Cette fois, le tournant est amorcé. J'ai annoncé lundi à mon Président que je ne voulais plus diriger ma collectivité.
Je ne peux pas cesser comme ça, d'autant que les challenges de cette fin d'année sont nombreux, on absorbe une autre collectivité au 1er janvier, des études organisationnelles sont en cours, bref, je suis à ma place encore quelques temps, mais voilà, au moins, c'est dit.
Ce que je ferai après, je n'en sais rien.
Si je m'écoute aujourd'hui, j'arrête tout, je me recroqueville dans mon cocon, et je m'occupe de mes petits.
Peut-être pourtrant que je resterai encore, à un autre poste, au moins un temps, peut-être à temps partiel.
A suivre donc.
De toutes façons, ma famille a décidé pas mal de choses pour moi.
Je suis à la maison. L'épuisement a eu raison de moi, je ne peux plus conduire, ni raisonnablement sortir, je suis bien trop faible, mes yeux sont voilés de noir plus souvent qu'à leur tour.
J'ai donc gardé ma fille avec moi jusqu'à aujourd'hui, n'étant pas en état de la conduire à la crèche.
Et puis de toutes façons, elle a fait 2 jours à plus de 40°, c'était bien aussi qu'elle reste dans son environnement pour s'en remettre.
Aujourd'hui, son papa ayant des horaires plus corrects, il a pu l'y emmener, et pourra la récupérer cet après-midi.
Je donnerais beaucoup pour quelques heures de sommeil. Rien que 3 ou 4 heures me sembleraient un bon début.
Je suis seule, je pourrais dormir, mais je n'y arrive pas.
C'est fou de constater les ressources qu'on trouve en soi pour nos enfants. Je ne suis plus qu'une ombre, et pourtant, quand je suis avec eux deux, j'arrive à faire en sorte que leur vie continue de la même façon (avec un peu moins d'allant quand même...).
Tout ce qui compte pour moi, c'est m'occuper d'eux, en être encore capable.
Et je pourrais bouffer la moitié de la terre et ses conseils devant mes cernes et ma pâleur.
jeudi 4 octobre 2012
Tournant
mardi 4 septembre 2012
Luxe
Avant....
Avant, quand je pensais luxe, je pensais shopping dans des boutiques de grandes marques, je pensais farniente au bord d'une piscine à débordement donnant sur la mer dans un hôtel de prestige...
Il n'y a pas si longtemps, je me disais que le luxe, finalement, c'était le temps. Le temps de profiter de sa vie au lieu de courir.
Aujourd'hui, même si j'ai toujours une conscience aussi aigue de la richesse que représente le temps, je pense que le luxe ultime, c'est de savoir s'effondrer. Et d'avoir aussi près de soi une personne qui saura quoi faire pour vous aider à vous remettre debout.
vendredi 24 août 2012
Août
Septembre devrait être plus prolixe....
Août aura donc été mon dernier mois de maman à la maison.
Un mois bien fatigant.
On a été en vacances, il a fallu gérer les difficultés de sommeil de ma petite puce qui fait ses dents, la chaleur, le manque de sommeil de mon "grand", tout ça dans un appartement de 3 pièces.
Pour moi qui suit habituée à beaucoup d'espace, c'était tout un défi.
Ereintant le défi.
Mais au moins, j'ai vu mon bonhomme s'éclater dans l'eau toute la journée, j'ai vu ses yeux briller de bonheur devant les orques, les dauphins, les otaries, les requins.
La cohabitation à 4 dans un espace bien moindre que notre lieu de vie habituel aura été rude aussi pour mon homme et moi.
J'ai vraiment hâte de retrouver du temps pour moi, pour pouvoir aussi nous en donner, à nous, autrement qu'au milieu des cris de nos petits.
Pour autant, ça veut dire aussi que je vais devoir retourner au boulot.
Je n'ai pas eu le temps de beaucoup en parler, mais il y a des soucis de ce côté aussi.
Je reprends donc en ayant une relation très mauvaise avec mon Président.
Le manque de sommeil n'aide pas à prendre du recul, mais comme je ne vais pas de sitôt combler ce manque, je ne suis pas sûre de réussir à rester zen très longtemps face à lui.
Il est de toutes façons temps pour moi de passer à autre chose.
J'ai plein de choses à dire, mais tellement peu de temps pour le faire.
Ma fille a fini sa petite sieste, je termine à une main, avec l'envie de revenir, bientôt, plus souvent.
Parce que mine de rien, écrire, ça aide...!
vendredi 27 juillet 2012
Juillet
Un petit mot, juste pour dire que juillet n'aura pas été privé de billet.
Je savoure mon dernier jour en tête à tête avec ma princesse.
Denrier jour de crèche aussi pour mon grand garçon.
Après, ça sera les vacances, puis la rentrée à l'école pour lui, et à la crèche pour ma puce.
Et au boulot pour moi....
Alors oui, je savoure cette journée, je câline mon petit bébé, qui n'en sera bientôt déjà plus vraiment un, et je bénis ces 6 mois passés avec elle.
Pas toujours facile, ce tête à tête, mais ô combien précieux...
J'ai le coeur déjà un peu nostalgique, mais rempli d'amour.
jeudi 7 juin 2012
Mieux
Preuve que mon sommeil n'a pas grand chose à voir avec l'état de mon couple : ça fait 10 nuits que ma fille me fait vivre un enfer, mais ça va mieux quand même.
Oh, je suis certes épuisée et découragée le matin, me demandant comment je vais réussir à aller au bout de la journée, et surtout, avec la peur de les mettre en danger si jamais je sombre, mais je tiens le choc, encore, et le fait que ça aille mieux avec mon homme, au moins provisoirement, y est sans doute pour beaucoup.
Le lendemain de mon dernier message ici, au milieu de la nuit, que je passais dans le salon, devant la télé, pour moins cogiter, il m'a rejointe et m'a dit qu'il s'inquiétait, qu'il ne comprenait pas ce qu'il se passait (...)
D'abord, je n'ai pas su quoi répondre tellement tout se bousculait, puis, j'ai juste dit que j'allais partir.
Pas le quitter, juste partir, avec les enfants, pour préserver un peu tout le monde, et moi entre autre.
Il faut croire que jusque là, il n'avait vraiment pas pris la mesure de ce que je ressentais, malgré tous les signes, les mots, etc.
Il n'a pas été se recoucher, signe que vraiment pour une fois, il se passait quelque chose dans sa tête.
Je ne peux pas dire que depuis tout aille bien, tout ne peut pas aller si vite.
Mais les choses s'améliorent, disons qu'il y met enfin un peu plus de meilleure volonté.
Dieu que ça fait du bien !
Il a même réussi à se lever un matin, pour aller s'occuper de son fils sans moi !!!!!!
Je n'y croyais pas vraiment, je me demandais si mon manque de sommeil me donnait des hallucinations.
Je ne fais pas de plans sur la comète, je prends les choses comme elles viennent.
L'amour que je lui porte mérite que j'essaye, mais pas à n'importe quel prix, je sais bien.
Parallèlement à tout ça, j'ai de gros soucis au boulot, qui me font penser que ma place là bas n'est plus assurée très longtemps.
J'en saurai un peu plus demain...
Mais mon coeur continue de se focaliser sur ce que je vois dans les yeux de mes petits, il est chouette ce coeur là, il me sauve la vie, à bien des égards !
Merci pour vos mots qui font du bien, et qui aident à y voir plus clair quand tout s'embrouille...
jeudi 17 mai 2012
Mon bonheur dans leurs sourires
Misère de misère, il suffit que je tourne un peu le dos à mon PC pour que blogger me change tout !
Mais bref.
J'écris d'une main, ma merveilleuse petite fille accaparant mon bras gauche.
Il me faudra vraisemblablement plusieurs jours pour venir à bout de ce billet, mademoiselle ma princesse n'aimant guère me partager avec une machine (et pourtant, je tente la diversion musicale fort sympathique !!).
Suite à mon dernier billet, mon moral ne s'arrangeant guère, j'ai décidé de faire lire ma prose à mon homme, pour lui donner l'opportunité de comprendre.
Il a lu en silence, sans que je ne puisse décrypter d'émotions dans ses yeux. Il faut dire qu'il était tard.
Depuis, je dois dire, pas de changement. Je crois que c'est comme s'il ne savait pas.
(je poursuis, il est 3h30, tout le monde dort, enfin presque...)
Je n'en ai pas reparlé non plus, j'ai l'impression que ça ne sert à rien.
Il ne va pas bien, c'est un fait, la vie avec des enfants en bas âge ne lui convient pas. Il les aime, il les a voulu, mais il ne supporte pas de vivre avec ces petits êtres bruyants qui ne nous permettent pas de vivre notre vie au rythme que nous souhaiterions.
J'ai parfois cette impression que toute son énergie est tournée à chercher à échapper à leur présence.
Alors je vis ça de deux façons : quand il n'est pas là, la plupart du temps, ça va, je me raisonne, je me dis que tout ira bien, que je me suis fait une montagne de pas grand chose.
Quand il est là, c'est tout de suite moins facile.
Si mon Tinamour est calme, tout va bien.
Mais le soir, il est fatigué mon petit bout d'homme, alors forcément, un enfant de 3 ans fatigué, c'est un enfant un peu moins calme.
Et il suffit alors de 30 secondes pour que son père soit exaspéré et le fasse savoir.
Et dans ces cas là, moi j'ai juste envie qu'il parte. Ou de prendre mes enfants et de partir.
Je l'aime, j'ai envie que ma vie soit avec lui, mais j'ai aussi envie de m'enfuir.
Ces derniers jours, je me suis dit que j'allais chercher un gîte dans le coin, et aller m'y réfugier avec les enfants quelques jours.
Je ne lui ai pas dit. J'ai envie qu'un soir, il rentre et qu'on ne soit pas là. Pour voir ce que ça lui ferait.
Je m'interroge simplement sur ce que je dirai à mon fils...
Une chose est sûre : je ne peux plus continuer à gâcher les rares moments de sommeil que je pourrais avoir à me torturer l'esprit à cause de ses états d'âme.
Parce que pour moi, ces moments de la petite enfance de mes amours sont primordiaux, et je ne veux pas les gâcher avec tout ça.
Je veux juste savourer mon bonheur d'avoir ces enfants.
J'en ai marre de gérer le reste.
Un exemple débile : il a acheté une voiture de sport.
Ca faisait bien 2 ans qu'il attendait de trouver celle qu'il voulait (et pssait des heures chaque semaine à la chercher...), et c'est fait, depuis 2 jours il l'a trouvée et commandée.
Parfait. Il fait sa crise de la quarantaine, très bien, si ça peut aider, moi, je vote pour.
Oui, sauf que bien sûr, c'est pas donné cette voiture.
Pour les dépenses du couple, nous avons un compte commun que nous alimentons en fonction de nos revenus respectifs. J'ai donc trop gentiment proposé que nous financions cette voiture selon les mêmes proportions. Ce qui revient à ce que je lui donne 10 000 € pour financer sa crise.
Sachant aussi qu'il va falloir qu'une fois par semaine, il aille chercher son fils avec cette voiture, que mon petit coeur sera donc dans son siège auto mais à l'avant, et que rien que d'y penser (la route est dangereuse entre la ville où est la crèche et la maison...), je tremble.
Sachant donc aussi que tant qu'il aura cette voiture, il ne pourra pas s'occuper des deux. Y compris quand j'aurai repris le travail. Il faudra donc que JE m'organise en conséquence.
Bref, je trouve que c'est pas mal de concessions de ma part, que je faisais sans sourciller, juste pour qu'il puisse avoir son trip.
Et donc cette voiture, il faut qu'il aille la chercher à 5h de trajet d'ici.
Déjà, il n'a bien sûr pas envisagé de le faire avec moi (ou nous plutôt...), il a contacté 2 copains.
D'abord, il a proposé de faire ça pendant ses prochaines vacances. Oui mais c'est dans un mois, donc finalement, il a décidé de faire ça un mardi, le jour où il a le moins de patients à déplacer.
Et puis, il a suggéré que ça pourait être un jeudi, jour où Tinamour n'est pas gardé, et où il est d'habitude au moins la demi-journée avec ses deux enfants et moi à la maison.
Là, ça a commencé à m'agacer. Parce que oui, finalement, on s'en sort très bien (mieux souvent...) quand il n'est pas là, mais ça redevenait tout un symbole.
Et hier soir, j'ai compris que finalement, il voulait faire ça en deux jours. Un week-end.
Se faire un vrai big plaisir quoi.
Oui, parce que sa voiture, ce n'est pas déjà un super plaisir ???
Bref, quand j'ai compris ça, ça m'a un peu énervée, et il l'a vu. Alors il m'a dit "ouais, bon, ben j'ai compris, je vois bien que j'ai la pression".
Ca m'a encore plus énervée.
Je lui ai dit froidement que je trouvais que c'était une drôle de pression que d'acheter une telle voiture avec l'argent du couple, voiture qu'au passage je n'aime pas, alors il m'a coupée, en me disant que de toutes façons c'était SA voiture, que je n'avais pas à l'aimer.
Ouais, ben mon gars, je la paye aussi TA voiture et TA crise.
Alors pars toute une semaine si ça te chante, moi je m'occuperai de ta famille et de ta maison comme 100 % de mon temps, ça ne changera rien, à ceci près que je n'aurai plus un rond et un crédit en plus sur le dos.
Alors non, cette nuit, je ne dors pas.
Et oui, cette nuit, j'ai juste envie de partir...
Et demain, je serai encore plus fatiguée, et c'est férié, alors tout le monde sera à la maison.
J'ai déjà peur.
Et je ne veux plus gâcher ces moments merveilleux de l'enfance de mes petits.
Je voudrais juste profiter de mon bonheur d'être avec eux.
De ma chance qu'ils soient dans ma vie.
Je sais que c'est très exclusif, mais en même temps, ça passe tellement vite, je n'ai pas envie de me retourner bientôt et de me dire que je suis passée à côté pour des sombres histoires qui ne dépendent pas de moi.
Alors je réfléchis à comment faire pour le mieux. Je cherche LA solution.
En attendant, je vis chaque journée de ma princesse comme un cadeau, je serre fort mon fils quand je vais le chercher en fin de journée, et chaque soir, quand il dort, je continue d'aller le voir dormir, dès que ma puce m'en laisse l'occasion.
Cet amour est tout bonnement incroyable.
Parfois, je me dis que c'est un peu schyzophrène tout ça.
lundi 16 avril 2012
Si je ne le dis pas, ça ressortira de toutes façons, d’une
façon bien moins posée, dans les jours à venir.
Parce que j’ai ressenti ça comme la dernière des
humiliations, la plus douloureuse des blessures.
Et comme une trahison définitive.
Hier, devant un public entièrement acquis à ta façon de voir
les choses, tu m’as mise à terre.
Nous étions avec nos familles et nos amis, avec
accessoirement aussi une des nounous de notre fils, dont j’espère qu’elle aura la sagesse de ne pas
aller le répéter à ses collègues. Et devant tout ce monde, sachant très bien
que je n’entrerai pas dans le jeu et que je ne répondrai pas, tu as dit que
j’étais le paillasson de notre fils. Oh, pas en ces mots, non, mais tout aussi clairement quand même.
A Noël, quand mes parents m’avaient dit que je faisais de
mon fils un asocial, que je gâchais d’avance sa vie, qu’ils n’en voudraient
même pas à l'école maternelle, j’avais déjà terriblement souffert de ton absence
totale de soutien.
Devant tes parents et ta sœur aussi, quand ils sont si durs
envers mon fils, qu’ils sont capables de le snober complètement parce qu’un bébé a
fait son apparition dans la famille, et que toi tu entres dans leur jeu, là
aussi je souffre de me sentir si seule.
C’est déjà dur de ne pas être d’accord, mais l’étaler comme
ça, est-ce bien nécessaire ?
Mais aussi et surtout, je ne me sentais déjà plus une femme
dans tes yeux, mais maintenant, je ne suis même plus la seule chose que je
pouvais encore être, je ne suis même plus une mère.
Je ne suis plus rien.
Tu sais à quel point je suis fatiguée, tu n’as même pas la
décence de m’aider un peu à traverser tout ça.
Tu m’as achevée.
Je me sens achevée.
Je me sens morte.
Hier, tout ce que je voulais, c’était disparaître.
N’avoir plus jamais à subir tout ça.
Si je reste en vie, c’est pour mes enfants.
Je regarde en arrière ce que j’étais, la valeur que je
pouvais avoir et sentir, je n’ai plus rien de tout ça.
Je ne vaux plus rien.
Et le plus ironique de l’histoire, c’est que si je vais
parler à quelqu’un de tout ça, on classera ça dans les dépressions post partum.
La bonne blague.