honte d'aller voir mon patron une semaine sur deux pour réclamer un truc en commençant systématiquement ses phrases par "ma femme m'a dit que....".
Ben y en a que ça ne dérange pas.
Pas du tout.
Oui, ben voilà, moi, ça me dérange, j'en ai ma claque d'entendre ça.
Alors aujourd'hui, je lui ai dit que puisque sa femme sait tout, qu'elle me fasse un courrier clair avec tout ce qu'elle veut pour lui, que ça m'évite de devoir toujours chercher les éléments pour justifier mes réponses, et qu'elle y mette également des références légales correctes à l'appui pour être sûre que ça ne soit pas la 35 000ème de ses lubies sans fondement.
Et puis aussi, dans la phrase "je ferme ma porte pour ne pas être dérangée, parce qu'il faut que je finisse un truc urgent", est-ce qu'il vous semble qu'il y a quelque chose qui ne soit pas clair ?
Parce que visiblement, ici, personne n'a bien compris.
Bref, je ne suis vraiment pas de mauvaise humeur pourtant, mais les jours où je dis que la gestion du personnel, c'est une plaie, je crois que je ne suis pas loin de la vérité....
Mais pour finir sur une note positive, alors joyeuse Saint-Nicolas :-)
mardi 25 octobre 2011
Confiance, doutes, encore...
J'essaye de ne pas être mauvaise langue, m'enfin je trouve ça quand même un hasard terriblement malencontreux qu'un de mes agents ait quasi systématiquement un souci de santé qui l'oblige à rester à la maison avec ses enfants pile poil pendant les congés scolaires.
Et j'essaye aussi de ne pas maudire le médecin qui joue ce jeu-là...
mercredi 28 septembre 2011
Qui sème le vent...
Hier matin, un coup de fil, d'un de mes vice-présidents qui m'apprenait que mon président avait été hospitalisé d'urgence, la veille au soir, suite à un malaise.
J'ai souri.
Parce que je me suis dit "cool, il ne viendra pas me faire chier aujourd'hui".
Et puis j'ai pris conscience de la méchanceté et de l'égoïsme de ma réaction, alors j'ai essayé d'être peinée et inquiète.
Je n'y arrive pas.
Il saccage toutes mes nuits, vient déranger mes journées, vient traîner son aigreur et sa mauvaise humeur dans nos couloirs pour se décharger de ce qu'il n'ose pas faire ailleurs.
Vendredi, j'ai encore eu un bel échange orageux avec lui, parce qu'il essayait de faire porter le chapeau à mes services pour une erreur faite ailleurs, là où justement il n'osera pas aller faire sa crise de calcaire.
Samedi, il a encore pris la quasi totalité de ma journée au lieu de me laisser à la maison avec ma famille.
Ce soir, je vais encore travailler jusqu'à bien 22h, parce que c'est ce qui arrange le mieux le brave homme au regard de ses multiples autres engagements.
Je ne le supporte plus, il est devenu égoïste, hypocrite, aigri, frustré.
Mauvais.
Alors ce matin, quand le même vice-président m'a appelée pour me dire que mon Président serait là aujourd'hui pour cette longue après-midi de réunions, j'ai été déçue.
Et je n'arrive même pas à me trouver méchante. Ni à me dire que ce n'est pas bien.
mardi 30 août 2011
Vrac de rentrée
Il y a eu tous ces jours où j'avais envie de venir m'épancher.
Où le temps a manqué, ou alors où je me suis dit que les réactions à chaud n'étaient pas les meilleures.
Oui mais voilà, à froid, elles manquent de saveur et perdent tout leur intérêt.
J'étais donc en vacances une bonne partie de ce mois.
C'était salvateur, à tous points de vue ou presque.
La rentrée, le retour au bureau, en revanche, ça l'est tout de suite moins.
J'allais dire que c'était le temps des remises en question, mais je crois que ce temps là est quasi permanent depuis quelques années, que je manque juste de temps, de courage, de cran, (de soutien ?), pour me lancer vraiment...
Mon ventre s'arrondit. Il s'arrondit d'autant plus maintenant que je ne suis plus si malade.
Je ne réalise encore pas toujours qu'on a réussi.
J'avoue aussi avoir beaucoup pesté d'avoir été tellement malade.
En sachant pourtant que j'avais une chance que certaines n'auraient jamais.
J'en suis arrivée à trouver injuste qu'il n'y ait pas une règle simple : plus c'est difficile pour une femme d'avoir un enfant, moins elle devrait être malade pendant sa grossesse.
Egoïste, peut-être, mais je me le suis répété souvent.
J'ai détesté une copine qui se plaignait bruyamment de devoir faire attention à sa prise de poids pendant sa grossesse alors qu'elle n'avait eu qu'à arrêter la pilule pour être porteuse de vie.
Bref, j'ai eu de méchantes pensées que je ne suis pas encore assez fortes pour regretter vraiment.
Ca me passera, j'imagine.
Toujours est-il que les vacances, comme il y a trois ans, ont aidé à faire disparaître une partie de mes soucis.
J'ai toujours de fortes réactions aux odeurs, particulièrement aux bonnes odeurs, mais le quotidien est redevenu supportable.
Et je suis heureuse.
Un peu anxieuse de savoir comment je m'en sortirai avec deux enfants, un peu anxieuse de savoir quelle sera la réaction de mon petit homme d'amour quand son frère ou sa soeur sera là, anxieuse bien sûr de savoir si le nouveau petit bébé sera en bonne santé.
Mais heureuse.
Le seul truc qui coince encore, c'est donc mon incapacité à remettre les choses en question au bureau.
Je n'ai pas envie de passer ma vie à courir.
Je n'aime pas l'idée de me dire que la semaine se passe à se dépêcher le matin de préparer mon petit monde, à se dépêcher pour être à l'heure à la crèche et au bureau, à travailler, à partir à l'heure pour se dépêcher d'aller chercher Tinamour à la crèche, rentrer, et avoir une soirée chronométrée parce qu'il ne faut pas se coucher trop tard (grands et petit) pour ne pas accumuluer trop de fatigue.
Je sais bien que c'est le lot de la plupart des mamans, et que je pourrais aussi m'y faire.
Mais je n'ai pas envie.
J'ai peur que ça ruine mon moral, mon couple, ma famille et mon bonheur.
Pourquoi je ne change rien ? Parce que j'ai tellement peur de regretter, ensuite.
Parce que j'ai peur de perdre ma sacro sainte indépendance financière, peur de ce que je pourrai faire quand j'aurai à nouveau plus de temps libre parce que les enfants ont grandi, peur de savoir ce qu'il adviendrait de moi si par malheur mon couple s'effondrait, bref, je prends mon travail comme une garantie que je me suffirai toujours à moi-même.
Oui, mais pourtant, je sais que ce n'est pas la solution.
Ma réflexion de la denrière nuit, c'est que je vais essayer au moins d'avoir le courage de diminuer mon temps de travail.
Pas maintenant, mais quand je reprendrai le travail suite à mon congé maternité.
Je sais très bien que c'est un peu comme un enterrement première classe de mon avenir dans cette collectivité, parce que quoi qu'on dise, je ne pourrai pas rester un "patron" aussi efficace en étant absente 1 jour et demi sur 5.
Que d'autres prendront nécessairement le relai, que je manquerai d'informations, peu importe la qualité du système de communication que l'on mettra en place pour pallier à mon absence.
Je perdrai le fil, nécessairement, indubitablement.
Ca risque d'être difficile, parce que ça tombe très mal, en pleine réforme des collectivités qui implique de nombreux bouleversements pour nous.
Au moment de me retrouver à la tête d'une structure presque doublée, je vais prendre du recul, et laisser les rênes plus lâches à d'autres.
Mauvais calcul, mais je n'ai pas choisi.
Tout ça me permettra malgré tout de continuer à autofinancer ma vie, tout en ayant davantage de temps.
Et égoïstement, c'est aussi pour moi que je veux du temps.
Parce que je crois que c'est LA condition pour que tout le reste tourne dans notre vie de famille.
Et que c'est bien là le plus important.
Ca me laissera aussi du temps pour voir si je peux continuer de cette façon, si c'est tenable au bureau, et sinon, j'aviserai... Peut-être qu'être moins fatiguée me donnera plus de courage ?
J'ai besoin que mon fils soit heureux. Et si tout va bien, en janvier, je pourrai écrire que j'ai besoin que mes enfants soient heureux.
Je ne peux pas leur garantir un droit au bonheur, mais je veux me dire que j'ai fait ce que je pouvais, à mon niveau.
Il m'offre tellement ce petit bout d'homme....
Je me demande s'il existe une façon d'expliquer l'amour qu'on peut ressentir pour son enfant.
jeudi 16 juin 2011
Piégée
Exceptionnellement, nous avons pris le fils d'un de nos employés comme stagiaire, pour 6 semaines.
La maman du stagiaire en question est M., une de mes secrétaires, celle qui me fait tourner en bourrique, notamment par son incapacité à arriver à l'heure.
Si encore elle s'en excusait, mais non, c'est limite si je ne suis pas la méchante quand je lui fais la remarque.
Bref.
Jusque là, la seule justification qu'elle avait réussi à avancer, c'est que ce sont ses enfants qui lui font perdre un temps précieux.
Qu'elle n'ait alors qu'à se lever et les lever plus tôt ne lui a jamais effleuré l'esprit, mais soit.
Depuis l'an passé, son fils n'est plus à la maison.
Pas la moindre amélioration.
Mais surtout, donc, depuis deux semaines, son fils est en stage chez nous.
Quand il vient avec sa mère, il est très en retard.
Quand il vient seul, il est à l'heure.
Elle pourra donc difficilement continuer à dire que ce sont ses enfants qui la retardent...
La génétique ne fait pas que des misères :-)
jeudi 26 mai 2011
Ne pas chercher à comprendre
Je suis un peu frustrée.
Déjà, parce que j'ai passé quelques années à essayer de prouver que non, toutes les relations de pouvoir ne sont pas nécessairement pourries, et que parfois, j'ai bien du mal encore à en trouver qui soient encore vraiment saines et dénuées d'arrières pensées.
Et puis là, dans le courrier, un compte rendu d'une commission sur l'aménagement numérique, dont j'apprends qu'elle est présidée par..... mon Président.
Les bras m'en tombent.
Celui là même qui fustige les réseaux sociaux, le monde virtuel, l'évolution inquiétante de la société depuis l'avènement d'internet, et j'en passe.
Alors ça ne change rien, un Président reste un Président, et ce n'est pas parce que c'est lui qui préside que le résultat sera mauvais, m'enfin quand même, qu'est-ce qu'il fait là...??
Parce qu'il se rend compte que non, ça ne sera pas si facile de laisser tomber en 2014, et que s'il veut toujours être dans la course, un petit truc bien moderne comme ça, ça fera bien sur le CV ?
Mouais, j'ai du mal là.
mercredi 6 avril 2011
Répéter
J'ai toujours été d'accord pour dire que la répétition des choses était la meilleure pédagogie. M'enfin quand il s'agit d'adultes, que j'ai déjà répété les choses plusieurs fois, qu'à chaque fois, on me répond un "ah oui, c'est vrai, désolée", j'en ai juste ras le bol. Juste l'impression d'une absence totale de conscience professionnelle. Et ça me fatigue. Pas s'étonner après si on a tellement de mal à déléguer...
mardi 5 avril 2011
Re grrrr
Pas ma mère cette fois, mais une collègue. Un peu toujours la même d'ailleurs. Ce matin, je dois presque me justifier de lui demander................... de bien vouloir être exceptionnellement à l'heure vendredi matin !!!!!!!!!!!!!!!!!!! Un comble... Et cette fois, j'avoue, je ne suis pas retournée dans mon bureau sans broncher. Peut-être que ça aura le mérite d'avoir fait comprendre certaines choses puisqu'elle ne comprend rien autrement. J'ai baissé sa prime, j'ai baissé sa note en lui enlevant un point sur le chapitre ponctualité, je lui fait remarquer systématiquement son retard. Ca ne marche pas. Alors je vais jouer au petit chef, tant pis. Prenons ça comme une nouvelle expérience...
vendredi 25 mars 2011
Hum
Je me noie dans les urgences au bureau.
Une secrétaire vient me voir, me demande si elle peut me déranger, que c'est urgent, que c'est pour le conseil dont les invitations doivent partir aujourd'hui.
Je sors donc de mes chiffres, sachant que j'aurai probablement perdu le fil et qu'il faudra donc que je revienne en arrière, et je l'écoute.
"La note pour le conseil du 31.03, c'est bien le document qui s'appelle "note 31.03" dans le dossier "conseil 31.03" ?
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mercredi 23 mars 2011
Patience et sourire
On m'a déjà dit plusieurs fois que mon sourire pouvait être pénible.
Parce qu'il peut être frustrant de voir quelqu'un toujours sourire quand on n'en fait pas autant.
Je ne m'étais pas formalisée, je réponds toujours - en mon for intérieur - que c'est une question d'état d'esprit, que c'est aussi très pratique, et que les autres n'ont qu'à en faire autant ou ne pas regarder mon visage si ça les dérange.
Voilà que je m'interroge sur ma patience.
Peut-on être excessivement patient, et la patience de l'un peut-elle être vecteur de stress chez l'autre ?
Je me souviens de moi, beaucoup plus jeune, et de mon agacement face à un de mes amis que je trouvais excessivement zen, à tel point que parfois, son calme me rendait folle.
Je ne me suis jamais représentée comme un modèle de calme. Loin de là.
Peut-être néanmoins qu'on peut ne pas être calme tout en étant d'une (trop ?) grande patience.
Bon, bref, je me pose des questions métaphysiques, mais dont les réponses ne sont pas d'une importance capitale.
Sur ce, je retourne à mon boulot qui tendrait presque à me faire perdre patience...
mardi 15 février 2011
Non mais vraiment....
Une secrétaire, sirotant son café et s'ennuyant ostensiblement depuis de loooooooongues minutes (heures ?) malgré la montagne de trucs en retard devant elle.
Je lui demande innocemment "Ca va ?" pour souligner qu'il faut vraiment que ça n'aille pas pour ne pas s'activer davantage.
"Ben si, mais il faudrait vraiment que le Président passe, je ne peux plus travailler, il n'y a plus de place dans les signataires !" ............
SIC !
lundi 17 janvier 2011
Déléguer.
J'enrage.
Je croule sous le boulot (dans ce cas, je ferais mieux de ne aps perdre de temps à venir pester ici, mais bon, je compte sur le fait que ça me décharge un peu de ma rage !).
Alors je cherche à déléguer.
Encore plus que d'habitude.
Parce que le moins que l'on puisse dire, c'est que le secrétariat n'est pas, mais alors pas du tout overbooké.
Elles le disent elles-mêmes, ce n'est pas une interprétation de méchant chef.
Alors tout ce qu'elles peuvent faire à ma place, j'essaye de le leur confier.
Déjà parce que je me dis que ça me décharge, mais aussi parce que ça les implique, et qu'en général, ça les motive de se sentir un peu plus responsables et compétentes.
C'est pour ça aussi que même quand je suis moins charette, j'essaye de leur confier des missions qui dépassent un peu le simple secrétariat, même si après, il faut que je reprenne.
Mais bref, je m'égare.
J'enrage parce que c'est au bureau comme c'est à la maison : je passe mon temps à me dire que j'aurais mieux fait de le faire toute seule, que j'aurais moins perdu de temps.
Si encore je me disais que c'est la bonne stratégie à long terme, même si dans l'immédiat, ça ne paye pas.
Mais non.
Ici ou à la maison, je m'aperçois que même à long terme, ça ne porte pas ses fruits.
Alors oui, ça m'exaspère.
Je mélange un peu tout là, mais quand même, deux exemples :
- petit déjeuner, ce matin : je me suis lavée, préparée, habillée, je me suis occupée de mon fiston, j'ai préparé le linge à repasser pour la femme de ménage, lancé une lessive, un sèche linge, rangé la salle de bain, le salon (un champ de bataille après l'après-midi joyeux de fiston et de son copain), préparé le petit déjeuner, le biberon de Tinamour.
Zhom s'est levé péniblement, est descendu mettre les pieds sous la table et m'attend.
Avec ma bonne humeur matinale (et n'y voyez là aucune ironie, je suis vraiment de bonne humeur le matin), je dis à mon cher et tendre compagnon que je veux bien m'occuper de tout, mais que la seule chose qu'il pourrait faire pendant que je m'agite, c'est de couper du pain (c'est de son côté de la table...) et le mettre à griller, pour éviter qu'après avoir fait tout ça, je m'asseye pour constater qu'il faut que je me relève et que j'attende que ça soit prêt.
Il me regarde d'un oeil hagard. J'attends quelques secondes, et pas de réaction, alors je me lève, je coupe le pain, et je le mets à griller.
De moins bonne humeur pour le coup.
- au bureau.
Je demande à l'une de mes secrétaires (finalement, c'est un peu toujours la même qui m'exaspère...) un renseignement que je lui ai demandé de rechercher mercredi dernier.
Il suffit pour ça de téléphoner à la médiathèque.
Mercredi dernier, elle leur a demandé par mail.
Je l'ai déjà relancée vendredi, elle m'a dit qu'elle n'avait pas eu de réponse, qu'elle allait leur renvoyer.
Je suggère déjà à ce moment qu'il serait peut-être plus rapide de les appeler.
Moi-même, je préfère le mail que le téléphone, donc je veux bien comprendre qu'elle fasse de même.
Sauf que moi, je préfère le mail parce que ça me fait gagner du temps.
Pas elle.
Elle réfléchit à la mise en page, aux mots à employer, il faut que ça soit joli, bien enrubanné, etc etc etc.
Je pense que sans exagérer, le mail qui aurait dû se limiter à : "merci de bien vouloir me communiquer les origines géographiques de vos clients pour 2009" s'est transformé en un roman fleuve d'au moins 20 lignes.
Bref, ce matin, c'est mon Président qui me relance pour savoir le renseignement.
Je relance donc à mon tour la secrétaire en question.
Qui souffle, râle, me dit qu'elle ne va pas les appeler alors qu'elle les a déjà relancés par mail vendredi.
Pardon ? Mais si je le demande, n'est-ce pas aussi simple de juste décrocher le téléphone et de demander ???
J'ai juste l'impression que si j'avais moi-même décroché le téléphone mercredi dernier, j'aurais gagné beaucoup de temps.
Mais si je raisonne comme ça, que leur reste-t-il ? Et comment je continue moi ???
lundi 10 janvier 2011
Mouais......
Ce matin, mail de mon Président qui a été "sensibilisé" (..............) à la candidature d'une jeune femme qu'on appellera CS dans notre structure, candidature qui serait restée sans réponse.
Je demande au secrétariat de mener les investigations nécessaires dans les registres de courrier entrée et sortie, les dossiers de candidature, les mails, etc.
Rien.
Je réponds donc à mon Président que nous n'avons pas trace de cette candidature.
Cet après-midi, je reçois par mail la candidature d'une certaine AJ. Un nom suffisamment particulier pour que je me souvienne avoir eu déjà PLUSIEURS fois des candidatures, par mail ET courrier.
Je transfère le mail au secrétariat avec un petit mot demandant de ressortir les courriers que nous lui avions déjà faits en réponse.
Réponse du secrétariat : nous n'avons jamais eu de candidature d'AJ.
Comment dire...... Tout à coup, je n'ai plus la moindre confiance là.....