Ne pas rire.
L'an passé, pour Noël, quelqu'un nous a offert "le nouveau bouquin du p'tit coin".
Bon, je ne suis pas encore une lectrice assidue, la preuve, un an plus tard, je n'en suis encore qu'au 1er quart, mais voilà, parfois, le plaisir de lire une anecdote pour rentabiliser ce temps , et voilà comment j'ai appris hier matin l'origine de thanksgiving, les indiens, tout ça.
Bref.
Une longue, très longue, trop longue journée plus tard, me voilà de retour à la maison.
Et juste avant de me coucher, en descendant tout doucement dans les escaliers pour ne pas réveiller mon bonhomme et pour aller m'occuper de la lessive, je ne sais pas si ce sont les effets de mes lectures matinales, mais une bouffée de reconnaissance, à s'asseoir sur une marche et pleurer de bonheur.
Un immense merci hurlé par mes trippes.
Bon sang, merci tellement...
Quand même.
vraiment.
jeudi 10 novembre 2011
Quel rapport ?
mardi 25 octobre 2011
Confiance, doutes, encore...
J'essaye de ne pas être mauvaise langue, m'enfin je trouve ça quand même un hasard terriblement malencontreux qu'un de mes agents ait quasi systématiquement un souci de santé qui l'oblige à rester à la maison avec ses enfants pile poil pendant les congés scolaires.
Et j'essaye aussi de ne pas maudire le médecin qui joue ce jeu-là...
mardi 11 octobre 2011
Confiance, doutes, mesquinerie et autres choses.
Une secrétaire me demande si je suis intéressée par des calendriers.
Vous savez les calendriers en carton, format A4 ou un peu plus petits.
Ceux qu'on refuse généralement aux alentours du 1er janvier dans les banques, assurances, et autres magasins divers et variés.
Je réponds que non en passant dans leur bureau, et percute une fois assise à mon bureau qu'elle me posait cette question en feuilletant un catalogue.
"Euh, rassure moi, tu ne comptes pas commander et payer des calendriers ?"
"Ben si, pourquoi ?"
"Ben parce qu'on en a toujours trop dont on ne sait que faire et qui garnissent nos poubelles, et que si c'est juste un calendrier sur papier qu'il te faut, tu peux toujours l'imprimer sur internet"
" Oui, mais ça ne sera pas au bon format, ni sur papier cartonné, et ceux qu'on reçoit gratuitement, ben c'est pareil, c'est toujours trop grand ou trop petit".
Si si.
Et quand je lui ai proposé d'en imprimer un pile poil au format qui lui convient et de le coller sur son calendrier cartonné si parfait de l'an passé, j'ai bien vu qu'elle a trouvé que j'étais mesquine.
Mais bref.
Mon homme a du mal avec notre femme de ménage, MJ.
Il faut dire que niveau repassage (qui représente quand même la moitié de sa charge de travail chez nous), elle a de sérieux problèmes (elle n'a jamais dû remarquer qu'il y a des cols sur les chemises, les polos, en tout cas, elle ne les repasse pas, et puis surtout, visiblement, les plis ne la dérange pas.).
Il faut dire aussi que le reste commence a manquer cruellement de sérieux. Le soir du jour où elle vient pour faire le ménage, il m'arrive de me demander si elle a fait autre chose que sortir l'aspirateur de l'endroit où je le range pour le mettre en plein milieu des escaliers, histoire de faire croire qu'elle a trimé sévère.
Jusque là, je prenais toujours sa défense, parce que je me disais que le peu qu'elle fait, c'est toujous ça de moins à faire, que pour certains habits, son approximation n'était pas dramatique, et que de toutes façons, je n'avais pas envie d'avoir à en chercher une autre (ça fait des années, bien avant que j'habite avec mon homme, qu'elle vient chez moi.)
Elle est en plus vraiment très gentille, n'a pas été épargnée par la vie, alors je me disais que je faisais aussi une bonne action.
Oui.
Mais...
Il y a un mois, mon chéri est rentré le soir avec des éclairs. Après nous être régalés, il restait 3/4 d'un éclair au chocolat que j'ai mis au frigo pour le lendemain.
Quand nous avons voulu le manger, il n'était plus là.
Son papier d'emballage était dans la poubelle.
Mon homme m'a demandé si je l'avais mangé, j'ai dit que non, et en rigolant, j'ai dit que ça devait être lui le matin, et que comme il fonctionne au radar le matin, il ne s'en souvenait peut-être pas.
Mouais, il n'a pas aimé.
J'ai essayé Tinamour, le chat, le saint esprit, et il s'est fâché.
C'était évidemment disproportionné, mais toujours est-il que pour lui, c'était évidemment MJ.
Pour moi, c'était juste impensable qu'elle ait été chercher dans le frigo un éclair entamé pour le manger.
Bien sûr, je lui prépare toujours ce qu'il faut pour qu'elle se fasse un café ou un thé, et je ne lui ai jamais dit qu'elle n'avait pas à aller se servir dans le frigo.
Mais pour moi, c'était juste impensable.
Bref.
L'incident était presque oublié.
Samedi, en faisant les courses, j'ai acheté à mon petit garçon un petit jouet qui était accompagné d'un paquet en plastique translucide de smarties.
Il a gardé le jouet, j'ai pris la boîte de bonbons que j'ai mise sur le plan de travail à la cuisine.
Lundi soir, après le passage de MJ, le paquet était vide.
Quand je suis partie le matin, mon homme n'était plus là, je n'ai pas touché à ce paquet, je pense que ni le chat ni le saint esprit ne l'ont fait non plus, il faut donc se rendre à l'évidence.
MJ n'a pas eu de scrupules a manger le paquet de bonbons en entier, alors qu'elle devait bien se douter que c'était à Tinamour.
Là, tout à coup, je m'en suis voulu de m'être moquée de ce que pensait mon homme...
Là, tout à coup, j'ai commencé à avoir un vrai doute sur pas mal de choses.
Comme ces paquets de magnums cet été, qui tout à coup étaient ouverts alors que nous disions l'un et l'autre n'avoir jamais goûté ce nouveau parfum.
Ces lapins en chocolat au moment de Pâques, dont je ne me souvenais plus ce que j'avais fait.
Etc.
Mais tout ça, ce sont des choses sans importance.
Sauf que du coup, je me demande forcément s'il y a d'autres choses comme ça.
Je n'aime pas ce doute en moi.
Ce matin, j'ai cherché une montre, pas pu la retrouver.
Dans le fond, je suis sûre que je vais la retrouver, n'empêche que j'ai tout de suite entendu une petite voix en moi me dire que c'était peut-être aussi MJ...
Bref, je suis déçue.
Alors je me dis que quand je vais être en congé maternité d'ici quelques temps, j'aurai un bon prétexte pour mettre fin à notre collaboration.
Je n'aurai sûrement pas le cran de lui dire que ça risque fort d'être définitif. Ni les raisons qui m'ont fait faire ce choix.
Mais voilà, je suis juste déçue.
Du coup, hier soir, j'avais aussi beaucoup moins d'indulgence pour les cols froissés.
C'est dommage tout ça.
A part ces petites choses, ça roule.
Je ne suis pas en pleine forme, mais rien d'insupportable non plus.
Tinamour lui est dans une forme incroyable. Et il est tout bonnement incroyable.
Ma fierté, mon bonheur.
Et il grandit tellement vite...
vendredi 30 septembre 2011
Unique
Je plante le décor.
Ce matin, paysage de rêve, comme à peu près tous les matins sur le chemin du travail.
Le soleil qui se lève à peine, la brume coincée dans le fond des vallées avec juste les clochers d'Eglise qui dépassent, les collines et montagnes baignées de la lumière du soleil matinal d'automne, les feuilles de vigne qui rougissent, bref, mon petit bonheur presqu'habituel.
Presque seulement.
Ce matin, il y a également des gendarmes et policiers aux carrefours, des hélicoptères dans le ciel, et les champs autour des vignes sont remplis de voiture, et le monde s'amasse dans les endroits autorisés.
En ouvrant les fenêtres, un murmure, des vrombissements de moteurs de voiture de rallye et d'hélicoptères.
En refermant, on retombe dans le silence et la contemplation du spectacle, comme un spectateur venu d'un autre monde.
Le championnat du monde des rallyes fait étape chez nous.
Il y a des voitures immatriculées d'un peu partout, des pays scandinaves, mais aussi de Belgique, d'Allemagne, du Luxembourg, des Pays Bas, et de tous les coins de la France.
Mais la route reste calme et silencieuse comme chaque autre matin.
Beau travail des organisateurs qui ont cantonné l'effervescence pour ne pas déranger "la vie".
Comment peut-on imaginer qu'un tel calme règne à quelques mètres de ce vacarme et de cette agitation que l'on verra sur nos écrans de télé ?
A 1 mn de ce spectacle, changement intégral de décor.
La Ville se prépare pour sa fête des Vendanges, qui commence ce soir, après le départ des caravanes du rallye.
Partout, les banderolles, l'odeur du moût de raisin, les petites maisonnettes en bois encore fermées et qui serviront de stands divers et variés, les routes barrées, les parkings fermés, les accès limités, et là aussi, un silence presque étrange.
Comme si tout le monde s'était donné rendez-vous au bord des routes des vignes, pour voir passer les champions de rallye.
Comme si tout le monde se reposait encore avant le grand rush de tout ce week-end.
Ce matin, j'ai l'impression de vivre dans un monde parallèle.
De faire partie du tout petit nombre des gens d'ici pour qui cette journée est une journée comme les autres.
Mais je sens cette effervescence environnante, et c'est presque ennivrant.
L'an passé, l'étape du championnat du monde avait lieu le samedi, la fête des vendanges avait donc été repoussée.
Cette année, tout se superpose, se suit, s'additionne.
C'est unique.
Je vis en dehors de tout ça, mais même pour moi, ça reste unique.
mercredi 28 septembre 2011
Qui sème le vent...
Hier matin, un coup de fil, d'un de mes vice-présidents qui m'apprenait que mon président avait été hospitalisé d'urgence, la veille au soir, suite à un malaise.
J'ai souri.
Parce que je me suis dit "cool, il ne viendra pas me faire chier aujourd'hui".
Et puis j'ai pris conscience de la méchanceté et de l'égoïsme de ma réaction, alors j'ai essayé d'être peinée et inquiète.
Je n'y arrive pas.
Il saccage toutes mes nuits, vient déranger mes journées, vient traîner son aigreur et sa mauvaise humeur dans nos couloirs pour se décharger de ce qu'il n'ose pas faire ailleurs.
Vendredi, j'ai encore eu un bel échange orageux avec lui, parce qu'il essayait de faire porter le chapeau à mes services pour une erreur faite ailleurs, là où justement il n'osera pas aller faire sa crise de calcaire.
Samedi, il a encore pris la quasi totalité de ma journée au lieu de me laisser à la maison avec ma famille.
Ce soir, je vais encore travailler jusqu'à bien 22h, parce que c'est ce qui arrange le mieux le brave homme au regard de ses multiples autres engagements.
Je ne le supporte plus, il est devenu égoïste, hypocrite, aigri, frustré.
Mauvais.
Alors ce matin, quand le même vice-président m'a appelée pour me dire que mon Président serait là aujourd'hui pour cette longue après-midi de réunions, j'ai été déçue.
Et je n'arrive même pas à me trouver méchante. Ni à me dire que ce n'est pas bien.
lundi 19 septembre 2011
Malade ou pas malade ?
Je me suis souvent interrogée sur le coût des cures thermales pour notre système de santé.
Sur leur coût, mais aussi sur leur intérêt.
Il est des cas où elles sont indéniablement nécessaires. Mais quel pourcentage ?
Et si ce n'était que le système de santé qui payait, mais c'est aussi l'employeur, puisque dans la majorité des cas, les curistes sont placés en arrêt maladie pendant leur cure.
Cette année à nouveau, deux agents vont se faire dorer la pilule au bord de la méditérrannée, continuant d'être payés, sans toucher à leurs congés annuels, et la cure est prise en charge à 100% par la Sécu.
Le 1er s'est vanté ouvertement à pas mal de monde qu'il partait pour 3 semaines de vacances et de dorlotage aux frais de la collectivité.
La 2ème, quand je l'ai informée qu'il fallait "juste" qu'elle se rende chez le médecin pour décider si la cure était prise sur ses congés ou non, m'a dit tout de suite que de toutes façons, si c'était sur ses congés persos, alors elle n'irait pas.
Pas vindicative pour deux sous, la dame, juste très gentille, très naïve, et n'hésitant pas à ajouter à celle qui l'emploie que "c'est chouette les cures annuelles, mais qu'elle veut aussi garder des congés pour aller voir sa petite fille en été"........
Vous conviendrez donc qu'elle avait assurément un besoin impérieux de ces soins.
Malgré tout, le médecin a certifié que la cure thermale était indispensable à cet agent pour pouvoir continuer à occuper par la suite son poste de travail (qu'elle quittera de toutes façons 2 mois plus tard pour partir à la retraite).
J'avoue que tout ça me laisse un goût très amer.
Je me demande comment faire pour que les médecins cessent d'octroyer sans cesse des congés de complaisance sans se soucier du coût qui pèse sur la société.
Ca fait tourner les stations thermales tout ça, ok.
Mais est-ce vraiment à nous tous de payer pour leur bon fonctionnement ?
mardi 30 août 2011
Vrac de rentrée
Il y a eu tous ces jours où j'avais envie de venir m'épancher.
Où le temps a manqué, ou alors où je me suis dit que les réactions à chaud n'étaient pas les meilleures.
Oui mais voilà, à froid, elles manquent de saveur et perdent tout leur intérêt.
J'étais donc en vacances une bonne partie de ce mois.
C'était salvateur, à tous points de vue ou presque.
La rentrée, le retour au bureau, en revanche, ça l'est tout de suite moins.
J'allais dire que c'était le temps des remises en question, mais je crois que ce temps là est quasi permanent depuis quelques années, que je manque juste de temps, de courage, de cran, (de soutien ?), pour me lancer vraiment...
Mon ventre s'arrondit. Il s'arrondit d'autant plus maintenant que je ne suis plus si malade.
Je ne réalise encore pas toujours qu'on a réussi.
J'avoue aussi avoir beaucoup pesté d'avoir été tellement malade.
En sachant pourtant que j'avais une chance que certaines n'auraient jamais.
J'en suis arrivée à trouver injuste qu'il n'y ait pas une règle simple : plus c'est difficile pour une femme d'avoir un enfant, moins elle devrait être malade pendant sa grossesse.
Egoïste, peut-être, mais je me le suis répété souvent.
J'ai détesté une copine qui se plaignait bruyamment de devoir faire attention à sa prise de poids pendant sa grossesse alors qu'elle n'avait eu qu'à arrêter la pilule pour être porteuse de vie.
Bref, j'ai eu de méchantes pensées que je ne suis pas encore assez fortes pour regretter vraiment.
Ca me passera, j'imagine.
Toujours est-il que les vacances, comme il y a trois ans, ont aidé à faire disparaître une partie de mes soucis.
J'ai toujours de fortes réactions aux odeurs, particulièrement aux bonnes odeurs, mais le quotidien est redevenu supportable.
Et je suis heureuse.
Un peu anxieuse de savoir comment je m'en sortirai avec deux enfants, un peu anxieuse de savoir quelle sera la réaction de mon petit homme d'amour quand son frère ou sa soeur sera là, anxieuse bien sûr de savoir si le nouveau petit bébé sera en bonne santé.
Mais heureuse.
Le seul truc qui coince encore, c'est donc mon incapacité à remettre les choses en question au bureau.
Je n'ai pas envie de passer ma vie à courir.
Je n'aime pas l'idée de me dire que la semaine se passe à se dépêcher le matin de préparer mon petit monde, à se dépêcher pour être à l'heure à la crèche et au bureau, à travailler, à partir à l'heure pour se dépêcher d'aller chercher Tinamour à la crèche, rentrer, et avoir une soirée chronométrée parce qu'il ne faut pas se coucher trop tard (grands et petit) pour ne pas accumuluer trop de fatigue.
Je sais bien que c'est le lot de la plupart des mamans, et que je pourrais aussi m'y faire.
Mais je n'ai pas envie.
J'ai peur que ça ruine mon moral, mon couple, ma famille et mon bonheur.
Pourquoi je ne change rien ? Parce que j'ai tellement peur de regretter, ensuite.
Parce que j'ai peur de perdre ma sacro sainte indépendance financière, peur de ce que je pourrai faire quand j'aurai à nouveau plus de temps libre parce que les enfants ont grandi, peur de savoir ce qu'il adviendrait de moi si par malheur mon couple s'effondrait, bref, je prends mon travail comme une garantie que je me suffirai toujours à moi-même.
Oui, mais pourtant, je sais que ce n'est pas la solution.
Ma réflexion de la denrière nuit, c'est que je vais essayer au moins d'avoir le courage de diminuer mon temps de travail.
Pas maintenant, mais quand je reprendrai le travail suite à mon congé maternité.
Je sais très bien que c'est un peu comme un enterrement première classe de mon avenir dans cette collectivité, parce que quoi qu'on dise, je ne pourrai pas rester un "patron" aussi efficace en étant absente 1 jour et demi sur 5.
Que d'autres prendront nécessairement le relai, que je manquerai d'informations, peu importe la qualité du système de communication que l'on mettra en place pour pallier à mon absence.
Je perdrai le fil, nécessairement, indubitablement.
Ca risque d'être difficile, parce que ça tombe très mal, en pleine réforme des collectivités qui implique de nombreux bouleversements pour nous.
Au moment de me retrouver à la tête d'une structure presque doublée, je vais prendre du recul, et laisser les rênes plus lâches à d'autres.
Mauvais calcul, mais je n'ai pas choisi.
Tout ça me permettra malgré tout de continuer à autofinancer ma vie, tout en ayant davantage de temps.
Et égoïstement, c'est aussi pour moi que je veux du temps.
Parce que je crois que c'est LA condition pour que tout le reste tourne dans notre vie de famille.
Et que c'est bien là le plus important.
Ca me laissera aussi du temps pour voir si je peux continuer de cette façon, si c'est tenable au bureau, et sinon, j'aviserai... Peut-être qu'être moins fatiguée me donnera plus de courage ?
J'ai besoin que mon fils soit heureux. Et si tout va bien, en janvier, je pourrai écrire que j'ai besoin que mes enfants soient heureux.
Je ne peux pas leur garantir un droit au bonheur, mais je veux me dire que j'ai fait ce que je pouvais, à mon niveau.
Il m'offre tellement ce petit bout d'homme....
Je me demande s'il existe une façon d'expliquer l'amour qu'on peut ressentir pour son enfant.