J'ai toujours été très (trop ?) empathique.
Ou disons qu'en apprenant quelque chose, j'ai toujours eu du mal à prendre assez de recul tout de suite, et à ne pas ressentir, au moins en partie, ce que ressentent ceux qui me racontent leur peine.
Dur pour moi de ne pas pleurer quand je fais face à des larmes.
Mais après, je réfléchis, je pense.
Je vois bien sûr les choses au travers de mon kaléïdoscope d'émotions et d'expériences toutes personnelles.
Et alors parfois, là où j'avais juste envie de serrer dans mes bras et dire "tout ira bien", et bien j'ai juste envie de secouer et de crier "mais tu n'as rien de mieux à faire que t'apitoyer pour des bêtises ?"
Et je perds mon indulgence.
Même que des fois je me choque presque moi-même.
Entendons-nous bien : ces mots que j'ai envie de dire, je ne les dis pas, je les pense juste très fort.
Je sais aussi que je m'apitoie tranquillement sur mon sort ici en y trouvant un exutoire pour les moments où ça ne va pas aussi bien que je voudrais.
Mais de là à aller enquiquiner les autres.....
Ici, c'est facile : ceux qui ne veulent pas lire ne lisent pas, alors je me fais du bien en écrivant et ne fais de mal à personne.
Je comprends aussi que quand un truc nous tombe sur le coin de la figure, en parler fait un bien fou.
Ce que je ne comprends pas ou peut-être plus justement ce que je n'admets pas, c'est quand on s'éternise dans ses lamentations, qu'on se complaît dans sa longue plainte et qu'on fait comme si c'était la fin du monde.
Je trouve que ça manque d'intelligence, de bon sens, mais aussi et surtout de fierté.
J'ai eu l'exemple ces derniers jours d'une amie qui a appris une incartade de son mari.
Le mari en question a embrassé une de ses copines un jour où ils se sont croisés lors d'un événement extérieur, ils se sont retrouvés au resto, mais n'ont finalement pas été plus loin.
Alors oui, la copine en question avait une confiance aveugle en son mari, confiance qui est donc nécessairement mise plus qu'à mal, d'autant qu'elle a appris la chose par inadvertance et non de la bouche du fauteur.
Oui, c'est normal qu'elle s'interroge et cherche à savoir si c'est vrai qu'ils n'ont pas été plus loin.
Et normal aussi que les premiers jours, elle se soit sentie dévastée (quoi que déjà là, j'avais le vague sentiment qu'elle en faisait déjà un peu trop...)
Je l'ai consolée, j'ai écouté son chagrin et quand elle a eu séché ses larmes (ou un peu en tout cas, une semaine plus tard...), je lui ai dit qu'elle avait échappé à bien pire, que vraisemblablement, si ça n'avait pas été plus loin, c'est qu'il avait percuté à temps que ça n'en valait pas la peine, qu'au final, ça lui avait peut-être même servi d'électrochoc et avait renforcé ses sentiments pour celle qui partage sa vie quotidienne.
Elle ne comprend pas pourquoi il ne le lui a pas dit.
C'est de bonne guerre qu'elle le lui reproche, mais bon, avec un peu de jugeotte, la question n'a même pas besoin d'être posée...
Au final, ça change quoi qu'elle le sache ?
C'est bien l'honnêteté, mais ça a quand même aussi parfois ses limites.
Dire quelque chose qui n'a pas de conséquences juste pour dire qu'on a été honnête, je trouve ça limite faible, dans le genre "je te le dis pour me déculpabiliser, à toi de gérer maintenant...".
Elle ne dort plus et ne mange plus.
J'essaye de me raisonner, de me dire que vraisemblablement, si mon histoire amoureuse n'était pas la même, et que je n'avais jamais eu à faire face à la moindre tromperie, je réagirais peut-être tout aussi violemment.
N'empêche que là, j'en viens presque à souhaiter qu'elle ne m'appelle plus, parce que j'ai juste envie de lui dire qu'à force de réagir comme ça, elle va effectivement finir par détruire ce qu'elle a.
Elle dit qu'elle reste pour les enfants.
Elle fait dans le dramatique : "Comment je vais faire pour vivre avec ça ?"
Ok, elle aurait tort aussi de simplifier la tâche de son homme qui après tout n'a qu'à s'en prendre à lui-même.
M'enfin quand même...
Faut-il n'avoir jamais eu le moindre problème dans sa vie pour réagir comme ça à "ça" ?!??
lundi 14 mars 2011
Empathie, indulgence, et exutoire.
lundi 7 mars 2011
Calme
Il fallait sûrement que je passe par une petite crise pour trouver que tout va mieux.
J'ai quelques petits soucis par ailleurs qu'il va falloir que je m'efforce de régler d'une façon ou d'une autre, mais ma vie de famille va bien.
La preuve ?
Je ne me réjouis pas du départ au ski de mon homme jeudi.
Je suis contente qu'il y aille et profite d'un chouette moment avec un ami, mais je ne me réjouis pas d'être sans lui.
C'est plutôt bon signe.
Et ça me fait tellement chaud au coeur.
Pourvu que ça dure comme dirait l'autre...
J'ai passé une semaine à la maison avec Tinamour qui avait la varicelle.
Depuis qu'il a commencé à aller à la crèche, en septembre 2009, c'est la première fois que je passe tant de temps avec lui.
Et j'ai beaucoup aimé.
Je n'ai pas envie que ma vie se "limite" à ça, mais je suis heureuse d'avoir aimé ce petit interlude.
J'ai aussi pris conscience qu'à force d'avoir peur d'être fatiguée, je limitais pas mal de choses. Inconsciemment parfois.
J'ai remis les choses au point dans mon cerveau en intégrant que c'est fini les nuits hâchées par mon pitchounet.
Ou qu'en tout cas elles sont bien meilleures à défaut d'être parfaites.
Et que je suis donc à même d'encaisser quelques accrocs à mon sacro saint sommeil.
Ca aide aussi à gérer les choses plus sereinement.
J'ai même réussi à ne pas me fâcher contre mon homme qui a fait sonner son réveil à 6h dimanche matin, le seul jour où j'aurais pu dormir un peu...
Donc oui, cette partie là de ma vie a retrouvé son calme.
Et comme c'est le pilier de ma vie, disons que c'est plus qu'appréciable.
vendredi 25 février 2011
Finalement...
Finalement, ben ça va.
Je me sens presque bête d'écrire ça, mais vraiment, ça va.
Une bonne discussion mercredi soir. Non, un monologue en fait. Ou presque.
En douceur. Mais avec suffisamment de lassitude dans la voix pour qu'il comprenne (au moins sur le coup), que ce n'était pas juste une crise de calcaire passagère.
Il a reconnu son mal être, son sentiment d'être toujours en train de courir après tout un tas de choses. Reconnu aussi qu'en réalité, il ne faisait rien pour arranger les choses.
Mais aussi qu'il se prenait la tête pour des choses sans importance.
Je lui ai dit toujours aussi calmement qu'en l'état actuel des choses, il était incapable de supporter la présence d'un deuxième enfant dans la maison.
Mais que si je renonçais à un autre enfant pour lui, je lui en voudrais tellement que je ne donnais pas cher de notre peau.
A quoi il a répondu que lui non plus ne voulait pas renoncer à un autre enfant, qu'il le voulait plus que tout au monde.
Mouais...
Alors je crois que sur cet aspect là au moins on ne va rien changer aux plans initiaux.
Quitte à louer un appart pas trop loin pour qu'il puisse me laisser respirer tranquillement sans lui dans les pattes s'il n'arrive pas à régler son problème de stress.
Depuis, à chaque réaction exagérée de sa part, je vois bien que sans que je ne dise ni fasse quoi que ce soit, il s'en rend compte, et me jette un coup d'oeil éloquent.
C'est un début.
Qui n'est peut-être rien d'autre qu'un début, mais je prends.
Quant à moi, lui avoir dit tout ça m'a fait beaucoup de bien.
Un peu comme si j'avais remis les compteurs.....pas à zéro, non, mais disons, à 20 ou 30 sur une échelle de 100.
Alors j'ai passé un chouette jeudi après midi avec mon fils et lui.
Parce que j'étais zen dans ma tête.
Et presque sereine.
Ca fait du bien.
mercredi 23 février 2011
Pas si simple
Pas du tout.
En à peine une heure hier, j'ai déjà bien cru que ma belle sérénité allait voler en éclat.
Parce qu'en à peine une heure, il avait déjà :
- pesté parce qu'à l'aéroport, Tinamour voulait jouer dans le petit hélicoptère alors qu'il avait déjà payé le parking et qu'on n'avait que 5 mn pour valider le ticket en sortie,
- jeté un oeil aux rayures (presqu'invisibles) de la voiture, juste pour constater que ça le stressait toujours autant,
- parlé de mon chat (qu'il déteste et qu'il voudrait bien voir disparaître de la surfance de la terre)
- trouvé plein de choses à dire sur ma façon de conduire (j'avoue que je fais souvent plusieurs choses en même temps, genre, quand mon fils hurle que son doudou est tombé et que son père ne trouve pas utile d'entendre ça, je le lui tends pour épargner une crise de nerfs de son père...)
- exhibé fièrement devant son fils (qui ADORE les chips) un paquet de chips norvégiennes en lui expliquant deux secondes après que non, il ne pouvait pas en manger (ou comment provoquer une crise de nerfs chez un enfant de 2 ans en une seule leçon...)
- trouvé que son fils faisait trop de bruit
- montré plusieurs fois son estomac pour dire que son fils le stresse et lui donne des aigreurs d'estomac,
- dit plusieurs fois qu'il fallait qu'il reprenne ses anti acides maintenant qu'il était rentré à la maison,
- et le reste je ne sais plus.
En fait, je crois que j'avais juste oublié en quelques jours à quel point il est négatif et stressant.
J'ai gardé malgré tout mon calme, en me rappelant toutes mes bonnes résolutions.
En fait, c'était une surprise qu'on lui faisait d'aller le chercher à l'aéroport.
C'était la copine du copain de voyage de mon homme qui devait aller les chercher.
Sauf qu'elle n'était pas là.
Ils sont arrivés à 16h50.
Elle a fini par se libérer de son boulot un peu avant 19h.
Heureusement que j'étais là.
Mais il n'y a que moi pour m'être fait cette réflexion.
Mais comme c'était mon choix et ma décision d'être là, je me suis abstenue de tout commentaire et me suis même reproché d'y avoir pensé.
Bref, tout ce petit monde a mangé à la maison quand la copine retardataire nous a rejoint.
Quand ils sont partis, on a encore papoté un peu, et puis il a regardé ses mails, alors je suis allée me coucher, et me suis endormie avant qu'il ne me rejoigne au lit.
Et ce matin......
Ce matin, j'ai compris une chose supplémentaire.
De taille.
Ce n'est pas moi le souci.
J'ai cru longtemps (jusqu'à ce matin en fait) que ma fatigue et mon manque de temps me stressaient et me rendaient vulnérable, susceptible et parfois même agressive (dans certaines limites, puisque j'ai toujours une telle peur de l'image de ma mère que je me limite toute seule très très - trop - vite...).
Je me trompais complètement.
Enfin peut-être que ça a joué dans certaines circonstances, peut-être que ça a altéré ma capacité à tout endurer sans broncher.
Mais clairement, le problème n'est pas là.
Pas du tout.
C'est mon homme qui a un souci.
Juste pas un petit.
Ce matin, il a dû sortir de la salle de bain quand j'ai changé mon fils tellement il stressait.
Il ne supporte rien. Un enfant, ça a envie de jouer. C'est légitime.
Légitime aussi qu'il n'ait pas envie d'arrêter spontanément de jouer juste parce que son papa lui dit que c'est l'heure de s'habiller pour aller à la crèche.
Je ne dis pas qu'il faut le laisser jouer.
Juste qu'il ne faut pas devenir fou s'il râle ce petit.
Mais voilà, mon homme est devenu fou.
Alors il est sorti pour ne pas exploser.
Et puis les incapables qui font les travaux dans notre salle de bain sont arrivés.
Ce qui lui a rappelé à quel point ça le stressait aussi cette histoire.
Alors le petit déjeuner d'anniversaire de mon fils a été gâché par son père qui ne pouvait s'empêcher de ressasser son énervement contre ces bons à rien.
Là aussi je suis restée calme. J'ai allumé les bougies de mon fils, joué avec lui à les souffler, les enlever, les remettre, les rallumer, etc.
Mais je commençais à me sentir envahie d'une immense vague de peine.
Et puis à la fin de notre petit déjeuner, c'est moi qui suis allée voir les ouvriers pour faire le point sur tout ce qui n'allait toujours pas.
Avec mon fils dans les bras.
Qu'est-ce que je disais hier ? Ah oui, que ça ne me dérangeait de m'occuper de tout toute seule.
Je confirme.
Mais alors si je m'occupe de tout toute seule, pourquoi est-ce que c'est mon homme qui peste une fois que j'ai fini de tout régler ?
J'ai fait un magnifique gateau rigolo à mon fils hier.
Le mercredi, on covoiture. Normalement, c'est LE jour où mon homme se charge de déposer son fils à la crèche après m'avoir larguée devant mon bureau.
Mais je me suis abstenue de le lui demander, vu qu'on était déjà en retard, qu'il y avait le gateau à déposer en plus, que sa patience était déjà largement entamée, etc.
Donc c'est moi qui conduisais.
Il fallait alors que lui s'occupe de tenir le gateau.
Mais il voulait le mettre dans le coffre.
Comme ça, sur le plateau.
J'ai dit que je ne voulais pas, que je voulais qu'il le prenne sur ses genoux, il n'était pas content.
Il a posé le gateau sur le toit de la voiture le temps de faire autre chose, et m'a dit, sarcastique "tu le tiens, il pourrait glisser".
Je n'ai pas compris tout de suite, j'ai donc répondu innocemment que non, il m'avait l'air d'être posé bien droit, et il m'a lancé, plein d'ironie "oh ben tu sais, il a déjà failli glisser du coffre, alors on ne sait jamais".
Je n'ai rien dit, je ne savais même pas quoi répondre.
Une fois installés, je lui ai demandé si ça allait (gentiment, encore...), il m'a répondu (sans ironie cette fois) que c'était à moi qu'il fallait le demander.
J'ai répondu, gentiment, toujours, que je me rendais compte que moi j'allais bien, que c'était lui qui n'allait pas très bien.
Il a répondu qu'il était d'accord.
Et puis on est passé à autre chose, comme si de rien n'était.
Et quand je l'ai déposé, il a "oublié" de me dire au revoir et de dire au revoir à son fils.
J'ai fait la maman modèle jusqu'à la crèche.
Mais j'avais les larmes coincées dans la gorge.
Soyons positifs, je ne ressens plus de colère.
Et j'ai ciblé le problème.
Reste à savoir quoi faire.
Je vais discuter avec lui. Je suis sûre qu'il a réellement compris qu'il avait un souci de stress.
Il n'était pas comme ça avant.
S'il ne supporte pas que notre enfant soit un enfant, on est mal barrés.
Je n'ai même pas osé lui dire que j'avais mes règles.
Parce qu'il va être déçu, mais que je vais avoir envie de lui dire que je réfléchis de plus en plus à laisser tomber mon traitement.
Parce que je ne sais pas si on survivrait à un deuxième petit miracle.
Parce qu'il n'y a peut-être que moi qui sache à quel point ce petit garçon est un miracle de notre vie.
Mais suis-je capable de renoncer ?
Ok, je ne suis pas sortie de l'auberge. Vraiment pas.
mardi 22 février 2011
Le temps de penser.
Ca me fait vraiment du bien la solitude, j'ai retrouvé le temps de penser.
De faire des choses qui me font du bien aussi.
Bref, mon coeur et ma tête se portent beaucoup mieux.
Et je suis vraiment heureuse d'avoir pu réfléchir tranquillement à tout ce qui me tracassait tellement et me maintenait dans une colère sourde mais omniprésente.
Ces quelques jours seule avec mon fils m'ont fait prendre conscience de plein de choses.
Pour commencer, j'ai pris conscience que m'occuper de tout toute seule ne me pose pas le moindre souci. Que je le fais même avec plaisir.
Bien sûr, j'ai pris un peu plus de temps, ce qui joue aussi là dedans.
N'empêche que j'en suis arrivée à la conclusion que quand mon homme est là, ce n'est pas le fait de devoir tout faire qui me met en colère, mais le fait de me dire qu'il devrait en faire plus.
Ce qui ne revient pas au même du tout.
On parle beaucoup des conséquences de siècles d'éducation machiste sur la psychologie féminine.
On ne parle jamais des conséquences de la pensée féministe sur l'entente d'un couple.
Parce qu'au final, je me rends compte que si je ressens cette colère, c'est à force d'entendre les autres me dire que je ne devrais pas me laisser faire.
Et bien non, je ne me laisse pas faire. Je fais comme ça me plaît.
Il y a bien sûr des soucis, le principal étant mon manque de temps.
Alors j'ai réfléchi à de nouveaux petits aménagements dans mon organisation personnelle.
Parce que si un jour par semaine, je rentre chez moi à la pause de midi, je crois bien que ça changera beaucoup de choses.
Et ça me donnera une respiration sans homme et sans enfant, tranquille, chez moi.
Je crois que j'ai choisi mon homme en sachant qui il est.
J'ai choisi de faire un enfant avec lui en sachant tout ça.
C'est en cours de route, à force de me répéter certaines choses pas forcément justes, que j'ai perdu de vue tout ça.
Que j'ai commencé à lui en vouloir et à être en colère.
Je ne dis pas qu'il est parfait, je sais qu'il ne fait rien, ou presque, je sais qu'il est distrait, qu'il est dans son petit monde. Qu'il stresse pour des broutilles et ne réagit pas pour des trucs importants.
Qu'il fait peser sur mes épaules le poids de ses soucis. Sans jamais me décharger des miens.
Mais la vraie raison de ma colère, ce n'est pas lui.
Je suis frustrée par le manque de temps.
Et si je suis vraiment honnête, ce n'est pas mon homme qui pourra changer grand chose à ça, mais moi seule.
Je voudrais pouvoir me débarrasser de ce truc qui reste là, juste coincé entre mon coeur et mon estomac et qui voudrait sortir d'un bond à la moindre contrariété.
J'imagine qu'avoir pu réfléchir à tout ça est un premier pas important.
Ca ne résout pas tout.
Mais j'espère ne pas me tromper en me disant que ça va adoucir un peu mon quotidien.
dimanche 20 février 2011
Dimanche
Oui, on est dimanche, et je ne sais pas encore trop ce que je vais écrire ici, alors voilà. Dimanche.
J'ai passé un chouette samedi. Même si j'ai été piégée par ma belle soeur et que j'ai donc été dîner chez elle.
Mon Tinamour était si heureux de les voir, elle et ses enfants, que je ne regrette pas le moins du monde.
Aujourd'hui, peut-être que mes parents viennent.
Peut-être seulement parce que ma mère est tombée dans les escaliers et a une méchante entorse.
Je lui ai suggéré de rester tranquillement à se reposer chez elle, d'autant que jeudi, ils partent à l'autre bout de la France voir ma toute nouvelle nièce, mais elle n'est pas encore décidée.
Ca m'agace un peu de ne pas savoir, m'enfin pas plus que ça.
Tinamour est heureux. Il est un peu malade, mais heureux.
Il n'y a rien de plus extraordinaire que de voir le bonheur dans ses yeux.
Rien.
Mon homme.
Ca nous fait effectivement du bien qu'il soit un peu absent.
Mercredi soir, et jeudi, j'étais dans une telle rage que je me suis abstenue de venir vider mon sac ici, ce qui m'aurait probablement fait un peu de bien quand même, mais parfois, ça fait quand même peur de lire sa propre colère.
Parce que mercredi, il n'y avait que moi qui avait pensé à notre "dernière" soirée avant son départ.
Il est à peine rentré pour voir son fils avant qu'il ne soit couché.
J'en aurais pleuré de tristesse pour mon Tinamour.
Qui s'en fiche sûrement, mais quand même. Ca m'a fait tellement de peine de voir qu'il n'avait pas intégré dans son fichu emploi du temps de passer un peu de temps avec son fils avant de partir.
Mais c'est sûrement parce que je réagis en fonction de moi, et que moi je crèverais de partir comme ça.
Il s'en fichait aussi de "notre" soirée, puisqu'au final, il n'a fait que préparer ses affaires, régler les trucs de boulot qu'il n'avait bien sûr pas réussi à faire avant, etc.
On s'est donc couchés très tard (parce qu'évidemment, pas moyen de dormir quand il s'agite comme ça...) et levés très tôt jeudi matin.
Il s'est rendu compte qu'il avait oublié la monnaie de là-bas. Pas grave, il pouvait tirer des sous et changer en arrivant.
Ah ben oui, mais il avait aussi oublié de demander au banquier d'enlever la limite de retrait.
Alors je lui ai donné ma CB pour doubler ses chances.
Ils sont partis très en retard.
Se sont étonnés de n'avoir pas le temps de prendre un bon petit déjeuner tranquillement à l'aéroport.
Il n'a pas été jeter un oeil à son fils. Pas dit un mot à son sujet avant de partir.
Je lui avais demandé de m'envoyer un sms pour me dire que tout était bon, qu'ils n'avaient pas raté l'avion.
Oublié bien sûr.
Alors j'étais enragée.
Contre moi aussi, parce que quand j'ai refermé la porte de la maison après son départ, j'ai pleuré de tristesse qu'il soit parti.
Alors aux larmes de tristesse se sont mêlées des larmes de colère.
Et puis mon petit bonhome s'est manifesté, alors j'ai essuyé tout ça et je suis allée le chercher.
Au fur et à mesure du temps qui passe, le calme me retrouve, même si je sais que tout reste juste là, sous la peau.
Mais cette petite parenthèse me fait du bien.
Parce que quand mon fils me demande de regarder les vidéos de son Papa, alors j'oublie tout ce qui me rend folle et je regarde cet homme que j'aime.
J'ai juste un peu peur que ma colère soit juste enfouie. Et qu'il ne faille pas grand chose pour aller la repêcher.
On verra.
En attendant, je vais profiter de mon dimanche avec mon fils.
vendredi 18 février 2011
PDBDM
Abréviation communément utilisée ici dans ma maison pour..... Pour des gros mots.
J'ai les nerfs à fleur de peau, on l'aura compris.
Mais quand je donne rdv à quelqu'un chez moi, à 16h, en précisant qu'à 17h45, je repars chercher mon fils, je m'attends à ce que la personne en question soit là à 16h ou qu'au moins elle me dise si elle ne peut pas.
Mais voilà, à 16h35, elle finit par m'appeler pour me dire qu'elle part de son boulot. Et sera donc là d'ici une demi-heure, si la route n'est pas trop encombrée.
Je ne suis pas zen. Je fais comme si, mais je bous.
Je lui ai quand même rappelé que du coup, on aurait à peine le temps de boire un café.
"Ah, pourquoi ?"
Ben parce que je vais chercher mon fils à 18h !
"Ah, mais je croyais qu'il était à la maison avec toi cet après-midi !".
Oh, je sais que je m'énerve pour pas grand chose, mais bon sang, j'aurais fait autre chose de mon après-midi moi si j'avais su.
Punaise, mon temps libre est plus que précieux, alors oui, là, je suis fâchée.
Agacée, je lui ai dit.
Mais punaise !!!!!!!! (voir là une série de têtes de mort et autres choses du même genre)
C'est décidé, si j'ai la chance de ne pas avoir à faire la garde malade lundi après-midi et mardi, je ne fais rien d'autre qu'être avec moi dans la journée.
J'en ai marre des autres.